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Lévi-Strauss : l'homme qui a révolutionné la pensée

                                  (24/04/2008 N°1858 Le Point  Pierre-Henri Tavoillot)

Les six mois prochains, la mode sera aux totems et aux tabous, à la mythologie bororo et au structuralisme, aux débats infinis sur le cru et le cuit. On parlera tropiques, mais ce ne sera pas triste. Le 28 novembre, en effet, le grand ethnologue Claude Lévi-Strauss aura 100 ans. Et le 2 mai ce sont sept grands textes, choisis par lui, de son oeuvre révolutionnaire, polymorphe, stimulante et chateaubrianesque qui revêtiront l'habit pleine peau de la « Pléiade ». L'occasion ou jamais de visiter la planète Lévi-Strauss.

Jusqu'au mois d'octobre 2007, Claude Lévi-Strauss continuait à se rendre deux fois par semaine à son bureau du laboratoire d'anthropologie sociale au Collège de France. L'accès n'est pas facile ; il faut prendre un petit escalier en colimaçon. La pièce domine la bibliothèque de recherche et une large fenêtre s'ouvre sur les jeunes chercheurs qui y travaillent. Le maître les contemple et ils contemplent le maître. C'est ce « regard éloigné » et surplombant qui semble le mieux définir le grand ethnologue. L'âge n'est pas en cause, même s'il reconnaît appartenir à un autre temps : « Mon oeuvre termine une époque ; elle est encore ancrée dans le XIXe siècle. » C'est surtout l'absence de toute complaisance envers son époque comme envers lui-même qui frappe chez lui : « J'ai le sentiment de n'avoir pas fait ce que j'aurais dû », avoue-t-il. Son rêve pour une vie réussie : « L'art, et surtout la musique », parce qu' « elle se suffit à elle-même » et n'a pas besoin de discours d'accompagnement. On dit que sa tétralogie sur les mythes sauvages (les quatre volumes des « Mythologiques ») est composée comme un opéra ; mais « ce n'est qu'un ersatz », regrette-t-il.

Est-ce cette distance critique qui lui a permis de traverser aussi bien les époques et les modes ? Celui qui reste aujourd'hui comme le dernier monstre sacré de la grande époque structuraliste voit les hommages et les études biographiques se multiplier. La pensée de Lévi-Strauss est-elle passée dans le domaine public, s'est-elle diluée dans l'air du temps ou conserve-t-elle intacte sa puissance de séduction ?

La cause des « primitifs »

Le premier apport incontestable de Lévi-Strauss aura été de contribuer à tordre le cou à la vision ethnocentrique des civilisations telle qu'elle était encore véhiculée par la philosophie marxiste de l'histoire : les « primitifs » seraient une étape « culturellement sous-développée » de l'humanité. Aujourd'hui que la valorisation des identités et des différences culturelles est devenue un dogme, on a du mal à mesurer l'importance de cette critique. Et pourtant, sans que nous y prenions garde, le fond de cette conception n'a pas disparu, ne serait-ce que dans l'idée, spontanée, que les sociétés sauvages seraient « plus proches de la nature » que les sociétés civilisées. Que l'on perçoive l'absence de civilisation comme un défaut (idéologie du progrès) ou comme une vertu (critique de la modernité), la même idée sous-jacente est présente : les primitifs relèvent plus de la nature que de la culture. C'est contre cela que Lévi-Strauss concentre sa critique : ces sociétés ne représentent pas un stade infantile et inférieur de l'humanité-Lévy-Bruhl parlait en 1910 d'une « mentalité prélogique » -, mais des organisations complexes qui n'ont rien à envier aux nôtres en termes d'élaboration intellectuelle et culturelle. Ce sont les formes de cette culture sauvage que Lévi-Strauss va mettre au jour dans deux directions principales : l'analyse anthropologique des structures de parenté et l'analyse idéologique du récit mythologique, c'est-à-dire les faits sociaux fondamentaux et les discours collectifs qui les accompagnent.

Sociologie et idéologie des sociétés sauvages

La première entrée dans la culture sauvage s'opère par l'étude des systèmes de parenté comme base première de la reproduction sociale. Au départ de toute société et de toute culture, il y a une nomenclature des êtres sociaux classés en deux groupes : les conjoints possibles et les conjoints prohibés. L'emblème fondamental de cet ordre est la prohibition de l'inceste, comportement immuable par-delà la diversité des sociétés humaines. Lévi-Strauss y perçoit le plus petit élément culturel dans le fond naturel : « La prohibition de l'inceste, écrit-il, exprime le passage du fait naturel de la consanguinité au fait culturel de l'alliance... [...] elle est, à la fois, au seuil de la culture, dans la culture et en un sens la culture elle-même. » C'est à partir de cette analyse que Lévi-Strauss construit le schéma de son maître livre : « Les structures élémentaires de la parenté » (1949).

