L'histoire est-elle une science ?

 

 

La vérité se trouverait dans les documents ____________________________

 

Les documents sont soumis à une double critique

  • C'est à partir du XIXè siècle que les historiens rêvent de faire de l'histoire une science, en s'inspirant du modèle des sciences physiques.
  • L'historien trouve les documents - témoignages écrits, vestiges du passé - et procède à leur double critique :

-         la critique externe vise à déterminer l'authenticité du document et à le rétablir dans son état primitif en supprimant ce qui a pu être ajouté, et en reconstituant les parties disparues ;

-         la critique interne vise à déterminer la signification du document.

 

L'histoire est un travail de reconstruction

  • La confrontation des témoignages indépendants permet d'aboutir à une certitude pratique.
  • L'analyse fournit ainsi une masse de documents qui permettent d'établir des faits particuliers. Il s'agit ensuite de procéder à un travail de synthèse, c'est-à-dire de déterminer  la place et l'importance relative de ces faits dans la chaîne des événements. C'est là un travail de reconstruction. La vérité se trouverait donc dans les documents. Il suffirait de l'extraire.

 

L'histoire ne peut prétendre à la même objectivité que les sciences physiques

 

L'élaboration historique est subjective

  • Les documents, comme d'ailleurs la nature, ne parlent qu'à ceux qui les questionnent. L'élaboration historique présuppose donc une prise de parti sans laquelle l'historien est hors d'état de comprendre et de connaître.
  • La subjectivité de l'historien intervient donc dans les critères qui président au choix des événements. Chaque historien ne s'intéresse aux faits que dans la mesure où ceux-ci confirment ou infirment une philosophie de l'histoire, qui est la sienne.

 

Il est impossible de séparer l'histoire de l'historien

  • L'histoire est semblable à la mémoire individuelle : c'est à partir des préoccupations du présent, que les historiens reconstituent le passé.
  • Voilà pourquoi, à chaque génération, l'histoire est réécrite. Chaque époque reprend l'histoire à la lumière du lendemain auquel elle prétend.

 

L'annonce de la fin du monde

  • Il y a aussi une fiction sur l'après de ce monde mauvais, la fin du monde :  « maintenant nous vivons aux derniers temps ». Ce « maintenant », aussi, « est aussi vieux que l'histoire ». Il ne renvoie qu'à une actualité mythique qui n'est inscrite dans aucune histoire réelle en train de se faire. Ce « maintenant » est une simple parole, qui ne témoigne d'aucune expérience, d'aucune réflexion, disqualifiant tous ceux qui se plaignent.

L'opinion opposée : « le monde progresse du mal vers le mieux »_______

 

Une vision philosophique et pédagogique

  • A l'opposé, Kant expose l'opinion selon laquelle « le monde progresse du mal vers le mieux ». Cette opinion s'est constituée à la suite d'une réflexion de la part de philosophes, et peut-être même d'une pratique, celle de pédagogues qui traitent, non de l'au-delà, mais des choses d'ici bas.
  • Comment les pédagogues pourraient-ils exercer leur métier, s'ils ne croyaient pas - et ne constataient pas - à une perfectibilité de l'esprit humain ? Le monde progresse, mais la progression se fait d'une manière à peine sensible. Il y a l'idée d'un temps qui indéfiniment se déroule avec une lente progression vers le mieux, qui n'est pas le Bien, simple vision asymptotique d'une fin de l'histoire qui n'en finit pas d'advenir.

 

Il y a en l'homme une disposition au progrès

  • Mais voit-on ce progrès ? Il faut écarter de cette question, dit Kant, la démarche empirique, qui ne s'y retrouverait guère dans les hauts et les bas, les avancées et les reculs. Car c'est d'une question de principe qu'il s'agit. Et c'est là ce qui fait tout le prix de cette thèse selon laquelle le monde progresse du mal vers le bien.
  • Il y a, dit Kant, qui semble bien épouser cette position, dans la « nature humaine »  une disposition à ce progrès. On le sait par d'autres textes de Kant : il y a en l'homme une disposition à exister comme un être moral, respectueux de la loi et sensible au remords. Donc, une situation où « ne peut être greffé absolument rien de mauvais ».

