Lorsqu'on considère un objet fabriqué, comme par exemple un livre ou un coupe-papier, cet objet a été fabriqué par un artisan qui s'est inspiré d'un concept; il s'est référé au concept de coupe-papier, et également à une technique de production préalable qui fait partie du concept, et qui est au fond une recette. Ainsi, le coupe-papier est à la fois un objet qui se produit d'une certaine manière et qui, d'autre part, a une utilité définie, et on ne peut pas supposer un homme qui produirait un coupe-papier sans savoir à quoi l'objet va servir. Nous dirons donc que, pour le coupe-papier, l'essence — c'est-à-dire l'ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir — précède l'existence; et ainsi la présence, en face de moi, de tel coupe-papier ou de tel livre est déterminée. Nous avons donc là une vision technique du monde, dans laquelle on peut dire que la production précède l'existence. [...]
L'existentialisme athée, que je représente, [...] déclare que si Dieu n'existe pas, il y a au moins un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c'est l'homme ou, comme dit Heidegger, la réalité-humaine1. Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme, tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme. [...]
Nous voulons dire que l'homme existe d'abord, c'est-à-dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l'avenir. L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur; rien n'existe préalablement à ce projet; rien n'est au ciel intelligible2, et l'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être.
1 - Réalité-humaine : traduit l'allemand Dasein (littéralement «être-là»), qui désigne le mode d'existence de l'homme, en tant que ce qu'il est reste en projet.
2 - Au ciel intelligible : dans le ciel des Idées, où résident, selon Platon, les essences de toutes choses.
L'existentialisme est un humanisme (1946),
 
Perfectibilité

Capacité qu'a l'homme de progresser moralement et intellectuellement - progression qui, toutefois, n'est pas garantie.
La notion de perfectibilité se construit au XVIIIe siècle, dans le cadre de la philosophie des Lumières. Elle suppose que l'espèce humaine n'est pas achevée, qu'elle doit réaliser sa nature morale dans l'histoire et grâce à l'éducation ( Kant ). Pour Rousseau, la perfectibilité est ( avec la liberté ) le trait distinctif qui sépare l'homme des autres animaux. Mais, d'après l'auteur de l'Émile, la perfectibilité de l'homme n'implique pas nécessairement que celui-ci devienne progressivement plus parfait. Elle explique même la capacité de la nature humaine à se dépraver - ce qu'elle a fait au contact de la civilisation. Contrairement à l'optimisme historique dominant en général la philosophie des Lumières, Rousseau dissocie la perfectibilité de l'idée de progrès. Loin de faire de l'histoire, comme chez Kant, l'éducatrice du genre humain, le concept de perfectibilité signifie pour Rousseau la faculté que l'homme possède de devenir, de changer sa manière d'être, en bien ( ce qu'il aurait pu faire ) ou en mal ( ce qu’il a fait).
 
L'existence précède l'essence

Qu'entend-on par l'existence précède l'essence ? Selon Sartre, cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après.
Pour mieux comprendre cette affirmation, nous nous pencherons sur quelques aspects de l'existentialisme.
Jean-Paul Sartre définit l'existentialisme comme étant une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine. Selon lui, il y a deux types d'existentialiste: les existentialistes chrétiens et les existentialistes athées. Jean-Paul Sartre se conçoit comme étant un représentant de l'existentialisme athée. Ce que les deux types ont en commun, c'est simplement le fait que l'existence précède l'essence. L'homme est d'abord dans l'univers où il imprime sa marque et se construit librement. Le vécu précède le résultat.
Revenons à notre définition de Sartre qui dit: que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. Selon la conception existentialiste de l'homme, l'homme, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.
Pour mieux comprendre la notion de l'existence précède l'essence, nous verrons la théorie contraire soit l'essence précède l'existence.
L'essence précède l'existence est une théorie complètement à l'opposée de celle vue un peu plus tôt. Cette dernière affirme que l'homme ne peut exister sans avoir préalablement été conceptualisé. Ainsi, l'idée de création de quelque chose doit venir avant même son existence. Cette théorie va complètement à l'encontre de la vision de Sartre, un existentialiste athée.