A cette première approche de la culture sauvage viendra s'ajouter l'étude des discours mythologiques qui lui donnent sens : tel est l'objet de « La pensée sauvage » (1962), puis, à partir de 1964, des quatre volumes des « Mythologiques », pour lesquels il recueille un matériau ethnographique considérable de récits amérindiens. Là encore, Lévi-Strauss va s'attacher à mettre au jour des structures fondamentales, les « mythèmes », éléments d'une grammaire des mythes qui lui permettront d'envisager une interprétation d'ensemble. Leur fonction principale, montre-t-il, est de raconter et de mettre en scène la différence entre la nature et la culture. Ainsi va-t-il repérer comment les récits mythiques apportent l'explication de l'origine de la cuisson des aliments, opération culturelle par excellence puisqu'il s'agit de faire passer les aliments du cru au cuit (culture) en évitant la dégradation du cru au pourri (nature). Le message mythologique n'est plus du tout anecdotique ou seulement pittoresque ; il est essentiel, voire vital : la vie humaine et sociale doit se préserver de deux dangers également menaçants, celui d'une nature sans culture (où tout serait voué au pourrissement) et celui d'une culture sans nature (où les ressources se tariraient ou brûleraient du feu de la technique). Les deux excès conduiraient inexorablement à la famine et à la disparition. Le mythe raconte à la fois cette fragilité et la nécessité de maintenir cet équilibre instable : bref, une forme de vision du monde et... de sagesse.

Critiques et controverses

On comprend que cette oeuvre vaste, située au carrefour des sciences de la nature et des sciences humaines, repoussant la version sclérosée de la philosophie pour mieux en assumer les interrogations fondamentales, ait autant fasciné. On comprend aussi qu'elle ait suscité tant de contestations, qui aujourd'hui s'effacent dans l'unanimité de l'hommage. Rappelons-en pourtant les quatre principales.

Il y aurait d'abord chez lui une certaine forme de scientisme. Et, en effet, la volonté de mettre de l'exactitude dans les sciences, dites « molles », de l'homme et de la société rattache Lévi-Strauss à la tradition sociologique française qui, d'Auguste Comte à Emile Durkheim, a caressé le projet de traiter « les faits sociaux comme des choses » . Le danger pourtant est clair : à vouloir fonder l'objectivité des sciences de l'homme sur le modèle des sciences de la nature, ne court-on le risque de perdre ce qui fait la spécificité du monde humain, fait d'intentions, de choix, bref, de liberté ? Pourtant, avec le recul, Lévi-Strauss se défend de cette prétention : sans illusion sur la possibilité de parvenir à une « physique sociale », il souhaitait à l'époque « contribuer plus modestement à mettre un peu d'ordre » dans les sciences humaines et surtout à les rendre autonomes d'une philosophie idéaliste et abstraite, qu'il a toujours détestée : « La philosophie , écrivait-il dans "L'homme nu" [1971], a trop longtemps réussi à tenir les sciences humaines emprisonnées dans un cercle, en ne leur permettant d'apercevoir pour la conscience d'autre objet d'étude que la conscience elle-même [...] Ce qu'après Rousseau, Marx, Durkheim, Saussure et Freud cherche à accomplir le structuralisme, c'est dévoiler à la conscience un objet autre : donc la mettre, vis-à-vis des phénomènes humains, dans une position comparable à celle dont les sciences physiques et naturelles ont fait preuve qu'elle seule pouvait permettre à la connaissance de s'exercer. »

Deuxième reproche fait à son oeuvre : l'oubli de l'Histoire. En insistant sur les structures éternelles, le structuralisme aurait contribué à dénier toute espèce d'importance à la succession des événements : « La mythologie comme la musique sont des machines à supprimer le temps » , écrivait-il dans « Le cru et le cuit » (1964). Lévi-Strauss refuse pourtant cette objection : « Rien ne me passionne davantage que l'histoire ; c'est même l'objet principal de mon activité de lecteur. » En fait, ce qu'il visait alors, c'était moins l'histoire comme récit de la contingence des faits passés que la philosophie idéaliste de l'Histoire qui régnait alors, c'est-à-dire cette espèce de prophétisation de l'advenu, fondée sur ce raisonnement spécieux : il était nécessaire que cela arrivât, la preuve, c'est arrivé !

L'accusation de relativisme lui a été faite à la suite de sa conférence sur « Race et Histoire » prononcée en 1951 à la tribune de l'Unesco. On lui reprochait alors de confondre dans une même dénonciation impérialisme et universalisme et d'interdire ainsi la constitution d'un cadre juridique commun à l'humanité. Voici comment il évaluait quelques années plus tard cette prise de position : « J'ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d'autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j'ai l'impression que le mouvement s'est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l'explosion islamique. Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture » (propos recueillis par Dominique-Antoine Grisoni, « Un dictionnaire intime », in Magazine littéraire , hors-série, 2003).