 

 



L'histoire

 

 

L'histoire comme réalisation de la liberté de l'esprit____________________

 

L'histoire commence avec la formation des Etats

  • Pour Hegel (La Raison dans l'histoire, 1822 et 1828), le temps qui s'est écoulé avant l'apparition de l'histoire écrite fut « sans histoire objective », parce qu'il n'a laissé « aucune histoire subjective », aucun récit historique. Autrement doit, il n'y a pas d'histoire à proprement parler sans récit historique.
  • Mais il ne peut non plus y avoir de récit historique sans des actes et des événements historiques. Or, un peuple « qui ne forme pas un Etat » n'a pour ainsi dire pas d'histoire. Les « souvenirs de famille », les « traditions patriarcales » des communautés primitives ne sont pas « objet de mémoire » et ne peuvent en conséquence être susceptibles d'une narration historique.
  • Seule une communauté « qui se consolide et s'élève à l'Etat » requiert « au lieu d'ordres subjectifs, suffisants pour les besoins d'un moment, des commandements, des lois, des déterminations générales et universellement valables », qui produisent à leur tour « une conscience capable de les saisir clairement » et de les conserver durablement.
  • L'Etat est donc l'universel qui produit l'histoire à la fois comme récit et comme ensemble d'événements.

 

La rationalité cachée de l'histoire

  • Pour Hegel, l'histoire est en apparence chaos. Elle offre le spectacle affligeant du déchaînement des passions, de la déraison.
  • Mais derrière cette déraison se dévoile une finalité rationnelle : l'histoire est la marche graduelle par laquelle l'Esprit à sa vérité et prend conscience de soi.
  • De ce fait, les acteurs de l'histoire ne sont pas des « personnes singulières, réduites à leurs individualités particulières », mais les différents peuples historiques avec leur esprit, leur constitution, leur art, leur religion, leur science, leurs coutumes.
  • De plus, ces peuples ne maîtrisent pas le sens de ce qu'ils font. Ils ne sont que « les moyens et les instruments d'une chose plus élevée, plus vaste qu'ils ignorent et accomplissent inconsciemment ».

 

Marx et la science du mouvement historique___________________________

 

La lutte des classes comme source de toute historicité

  • Marx rejette la philosophie de l'histoire de Hegel qui prône le salut de l'homme par la découverte du sens de l'histoire et non par la transformation du monde réel. Dans le Manifeste du parti communiste (1848), il affirme que « l'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de luttes de classes ».
  • La société, dit Marx, se divise en deux grandes classes qui s'affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat. Cet antagonisme ne peut se résoudre que par la suppression du capitalisme et l'instauration de la société communiste.
  • Contrairement aux révolutions passées qui n'ont fait que substituer aux anciennes classes de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, la révolution prolétarienne met fin à tous les antagonismes.

En s'accomplissant et en se dépassant elle-même, la lutte des classes, dit Marx, mène non pas à la fin de l'histoire, mais à la fin de la préhistoire. Il restera à l'humanité réconciliée avec elle-même à résoudre les problèmes posés aussi bien par la nature que par sa propre nature.

 

Ce sont les hommes qui font l'histoire

  • Si la révolution communiste répond à une certaine nécessité interne, elle n'est cependant pas inéluctable. Contrairement à Hegel, pour lequel l'histoire s'explique sans l'homme réel, Marx affirme que « l'histoire ne fait rien », que « ce sont les hommes réels qui font l'histoire ». Mais ils la font dans des conditions historiques et sociales très déterminées.
  • Ainsi, si les hommes prennent l'initiative de changer les rapports sociaux, ce n'est pas en vertu d'une volonté créatrice ou d'une liberté transcendante, mais parce qu'ils sont contraints à le faire, précisément par les contradictions de ces rapports sociaux.
  • En affirmant le primat de l'avenir et en montrant la possibilité, voire la nécessité, d'un dépassement du réel, la conception historique du marxisme s'oppose aussi bien au fatalisme qu'à un déterminisme mécaniste qui ne laisserait à l'homme que la passivité ou la soumission.

 

A lire :

G.-W. Friedrich Hegel, La Raison dans l'histoire, 1822 et 1828.

Karl Marx, Manifeste du parti communiste, 1848.

 

 

Le travail est-il aliénant ?

