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Qu'est ce qui nous différencie des mouches ?

NOUVELOBS.COM | 13.05.2008 | 14:03

Les mouches des fruits sont radicalement différentes de l'homme, pas dans le nombre de leurs gènes mais dans le nombre d'interactions des protéines dans leur corps, selon des scientifiques qui ont mis au point une nouvelle façon d'estimer le nombre total des interactions entre protéines dans tout l'organisme.

Représentation schématique de la myoglobine. Cette protéine homologue de l'hémoglobine se lie au dioxygène au niveau des muscles

Représentation schématique de la myoglobine. Cette protéine homologue de l'hémoglobine se lie au dioxygène au niveau des muscles .

Le nombre de gènes ne suffit pas à juger du degré de développement d'un organisme, contrairement à ce que croyaient les scientifiques peu après la découverte de l'ADN. En effet, le génome de l'homme contient un peu plus de 26 000 gènes mais un simple petit ver comme c. elegans d'à peine 1 mm de long en possède presque autant (22 500) sans parler du peuplier qui est équipé de plus de 45 000 séquences codantes !!!

Une nouvelle étude publiée aujourd'hui dans les PNAS ouvre une nouvelle piste pour caractériser la complexité d'un organisme, elle résiderait plutôt dans le nombre d'interactions des protéines à l'intérieur des cellules. Les protéines humaines interagissent en effet dix fois plus que leurs homologues chez la mouche des fruits et vingt fois plus que chez les levures unicellulaires. L'interaction entre les différentes protéines est à l'origine de tous les systèmes physiologiques du corps humain. Lorsque le corps digère la nourriture, répond à un changement de température ou combat une infection, de nombreuses combinaisons de entre les protéines sont impliquées. Toutefois, jusqu'à présent, il a été impossible de calculer le nombre d'interactions qui ont lieu au sein de différents organismes.

Une équipe de chercheurs européens a donc conçu un outil mathématique permettant de quantifier ce réseau d'interactions au sein d'un organisme. Ils ont ainsi pu dresser à la manière du génome un « interactome » recensant les différentes relations entre les protéines. Ils espèrent avec ce support mieux comprendre les mécanismes qui différencient un organisme d'un autre. Cela permettra également de déterminer, par exemple, pourquoi certaines espèces fongiques, comme la levure de boulangerie sont importantes dans la production de pain et de bière, tandis que d'autres espèces voisines causent des infections avec un taux de mortalité élevé.



Joël IGNASSE
Sciences et Avenir.com
13/05/2008
Voici, comme promis, deux références de conférences sur l'environnement, tirées de l'Université de tous les savoirs:

 

Les technologies modernes et la maîtrise de leurs impacts  environnementaux:

http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs_au_lycee/dossier_programmes/utls_au_lycee_2007/technologies_modernes_et_maitrise_de_leurs_impacts_environnementaux_pierre_ehrburger


Les enjeux scientifiques des changements environnementaux

http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2003/la_globalisation_du_globe_aux_effets_globaux/les_enjeux_scientifiques_des_changements_environnementaux

En espérant que cela comblera une partie de vos attentes...
Tout est politique

Alors que des millions de Birmans doivent affronter un quotidien d'une précarité totale dans des zones dévastées par le cyclone Nargis, il est scandaleux que la junte au pouvoir ne laisse passer l'aide internationale qu'au compte-gouttes. Ayant dû subir l'hostilité de la nature, le régime considère qu'il y a pourtant un péril plus grand : une immixtion étrangère dans ses affaires inté­rieures. En limitant fortement l'octroi de visas aux experts, il impose un goulot d'étrangle­ment qui ralentit l'évaluation de la situation, la préparation de l'aide d'urgence et l'achemi­nement des cargaisons. Ce fai­sant, il montre que sa survie lui importe plus que la sauvegarde de dizaines de milliers de vies humaines.
Un diplomate américain a évo­qué le caractère
« paranoïaque » de la junte. Il n'a pas tort. En revanche, la secrétaire d'État Condoleezza Rice ne trompe personne lorsqu'elle affirme que l'aide à la Birmanie « n'est pas une question politique» . Qu'est-ce que la politique, si­non la capacité à s'occuper de ses ressortissants ou à s'intéresser au sort des habitants de la pla­nète ? Aux États-Unis, la lenteur de l'administration Bush après le passage du cyclone Katrina avait été très vite dénoncée par les opposants du président.
Cette permanence du politi­que, même dans les situations les plus graves, dresse le cadre dans lequel l'action d'urgence doit s'inscrire : le plus apolitique possible. Pour surmonter les ré­ticences de la junte, sans doute faut-il privilégier les canaux re­lativement neutres des agences de l'ONU et pousser à l'action les pays asiatiques dans lesquels les militaires ont un minimum de confiance. Suivant une autre lo­gique, la France a espéré que le Conseil de sécurité de l'ONU dé­ciderait d'intervenir au nom du droit d'ingérence, une sorte de droit opposable à la protection de la vie humaine. Elle a essuyé mercredi un échec sévère et doit à présent vérifier si elle s'obstine dans cette voie.
À moyen et long terme, en ef­fet, il est probable que l'effet du cyclone Nargis sera dévastateur pour la junte. Tout régime, sous quelque latitude que ce soit, est jugé par la population sur sa ca­pacité à la protéger. Or, le régime birman a failli. Il n'a pas prévenu à temps les habitants des rivages menacés. Il n'a pas développé de programme de protection contre les cyclones, contrairement au Bangladesh voisin, qui est par­venu à réduire considérablement le nombre de victimes lorsque les éléments se déchaînent. Nar­gis n'a sans doute ouvert qu'une petite brèche dans la muraille de la junte. Mais c'est une brè­che de plus, après la révolte des bonzes et l'opposition obstinée symbolisée par la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi
Leçon de démocratie, par Robert Solé LE MONDE | 10.05.08 | 13h55  

 

'est une belle leçon de démocratie que la junte birmane administre à nos nations apeurées et frileuses ! Alors que le sud du pays est dévasté par le cyclone Nargis, qui a fait 65 000 morts ou disparus et 1,5 million de sinistrés, les bureaux de vote ont ouvert, samedi, dans la plupart des circonscriptions. Pas question de reporter le référendum : l'enjeu est trop important. Il s'agit, ne l'oublions pas, de réformer la Constitution pour permettre des élections multipartites en 2010, à la suite desquelles les militaires transféreront certainement le pouvoir à des civils. Si la junte birmane a résolument refusé pendant plusieurs jours d'accueillir les aides venues de l'étranger, c'est d'abord pour ne pas distraire les électeurs. Rien n'est pire que les ballets d'avions dans le ciel et les scènes de distribution de vivres, d'eau et de médicaments. Finalement, les caisses ont été acceptées, mais pas les équipes de secouristes. De là à ce que ces observateurs étrangers se piquent de contrôler la régularité du scrutin...

 Tout a été fait pour faciliter le vote, dans ce pays qui n'en a pas connu depuis dix-huit ans : le seul bulletin autorisé, sous peine de représailles, est le "oui".

 
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