Il admet en revanche la dernière critique, celle qui relève son puissant pessimisme. A ses yeux, rien n'invite à se réjouir : le spectacle de la disparition corps et biens du continent mythologique, des sociétés sauvages et de pans entiers de la culture humaine n'est guère propice à une vision euphorique du devenir humain. Pas plus que la frénésie civilisationnelle de l'homme contemporain à augmenter sa propre puissance et sa propre maîtrise. Après le crépuscule des dieux, celui des hommes serait-il venu ?

On le perçoit, à travers ces polémiques, l'oeuvre de Lévi-Strauss est riche, ample et protéiforme. Si elle a tracé son sillon sans tenir compte de l'air du temps et parfois à contre-courant, elle l'a aussi profondément influencé. Sans doute est-il encore trop tôt pour mesurer sa postérité, mais l'on peut être, à cet égard tout au moins, raisonnablement plus optimiste que son auteur.

Une vie d'arpenteur

1908 : naissance à Bruxelles. Etudes secondaires à Paris et études supérieures à la Sorbonne. Il est deuxième à l'agrégation de philosophie en 1931.

1935 : nommé membre de la mission universitaire au Brésil. Il organise plusieurs missions ethnographiques dans le Mato Grosso et en Amazonie.

1939 : de retour à Paris, il est mobilisé sur la ligne Maginot. Après l'armistice, il est affecté en lycée, puis révoqué à cause des lois raciales.

1941 : il quitte la France et se réfugie à New York.

En 1944, il est rappelé en France par le ministère des Affaires étrangères ; il s'engage dans les Forces françaises libres.

En 1945 , il est envoyé aux Etats-Unis pour occuper les fonctions de conseiller culturel auprès de l'ambassade. Il démissionne en 1948 pour achever sa thèse.

1949 : devient sous-directeur du musée de l'Homme, puis directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études.

1959 : élu au Collège de France à la chaire d'anthropologie sociale.

1973 : élu à l'Académie française.

2007 : conservateur d'honneur du musée du Quai-Branly.

Des phrases mémorables

« Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui. Les institutions, les moeurs et les coutumes, que j'aurai passé ma vie à inventorier et à comprendre, sont une efflorescence passagère d'une création par rapport à laquelle elles ne possèdent aucun sens, sinon peut-être de permettre à l'humanité d'y jouer son rôle. » Tristes tropiques

« La joie musicale, c'est alors celle de l'âme invitée pour une fois à se reconnaître dans le corps. » L'homme nu

« Au fur et à mesure que le grand âge vient, des lambeaux de passé remontent à la surface, ou, pour parler autrement, des boucles se referment. » De près et de loin

« Le don-quichottisme, me semble-t-il, c'est, pour l'essentiel, un désir obsédant de retrouver le passé derrière le présent. Si d'aventure un original se souciait un jour de comprendre quel fut mon personnage, je lui offre cette clé. » De près et de loin

L'ethnologue et le syndrome de Lazare

« En voyageant, l'ethnographe - à la différence du soi-disant explorateur et du touriste - joue sa position dans le monde, il en franchit les limites. Il ne circule pas entre le pays des sauvages et celui des civilisés : dans quelque sens qu'il aille, il retourne d'entre les morts. En soumettant à l'épreuve d'expériences sociales irréductibles à la sienne ses traditions et ses croyances, en autopsiant sa société, il est véritablement mort à son monde ; et s'il parvient à revenir, après avoir réorganisé les membres disjoints de sa tradition culturelle, il restera tout de même un ressuscité. Les autres, la foule des pusillanimes et des casaniers, considéreront ce Lazare avec des sentiments mêlés où l'envie le dispute à l'effroi. »

« Diogène couché », in Les Temps modernes n° 110, mars 1955, p. 1187.

 

L'histoire (fiche)