 

 



L'ambivalence du travail

 

Les travail est libérateur par essence

  • Le travail est libérateur puisqu'il a permis à l'espèce humaine de s'éloigner de son animalité originaire.
  • En outre, en transformant la nature, l'homme lui donne la forme de son intériorité et peut ainsi accéder à une certaine reconnaissance de lui-même dans ce monde qui porte sa marque.
  • Enfin, en créant quelque chose de stable en dehors de lui, il peut aussi surmonter son angoisse de la mort.

 

Mais ses formes concrètes sont aliénantes

  • Mais si le travail, dans son essence, est libérateur, il a revêtu, au cours de son histoire, des formes concrètes aliénantes : esclavage, servage, salariat.

 

Le profit : du travail exploité

 

La force de travail

  • Dans la société capitaliste, le travailleur est libre, mais il est aussi dénudé, ne possédant que sa force de travail. Il ne la vend pas une fois pour toutes, mais jour après jour, mois après mois. Le capitaliste achète la force de travail de l'ouvrier à son prix, autrement dit à sa juste valeur.

 

L'enrichissement sans limites

  • Le profit naît de ce que la quantité de travail que fournit la force de travail est toujours supérieure à celle qui est nécessaire à la production. Il résulte donc de la différence entre la valeur d'usage de la force de travail et sa valeur d'échange.
  • Le changement de valeur exprimée par la conversion de l'argent en marchandise et la reconversion de la même marchandise en plus d'argent, vient de l'utilisation par le capitaliste de la force de travail. Le profit est donc du travail exploité.

 

La division du travail

 

Elle contribue à l'aliénation du travailleur

  • La diminution de la journée de travail imposée par les luttes ouvrières a amené le capital à toujours pousser davantage la division du travail pour augmenter la productivité et maintenir ainsi son taux de profit.
  • La première forme de la division capitaliste du travail est la manufacture. Elle rassemble des artisans de métiers différents, travaillant ensemble à la fabrication d'un même objet. Les diverses opérations sont séparées et confiées chacune à un ouvrier spécialisé, ainsi confiné dans une tâche mécanique simple qui peut être apprise en quelques instants et exécutée rapidement avec l'habitude.

 

 

  • La manufacture entraîne la disparition du savoir-faire artisanal et la déqualification de la force de travil. L'ouvrier ne participe que de façon fragmentaire à la fabrication du produit. Le travail, réduit au maniement d'un outil fragmentaire, devient toujours plus mécanique jusqu'à ce que la machine remplace l'homme.

 

La technique dévalorise la force de travail

  • Dans la grande industrie, l'homme n'a plus qu'à surveiller la machine et en corriger les erreurs. La machine-outil permet une utilisation purement mécanique des outils. L'habileté manuelle encore requise dans la manufacture disparaît. La force de travail se dévalorise davantage, et le travail devient monotone.
  • L'intensité du travail augmente dans la mesure où le travailleur doit se plier au rythme imposé par la machine.

 

Le travail et la vie hors travail sont aliénés

 

Vers le travail forcé

  • Ainsi, dans la société capitaliste, le travail est aliéné. Vendu à autrui, exploité, il n'est plus pour le travailleur qu'un moyen de gagner sa vie.
  • Non seulement le travailleur n'a aucun droit de propriété sur le produit de son travail, mais aussi et surtout il est dépossédé réellement de son travail dans lequel « il ne s'affirme pas mais se nie, ne se sent pas à l'aise mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruines son esprit » (Marx, Le Capital, 1868). Le travail est donc du travail forcé.

 

L'aliénation de la vie

  • Mais c'est aussi la vie hors travail qui est aliénée : elle n'est plus que temps de repos. Manger, boire, procréer, dit Marx, sont certes des fonctions authentiquement humaines, mais « séparées abstraitement du reste du champ des activités humaines, et devenues ainsi la fin dernière et unique, elles sont bestiales » (op. cit.).
  • Toutefois, on peut penser que ces formes parcellaires et aliénées du travail ne sont, dans l'évolution de la production, que les mauvais côtés par lesquels des formes plus avancées du travail pourront se réaliser.

Le travail et la technique

 

 



Seul l'homme travaille

 

Le travail est spécifiquement humain

  • On n'a pas coutume de dire qu'un fleuve qui, par ses alluvions, forme un delta, ou

qu'un castor qui construit un barrage travaillent au sens propre du terme. Seul l'homme travaille.