HISTOIRE : (etym : latin historia, du grec istoria, enquête) Sens ordinaire : a) Ensemble des connaissances relatives à l' évolution,  au passé de  l'humanité b) Ensemble des connaissances humaines relatives à des faits ou des événements situés dans le passé                        ( l‘ « histoire naturelle ») c) Récit d'actions et d'événements réels ou imaginaire ( « raconter une histoire »)  d) La suite des événements historiques (la « marche de l'histoire »)
2) Epistémologie : Discipline ayant pour objet la reconstitution et l'interprétation du passé des sociétés humaines. Cette discipline s'apparente à une science par sa rigueur et son approche
universaliste. Pourtant elle comporte une part irréductible de subjectivité car l'histoire est un récit qui met nécessairement en jeu les partis pris narratifs et l'intelligence singulière de celui qui l'élabore
3) Philosophie générale : déroulement ou devenir global de l'humanité qui implique nécessairement, pour être intelligible, une orientation et même une destination finale (« fin de l'histoire »).  Pour les  philosophies idéalistes (Kant, Hegel), il existe une rationalité profonde qui gouverne le monde et qui en constitue la trame cachée.  L'apparence chaotique  de l'histoire doit donc être dépassée ; pour Hegel, en particulier, les passions des hommes ne sont que les « matériaux » que la raison utilise pour parvenir à son but.  Pour les matérialistes (Marx et Engels) l'histoire repose sur une base matérielle (l'infra-structure économique) qui la détermine « en dernière instance ».  Les approches hégelienne et marxiste sont l'une et l'autre « dialectique » cf ci-dessous), ce qui signifie qu'elles reposent sur l'idée que le « négatif » (les luttes, l'opposition de intérêts, les conflits et leur résolution, la violence en général) joue un rôle majeur dans le progrès historique.


VIOLENCE : (etym : latin vis, « force ») 1) Sens ordinaire : usage illégal ou illégitime de la force, abus de puissance. La violence n'est pas seulement physique, elle peut être morale, politique (exploitation, oppression), insidieuse (embrigadement), sournoise etc...2) Philosophie classique : Pour Aristote, est violent tout mouvement contre nature, à commencer par exemple par le fait de lancer une pierre en l'air. Philosophie contemporaine :  la violence est un forme de refus de l'humanité qui peut prendre des formes très diverses et qui ne se limite pas à la violation de l'intégrité physique ou morale des personnes.  Des insultes racistes, des propos humiliants, la profanation d'un  cimetière, ou un licenciement abusif sont des violences qui ne prennent pas la forme de l'affrontement ou de l'agression. Tout ce qui tend à refuser à un homme ou à une culture le droit à l'expression légitime  est destructeur du monde humain, donc violent.

DIALECTIQUE:  (etym : grec : dialegein de legein « parler », et dia « à travers ») a) Chez Platon : 1) Discussion ou réflexion qui progresse en surmontant les objections et les contradictions opposées par un adversaire,  voire par soi-même. 2) Mouvement ascendant par lequel l'esprit s'élève des apparences sensibles vers les Idées en passant par un certain nombre d'étapes. Pour Platon la dialectique tend à se confondre avec la science.
  b) Chez Hegel : Mouvement de l'esprit dont la contradiction est le moteur. La dialectique n'est pas une méthode chez Hegel, mais le processus d'engendrement  du réel qui se fonde sur ce Hegel nomme le « travail du négatif ». Ce progrès peut être violent (dans les révolutions sanglantes et les guerres) ou non violent,  (notamment  dans la pensée, la science ou la philosophie c) Chez Marx : progrès nécessaire de l'histoire surmontant les contradictions impliquées par les antagonismes économiques et leur traduction idéologique et politique (« la luttte des classes »)
Esprit  (chez Hegel) : principe impersonnel  opposé à la nature  qui introduit la rationalité dans le monde et s'achemine vers l'Idée universelle (l' Absolu). L'Esprit est une sorte de Dieu immanent au réel  qui gouverne l'histoire et qui progresse un peu  comme une taupe cherchant son chemin vers la lumière. Les individus sont les supports de l'Esprit qui s'auto réalise, et les Grands hommes sont ceux qui  oeuvrent plus ou moins inconsciemment à  la réalisation de l'Universel : le grand homme est le chargé d'affaire de l'Esprit du monde/


DIVIN (chez Hegel) : Dieu au sens philosophique,  c'est-à-dire la substance spirituelle de toute chose qui l'anime et lui fournit sa signification et sa fin (l'avènement de l'Absolu)


SUBLIMATION: (etym : latin sublimis, « élevé »)1) Chimie : passage d'un état solide à un  état gazeux 2) Sens courant :  processus par lequel un état ou une activité est élevé(e) à un niveau supérieur et purifié. Les œuvres d'art , notamment, nous permettent de sublimer les passions en les représentant et en leur imposant le  carcan  de formes esthétiques  et symboliques 3)  Chez Freud : processus de réorientation et de détournement  de nos pulsions sexuelles et agressives  vers des buts non sexuels et socialement valorisés tels que la création artistique, les mathématiques ou le jeu d'échec

PAIX: (etym : du latin pax « paix » « tranquillité » « calme » 1) Sens usuel : situation de bonne entente et absence de conflits aigus  entre personnes ou bien entre peuples 2) Sens philosophique : le sens est le même, mais les philosophes précisent que l'armistice n'est pas la paix car l'absence d'hostilités peut-être artificielle et fallacieuse.  La paix  doit donc être définie positivement, comme harmonie et concorde fondée sur un sentiment d'appartenance partagée et de solidarité effective. Il n'y a pas de paix sans justice. Pour Kant, la paix ne va jamais de soi, elle doit nécessairement être instituée (Vers la paix perpétuelle)

FIN DE L'HISTOIRE : expression utilisée par Hegel et largement reprise  et commentée depuis la parution de l'ouvrage du philosophe américain Francis Fukuyama  (La fin d'histoire, 1989). La fin de l'histoire est pour Hegel l'avènement de l'Etat (et donc du droit) qui met un terme aux relations historiques foncièrement violentes entre nations qui prévalaient jusqu'au 19 ième siècle. Pour Marx, c'est le communisme qui met un terme définitif à la lutte des classes donc à l'histoire.

 

 

Droit : (etym : latin directus, « droit », ni courbe ni  tordu ; ce qui est conforme à la règle) 1) Sens courant : pouvoir moral d'exiger quelque chose en vertu d'une règle ou d'un principe reconnu. Les droits  procèdent toujours de contrat tacites qui fixent  des obligations correspondant à ces  droits : il n'y a pas de droits sans devoirs réciproques. 2) Sens juridique : ensemble des règles et des normes qui encadrent la vie sociale et qui s'expriment par des lois. Le droit « positif » est le droit en vigueur dans telle ou telle société.  Le « droit public » est celui qui concerne les rapports des citoyens avec le pouvoir. Le « droit international » régit les rapports des nations les unes avec les autres ainsi que les relations entre les sujets de ces nations. 3) Philosophie : le droit « naturel » ou encore « rationnel »  est celui qui est censé résulter de la nature de l'homme  en tant qu'elle préexiste à toute disposition conventionnelle.  Le droit naturel est posé comme supérieur à toute législation positive ; il constitue la référence indispensable pour tout homme qui refuse de se soumettre au droit positif pour des raisons morales  (droit de désobéir, incarné par Antigone ou Socrate. 

 
Droits formels : ce  sont les droits libetésproclamés notamment en France en 1789. Ils définissent pour l'individu des possibilités intellectuelles (liberté de pensée, d'expression, de culte..) ou physiques (liberté de déplacement , de travail, de réunion, de commerce..). La fonction de la loi est d'interdire toute action qui priverait quelqu'un de l'un de ces droits : « La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l'oppression de ceux qui gouvernent » (Déclaration de 1793).

 Droits créances : pouvoir d'obliger l'Etat à un certain nombre de services. De tels droits ont introduits progressivement  en France par la constitution de 1791 puis 1848, et dans le droit international (Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948) : ce sont les droits économiques et sociaux tels que le droit au  au repos, à la sécurité matérielle, à l'instruction, à trouver un emploi, à la grève, à une juste rémunération, à la retraite etc...

Marché : ensemble des processus qui gouvernent les relations économiques entre les hommes   en fonction desquels les prix des services et des marchandises sont fixés conformément à la loi de l'offre et de la demande,  spontanément, c'est-à-dire  indépendamment des décisions de décideurs politiques ou économique

Justice commutative : Chez Aristote : justice qui attribue qui chacun ce qui lui est dû suivant un strict principe d'équivalence.  C'est la justice qui prévaut dans les échanges commerciaux et dans les litiges  (justice pénale)

Justice distributive :  Chez Aristote, justice qui  obéit à un principe inégalitaire, puisqu'elle distribue à chacun des avantages et des responsabilités variables suivant les talents, les compétences etc.. On ne doit pas, dit Aristote, attribuer la meilleure flûte  à l'étudiant le plus appliqué, mais au meilleur musicien.

Equité :  (etym :  aequitas , « égalité d'âme », « honnêteté », « esprit de justice ») 1) Chez Aristote : esprit de justice, souci de respecter l'esprit de la loi plutôt que sa lettre, au point d epouvoir parfois prendre une décision contre la loi : « corriger la loi, dans la mesure où celle-ci se montre insuffisante en vertu de son caractère général » 2) Selon John Rawls : principe  de justice souple  qui vise le bien commun, mais qui ne peut être figé ;  on admettra que les meilleurs dispositifs  ne peuvent être fixés  une fois pour toutes. Au contraire une distribution  équitable des bénéfices du marché, des charges et des avantages sociaux, doit  admettre  des  redéfinitions et des remaniements constants en fonction de l'évolution des inégalités et des moyens  appropriés  de  rendre  celles-ci profitables à tous, autant que faire se peut .