 

Le travail : un acte entre l'homme et la nature

  • Dans Le Capital (1968), Marx montre comment l'homme joue à l'égard de la nature

 le rôle d'une puissance naturelle. Pour s'assimiler les matières en leur donnant une forme utile à la vie, l'homme use de ses forces physiques (bras et jambes, tête et mains). Il agit ainsi comme tout être vivant. Mais cette activité purement naturelle ne définit pas le travail.

 

L'outil est le moyen de travail

 

L'outil caractérise le travail humain

  • Le travail humain se différencie de la simple transformation naturelle ou encore de la

 prise de possession de moyens de subsistance tout trouvés (la cueillette de fruits, par exemple) par l'utilisation d'outils.

 

L'outil : signe distinctif de l'espèce humaine

  • L'outil est l'intermédiaire entre l'homme et la nature, un prolongement du corps

 anatomique. A la différence des animaux, les hommes ne sont plus tributaires de leur capacité organique.

  • Dans la production, dit Marx, le travailleur « convertit des objets extérieurs en

 organes de sa propre activité, organes qu'il ajoute aux siens de manière à prolonger son corps » (Le Capital).

 

Caractéristiques du travail humain

 

Le travail est une activité consciente

  • L'oiseau qui bâtit son nid transforme la nature en utilisant ses organes naturels et agit

 par instinct. Chez l'homme, l'outil intervient comme moyen : la production est donc consciente. L'usage des outils, des techniques doit être intellectuellement conçu.

  • « Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte,  

dit Marx, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche » (ibid.). Le résultat auquel le travail aboutit préexiste dans l'imagination du travailleur.

 

Le travail est une activité pénible

  • En tant que consciente, l'activité du travailleur est déterminée par un but à atteindre.
  • L'œuvre, dit Marx, « exige pendant toute sa durée, outre l'effort des organes qui

 agissent, une attention soutenue, laquelle ne peut elle-même résulter que d'une tension constante de la volonté » (ibid.). C'est pourquoi le travail est pénible.

 

Le degré d'évolution du travail est déterminé par la technique

 

Le travail comme transformation consciente de la nature

  • Le travail peut donc se définir comme la transformation consciente de la nature par

 l'intermédiaire d'outils.

  • Objet fabriqué, l'outil est une médiation : « Le travailleur s'empare immédiatement

non pas de l'objet mais du moyen de son travail « (ibid.).

 

L'importance de la technique

  • Cette médiation introduit une autre dimension dans la production : la technique. Non

 seulement le travailleur peut se servir des propriétés physiques des choses pour « les faire agir comme forces sur d'autres choses », mais il peut aussi fabriquer des machines, des ateliers, etc.

  • « Ce qui distingue une époque économique d'une autre, c'est moins ce que l'on

 fabrique que les moyens par lesquels on fabrique » (ibid.). Le facteur technique détermine le degré d'évolution du travail.

 

La diversification du travail

 

Le travail : une définition élargie

  • Avec le développement des techniques, le travail matériel apparaît de plus en plus

 comme l'application des lois découvertes par l'activité de la pensée.

  • La complication et la division croissante du travail exigent une organisation, une

direction de plus en plus précises. Si bien que la notion de travail ne recouvre pas seulement le travail manuel, mais aussi le travail intellectuel, d'organisation, de direction.

 

Seul le travail manuel est productif

  • Seul ce travail peut-être mesuré économiquement en valeur ajoutée. Le travail d'un

 ingénieur, d'un avocat, d'un professeur ne produit rien : la modification de la réalité qu'il opère ne fait pas exister un autre être.

 

 

A lire : Karl Marx, Manuscrits de 1844, 1844 : premier manuscrit, « Le travail aliéné ».

 



Stanley Milgram, le test de la banalité du mal

Menée de 1960 à 1963, l'expérience eut un retentissement exceptionnel.

par Eric Aeschimann

samedi 25 avril 2009

tag : science

L'expérience de Milgram fut réalisée entre 1960 et 1963 aux Etats-Unis. En 1960, Adolf Eichmann est capturé par Israël, il est pendu en 1962 et l'année suivante, la philosophe américaine Hannah Arendt publie son compte rendu du procès, sous-titré Rapport sur la banalité du mal, écrit pour le New Yorker. Lorsqu'en 1974, Stanley Milgram tire le bilan de son expérience dans son livre Soumission à l'autorité, il se réfère fréquemment au procès Eichmann et la thèse d'Hannah Arendt. Si l'expérience Milgram fut un test de psychosociologie au retentissement exceptionnel, elle a été également une façon, pour la conscience occidentale après Auschwitz, de se demander comment des hommes ordinaires avaient pu commettre de tels crimes.