Egalité : (etym : latin aequalitas, de aequare, « aplanir », « rendre égal à »). 1) mathématiques : qualité de grandeurs équivalentes c'est-à-dire substituables les unes aux autres.  2) Egalité civile et juridique : principe selon lequel les individus sont égaux devant la loi, c'est-à-dire ont les mêmes obligations et les mêmes droits 3) Egalité politique : principe selon lequel  tous les citoyens , dans une société donnée , peuvent participer  aux décisions d'ordre général ainsi qu'au débat public

 
Egalité formelle : égalité des hommes en tant qu'elle est établie et garantie par la loi. L'égalité formelle est une égalité théorique, une égalité sur le papiers. « Formelle » peut être compris de façon péjorative : abstraite ou même fictive

Etat de droit : Conception moderne et juridique de l'Etat qui le définit par la capacité de s'autolimiter, afin d'empêcher toute dérive tyrannique ou despotique.
Un  Etat de droit est un Etat à la fois républicain (voir la définition  de la république ) et démocratique, c'est-à-dire dont peuple est  tenu pour souverain. Les fondements théoriques de l'Etat de droit se trouvent chez les théoriciens du Contrat social (en particulier  Locke et Rousseau). Dans un Etat de droit, les droits fondamentaux des hommes sont garantis par la loi (la Constitution), à tel point  que l'homme a des droits qu'il peut revendiquer contre l'Etat, et faire valoir auprès de l'Etat 

 

Entretien avec Barbara Cassin

Les stoïciens : l'arbre n'est pas vert, il verdoie !

LE MONDE DES LIVRES | 08.05.08 | 12h41  •  Mis à jour le 08.05.08 | 12h41

 

Quelle est la place des stoïciens et de leurs textes dans votre propre itinéraire philosophique ?

Ils ne font pas partie des Grecs qui m'ont immédiatement attirée. Je n'ai eu, au départ, aucune affinité avec eux.

Je préparais l'agrégation pour la énième fois après deux boycotts "soixante-huités", dans une colère heureuse puisque cela me permettait de lire tout de, et sur, Aristote, Descartes, Spinoza, Kant, Hegel, Nietzsche, les stoïciens. Précisément, j'ai lu pour la première fois les stoïciens à travers les lunettes de Hegel, c'est-à-dire avec l'idée qu'ils sont ennuyeux, et que leur morale sert d'alibi pour s'abstenir de politique, un peu comme la religion est l'opium du peuple. Oui, ennuyeux, et ce n'est pas totalement faux quand on lit d'une traite Epictète et Marc-Aurèle, du moins en traduction, surtout quand on croit qu'on les comprend. Ils sont "libres sur le trône comme dans les chaînes", dit Hegel : pour lui, les Stoïciens sont le nom de la liberté de la conscience de soi quand elle prend conscience d'elle-même. Mais c'est une liberté abstraite, qui peut seulement surgir "dans un temps de peur et d'esclavage universels", pas une "liberté vivante". C'est pourquoi les stoïciens, avec leurs formules et leurs exhortations, sont "édifiants" mais "ne tardent pas à engendrer l'ennui". Pêle-mêle à travers les siècles : "Supporte et abstiens-toi ; Ton enfant est-il mort, il a été rendu ; Ducunt volentem fata, nolentem trahunt ("le destin guide qui consent, traîne qui refuse"), que philosopher c'est apprendre à mourir", bref : même pas mal - et de toute manière vous ne me ferez ni rire ni jouir !

"Mes" premiers Grecs étaient plutôt présocratiques, avant Platon et Aristote, et non après comme les stoïciens ; c'était ceux-là mêmes contre lesquels Platon et Aristote ont construit la philosophie. Et parmi les présocratiques, pas n'importe lesquels : les sophistes surtout, ceux par excellence dont Heidegger ne parvient pas à rendre compte, parce qu'ils contraignent à penser tout autrement l'"origine" et l'"aurore", et montrent comment se fabrique l'Etre, soi-disant toujours déjà là. C'est cette manière de construire l'Etre comme effet de discours, mise en lumière non sans cruauté par la sophistique, qui m'intéresse toujours. Avec l'idée que les grands édifices philosophiques, Platon et Aristote au premier chef, ne se laissent bien appréhender qu'en comprenant contre quoi ils se sont construits.

C'est pourquoi les Grecs qui me surprennent et me plaisent sont ceux de Nietzsche, au bord de la philosophie : ils "s'entendaient à vivre : ce qui exige une manière de s'arrêter à la surface, de croire aux sons, aux paroles, à l'Olympe tout entier de l'apparence ! Ces Grecs étaient superficiels - par profondeur", écrit-il dans le Gai Savoir. Des Grecs bien païens, pour lesquels celui qui vient en face peut avec vraisemblance, comme chez Homère, être un homme ou un dieu, parce qu'il parle, parce qu'il est beau.

Or, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est précisément avec cette phrase de Nietzsche que les stoïciens sont pour moi revenus en scène comme intéressants. Non pas immédiatement donc, mais "médiatement", via Gilles Deleuze et sa Logique du sens. Car, dans cet "essai de roman logique et psychanalytique" concocté par un Deleuze lecteur de Lewis Carroll et de Lacan, c'est aux stoïciens que le mot de Nietzsche ("superficiels - par profondeur") s'applique particulièrement !

Cela m'a tellement surprise que je les ai relus une autre fois avec lui, en cherchant à comprendre la violence des nouvelles distributions qu'ils imposent aux choses et aux concepts : quelque chose comme "l'autonomie de la surface". Contre Platon, pour qui l'apparaître n'a d'intérêt que dans la mesure où il renvoie à l'idée. Contre Aristote surtout, et son analyse du langage qui informe toujours notre grammaire et notre perception quotidiennes. L'arbre est vert, Socrate est mortel, S est P : nous parlons aristotélicien, en termes de sujet-substance et de prédicat-accident reliés par le "est". Mais, si nous parlons stoïcien, l'arbre n'est pas vert, l'arbre verdoie. Il ne s'agit pas d'Etres, mais d'évènements ; pas de substances, mais de corps, de forces et d'effets ; pas de syllogisme avec déduction de termes, mais de sunnêmenon en "si... alors" avec enchaînement de propositions. Et comme ce n'est pas la même description, ce n'est pas non plus le même monde ; d'ailleurs, si genre suprême il y a, c'est le "quelque chose" et non plus l'Etre. Ce monde-là vient, comme la sophistique, bousculer le triomphe naturel de l'ontologie coutumière, c'est-à-dire la manière courante dont on perçoit et dont on dit le monde.

Quel est le texte qui vous a le plus marquée, nourrie, et pourquoi ?

C'est une question plus difficile qu'il n'y paraît. D'abord parce que les textes qui nous restent sont divers et incommensurables : ils vont des fragments de l'Ancien Portique à Athènes, fin IVe-début IIIe siècle avant J.-C., aux oeuvres déployées en lettres, entretiens, journal de pensée, par Sénèque, le précepteur de Néron, Epictète, l'esclave, Marc-Aurèle l'empereur, dans la Rome des Ie et IIe siècles après J.-C., avec un moment intermédiaire qu'on connaît très indirectement, via notamment Cicéron. Ils posent le problème de la langue et de la traduction, six siècles de grec et un latin qui s'invente comme langue philosophique. Et, évidemment, le problème de la transmission : ce qu'on appelle "doxographie" (littéralement "l'écriture des opinions"), qui formate et déforme, souvent pour mieux contredire, comme chez Plutarque ou Sextus. Ces textes m'ont donc d'abord marquée comme difficiles : des produits d'histoire, qui réclament qu'on les traite en philologue autant qu'en philosophe.

Celui qui m'a le plus marquée, c'est la vie de Zénon, au livre VII de Diogène Laërce - de la doxographie dure justement. Tout y est : le rapport phantasmatique entre une vie et une doctrine ; l'idée neuve de "système" (la physique, la logique et la morale comme un animal, comme un oeuf, comme un champ clos) ; les violentes trouvailles dont il faut déplier la nécessité : par exemple les "incorporels" (asômata) que sont le temps, le lieu, le vide, et un nouveau venu, le signifié ou lekton ("dicible/dit"), qui se loge entre le signifiant (les sons "Di-on") et le référent (l'individu Dion qui porte ce nom), tel que celui qui ne parle pas la langue ne le comprend pas. Ce texte est à la fois un puzzle et un condensé.

Selon vous, où ces auteurs trouvent-t-ils aujourd'hui leur actualité la plus intense ?

Il y a peu de temps encore, j'aurais dit sans hésitation aucune : en logique. Mais aujourd'hui, ici et maintenant, je viens, pour parler à Buenos Aires de Mai 68, de relire le discours de Sarkozy sur morale et politique (29 avril 2007) : "Nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique. Oui, de la morale. Le mot "morale" ne me fait pas peur. La morale, après Mai 68, on ne pouvait plus en parler.") C'est pourquoi je dirais : Marc-Aurèle, ce n'est pas mal. Lui au moins, empereur, usant du pouvoir comme n'en usant pas, il a une idée du rapport entre morale et politique, de son semblant, de sa difficulté, de ce que veut dire être "citoyen du monde", penser en chacun la part de raison universelle, le lien social. Mais, plus instructif encore à mes yeux : quand on le lit, on comprend pourquoi proclamer la morale en politique n'a rien de moral. "Quelle perversité, quelle fausseté de dire : J'ai décidé de jouer franc jeu avec toi" ! (Pensées, XI, 15).