Dans Panique morale (1), le philosophe français Ruwen Ogien a examiné les réponses apportées par deux historiens de la Shoah. Le premier, Christopher Browning, auteur de Des hommes ordinaires, paru en 1992, fait référence à l'expérience de Milgram et, analysant le profil psychologique d'un bataillon de policiers nazis, en conclut qu'ils avaient des croyances ordinaires et que le mal naîtrait de la soumission à l'autorité et du conformisme de groupe. Or, pour Ogien, c'est là une lecture réductrice de l'expérience de Milgram : en effet, il suffisait d'introduire quelques variations pour faire élever considérablement le taux de refus des « candidats » (à qui l'on demandait de déclencher les chocs électriques) : par exemple, la présence d'autres personnes qui encourageaient à ne pas obéir, ou des détails alimentant la méfiance à l'égard de celui qui donnait des ordres, comme une blouse tachée, une façon trop familière de parler. Parler de soumission à l'autorité serait donc erroné. A contrario, les Bourreaux volontaires d'Hitler (1996) de Daniel Goldhagen, montrerait que les tueurs nazis n'étaient en rien des hommes ordinaires et notamment qu'ils étaient mus par la conviction qu'il fallait exterminer les Juifs.

Le philosophe Michel Terestchenko, qui a écrit Un si fragile vernis d'humanité ( 2), souligne un autre aspect : « Si les sujets de Milgram obéissaient, ils souffraient aussi : ils transpiraient, se montraient nerveux. Ce ne sont pas des robots, ils ne ressemblent en rien à Eichmann. » Ce qui ne les empêchait pas, si tiraillés qu'ils soient, de résoudre leur dilemme entre conscience et autorité au profit de cette dernière, « à condition que celle-ci soit légitime ». La « banalité du mal », ce serait donc la propension d'une majorité d'individus à accepter, dans des circonstances précises, de commettre des actes maléfiques.

(1) Grasset, 2004. (2) La Découverte-Poche, 2007.






-



LE LANGAGE

"Nous parlons sans cesse, même quand nous ne proférons aucun parole" Heidegger

 

"La parole a beaucoup plus de force pour persuader que l'écriture" Descartes

 

Qui dit homme dit langage, et qui dit langage dit société. Claude Lévi-Strauss

 

"Le langage est la maison de l'être", Heidegger

 

"Le langage est le premier degré de l'effort vers la science" Nietzsche

 

« La fonction du langage n'est pas d'informer, mais d'évoquer ». Lacan, Jacques

 

 

 

La TECHNIQUE ET LE TRAVAIL

Par la technique, l'homme se rend « comme maître et possesseur de la nature" Descartes

 

Le travail est l'aliment des âmes nobles. Sénèque

 

"le travail est une police sociale" Nietzsche

 

"Nous rendre comme maître et possesseur de la nature" Descartes

 

"le résultat auquel aboutit le travail, préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur" Marx

 

"On ne triomphe de la nature qu'en lui obéissant" Bacon

 

« Le travail produit l'ouvrier en tant que marchandise ». Karl Marx 

 

 

 

LA RELIGION

"La religion est l'opium du peuple" Marx

 

"Il faut que nous naissions coupables, ou Dieu serait injuste" Pascal

 

"Ôtez la crainte de l'enfer à un chrétien, et vous lui ôterez sa croyance" Diderot

 

"C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c'est la foi, Dieu sensible au coeur, non à la raison" Pascal

 

"Le coeur a ses raisons, que la raison ne connaît point" Pascal

 

« L'obéissance au devoir est une résistance à soi-même. » Bergson,

 

"Crois et tu comprendras; la foi précède, l'intelligence suit" Saint Augustin

 

« La religion est un monde de pure fiction » Nietzsche

L'HISTOIRE

"Nul ne sait ce qui deviendra encore de l'histoire" Nietzsche

 

« L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire des luttes de classes... » Marx

 

« Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre » Marx, Karl

 

"L'histoire traite presque exclusivement de ces hommes mauvais qui, plus tard, ont été appelés bons !" Nietzsche

 

« Ce n'est pas l'histoire, mais l'art qui exprime la vraie vie » Nietzsche

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