 

Propos recueillis par Jean Birnbaum


Repères

La première singularité de l'école stoïcienne est d'être née en Grèce au Ve siècle avant notre ère (avec Zénon, Cléanthe, Chrysippe) et de s'être prolongée à Rome, jusqu'au IIIe siècle de notre ère, avec notamment Epictète, Sénèque et Marc-Aurèle. Ecole de vie autant qu'école intellectuelle, le mouvement possède donc une longue histoire qui traverse toute la pensée antique en passant du grec au latin et d'une société à une autre.

Les philosophes qui se réunissaient à Athènes au lieu dit le "Portail peint" (Stoa Poikilè, d'où leur surnom de stoïciens, "philosophes du Portique") avaient développé un système complet de concepts qui embrassait la logique, la physique et la psychologie dans la perspective d'accéder à la sagesse. La plupart des oeuvres de cette première époque sont perdues. Il n'en subsiste que de rares fragments à partir desquels les spécialistes tentent de reconstituer l'ensemble.

La postérité romaine du stoïcisme, dont plusieurs textes majeurs sont conservés, met l'accent sur la conduite morale et la vertu du sage. En mettant au centre de son enseignement la distinction entre ce qui dépend entièrement de nous (notre volonté morale) et ce qui en fin de compte n'en dépend pas (richesse ou pauvreté, santé ou maladie), Epictète a forgé une version simplifiée mais forte de la doctrine. Sénèque, précepteur de Néron, et Marc-Aurèle, qui fut empereur, nous ont légué des chefs-d'oeuvre de style autant que de sagesse, où la philosophie comme manière de vivre se combine au tranchant de l'écriture.

 

Une thérapie quotidienne, par Olivier Delannoy

LE MONDE DES LIVRES | 08.05.08 | 12h41  •  Mis à jour le 08.05.08 | 12h41

 

Si mes souvenirs sont justes, j'ai acheté les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle et le Manuel d'Epictète en flânant dans une bouquinerie d'occasion après un cours ardu de classe préparatoire. Comme beaucoup d'élèves, je faisais alors l'expérience d'un apprentissage de la philosophie passionnant mais difficile. Rentré chez moi, j'ai sorti le livre jauni de mon sac avec la précaution qu'un étudiant néophyte accorde aux plus vénérables trésors de la tradition. J'ai commencé à le feuilleter et je suis tombé sur cette pensée où l'empereur Marc-Aurèle se prépare à l'éventualité d'une journée difficile. Je venais de découvrir une philosophie pratique, qui, elle, est immédiatement accessible.

Loin d'apparaître comme une spéculation abstraite, la pensée stoïcienne se présente aux élèves comme une leçon de vie concrète qui vise le bonheur. Ils y pénètrent facilement, en particulier à partir des textes éthiques. Ils aiment particulièrement la distinction entre les choses qui dépendent de nous et celles qui nous sont étrangères car elle est souvent confirmée par leur expérience personnelle. Pour les stoïciens, seules nos représentations (opinions, pensées) sont en notre pouvoir. Les événements extérieurs (le fait que notre marmite favorite se casse, la perte d'un enfant, etc.) ne dépendent pas de nous. L'enjeu de cette distinction est thérapeutique : il s'agit d'écarter la peine en changeant - pour reprendre le mot de Descartes - ses pensées plutôt que l'ordre du monde. Cette idée d'une liberté de pensée irréductible, même sous la torture, est peut-être ce qui séduit le plus les élèves dans leur découverte du stoïcisme.

L'éthique stoïcienne n'est pas pour autant une philosophie facile à mettre en oeuvre. L'adolescent se représente souvent la liberté comme réalisation de ses désirs spontanés. Or les stoïciens nous enseignent que la sagesse ne peut être atteinte qu'au prix de la médiation d'un choix réfléchi. D'une manière plus radicale encore, les sages stoïciens affirment qu'il faut écarter les troubles liés au désir pour parvenir au bonheur véritable qu'ils nomment "ataraxie". Une telle conception du bonheur ne va guère de soi pour les élèves. L'idée d'une possible et parfaite maîtrise du désir leur est étrangère, peut-être parce que la culture que nous leur transmettons est passée par l'épreuve de la psychanalyse et de son désir pulsionnel.

Rappelons enfin que l'éthique stoïcienne repose sur une physique matérialiste qui suscite bien des réflexions chez les élèves. L'idée d'un Univers semblable à un gigantesque animal, animé par un feu divin et universel, auquel nous serions mélangés, leur semble fantasmagorique. Le paradoxe d'un déterminisme total et d'une liberté de pensée absolue leur apparaît difficilement conciliable. Et pourtant ils acquiescent pleinement à l'idée de fraternité et de citoyenneté qui découle de tous ces présupposés physiques : car si tous les hommes sont intimement liés par la raison divine, alors nous sommes tous fils de Dieu et du Monde.


Olivier Delannoy est professeur de philosophie au Lycée Kienz, Marcq-en-Baroeul (59).

 

 

 
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