Aliénation du travail
 
1. L’ouvrier est d’abord aliéné par rapport au produit de son travail dont il est dépossédé après l’avoir fabriqué. Il est extérieur à l’objet qui est approprié par le capitaliste. Or celui-ci en produisant le capital va permettre d’acheter la force de travail de l’ouvrier.
2. L’ouvrier est aliéné par rapport à l’activité de travail elle-même. Il ne contrôle pas le processus de production, il ne produit plus les objets entiers. Ce travail " ruine son esprit et meurtrit son corps ".
3. Il est aliéné par rapport au genre humain. En théorie, l’homme ne produit pas seulement pour satisfaire ses besoins mais aussi pour se réaliser. Or, avec le travail salarié, l’homme ne produit que pour satisfaire ses besoins. L’homme trouve donc sa satisfaction dans les activités animales.
4. L’ouvrier est aliéné par rapport aux autres hommes. Le capitaliste ne voit en lui qu’un moyen pour augmenter sa plus-value et il est en concurrence avec les autres ouvriers sur le marché du travail.
C'est cela que l'on appelle l'aliénation du travail, l'homme se trouve devant le produit de son travail comme devant une réalité qui lui est étrangère, le travail n'est pas pour lui une activité grâce à laquelle il s'épanouit et se réalise, mais uniquement une contrainte nécessaire pour pouvoir survivre dans la société.
L'une des conséquences la plus manifeste du travail aliéné, c'est que la plupart des hommes travaillent uniquement en vue du seul gain sans pour autant tirer une réelle satisfaction de l'exercice même de leur activité professionnelle.
Cela-dit cette forme d'aliénation pourrait aller en diminuant du fait de l'automatisation et de la robotisation, qui entraînent une réduction des tâches les plus ingrates et les plus répétitives au profit d'activités plus valorisantes de maintenance des machines et de gestion des entreprises. De plus les cadres qui ont en charge les ressources humaines prennent de plus en plus conscience que la qualité des produits du travail est meilleure lorsque les producteurs se sentent responsables de leur activité et se reconnaissent dans son résultat.
Il n'empêche que souvent l'impératif de rentabilité poussé à l'excès conduit l'employé à perdre de vue l'intérêt qu'il peut avoir pour son travail et à tomber dans une nouvelle forme d'aliénation.
Aujourd'hui le travail peut-il avoir bonne presse ?
Qu'est-ce qui caractérise le travail chez nous ? Culpabilité et fatalité : " Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ". C'est la punition à la suite du pêché d'Adam. Il semble qu'il s'agisse d'une fatalité inexorable.
C'est une idée que l'on entend aujourd'hui ici ou là. Les SDF, les chômeurs sont parfois montrés du doigt comme s'il y avait de la dignité pour ceux qui travaillent, et de l'indignité pour les autres.
L'idée de contrat : Le contrat de travail est une convention par laquelle une personne s'engage à mettre son activité à la disposition d'une autre, sous la subordination, le contrôle et l'autorité de laquelle elle se place, moyennant une rémunération. La subordination est donc au cœur du travail salarié.
Le travail, une sorte de puzzle : Chacun a souvent le sentiment d'être un rouage dans un système. Le travail est morcelé, il est donc difficile d'en avoir une vision globale. Le producteur de légumes a sûrement du mal à retrouver ses produits dans les supermarchés….
La finalité : Le but c'est l'enrichissement matériel et financier. On s'interroge rarement sur l'œuvre, le produit, sur le sens et l'utilité de ce produit. L'être humain devient un simple exécutant, un moyen, une pièce interchangeable d'une vaste machine… qui n'a aucune maîtrise du produit final. Il s'agit de produire et de consommer … produire et consommer pour l'argent, pour le profit. Négation apparente de l'utilité de chacun… Le travail est au service d'une autre fin que lui-même.
Comment définir ce concept ?
L'homme produit lui-même ses conditions d'existence parce qu'elles ne sont pas immédiatement présentes dans la nature. On peut donc dire que le travail existe parce qu'il nous faut transformer la nature pour l'adapter à nos besoins.
Ce qui nous donne une première définition du travail : il y a travail partout où on rencontre une activité de transformation de ce qui est donné, que ce donné soit brut ou naturel ou qu'il soit déjà élaboré. Transformation qui s'effectue en vue de la satisfaction d'un besoin ou d'une exigence.
A partir de cette analyse, on peut comprendre que le travail soit méprisé, ou du moins jugé comme moins important que le reste.
En effet, comment concilier la subordination avec l'autonomie et l'épanouissement ? Comment concilier argent, exploitation et épanouissement ?
Notre façon d'aborder le concept de travail est peut-être à remettre en cause. Cette façon de penser, de vivre le travail, considéré comme une marchandise comme les autres, cette attitude consumériste du 21ième siècle est peut-être une idée toute faite mais une idée qui vient du fond des âges.
Les Grecs et les Romains distinguaient deux formes de travail : l'œuvre et le travail. Le travail, méprisé, car il désignait des activités effectuées sous la dépendance d'un autre. " Leur salaire est le prix d'une servitude " écrit Cicéron. Sont méprisables aussi les gains de ceux dont ce sont les travaux et non les talents qui sont payés. Par contre le loisir est valorisé.
Au Moyen Age, œuvre et travail seront confondus et le loisir, synonyme de paresse, condamné. Je ne m'attarderai pas sur les inscriptions figurant sur les portails d'accès aux camps de concentration nazis " Arbeit macht frei " (le travail rend libre).
Aujourd'hui les loisirs sont valorisés, le travail est méprisé car il désigne des activités effectuées, peut-être moins sous la dépendance d'un autre que sous la dépendance d'un système.
Quant à l'œuvre, comme le dit Hannah Arendt : " il ne reste plus que quelques solitaires pour considérer ce qu'ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie ".
Quelques points de vue diffèrent : Le travail est un facteur d'équilibre individuel et d'épanouissement psychologique, car il assure l'insertion de l'homme dans la réalité. En tant qu'activité créatrice, le travail apparaît ainsi comme une dimension spécifiquement humaine: c'est par lui que l'homme est capable de transformer la nature et, par-là, de se transformer lui-même; c'est par lui enfin, qu'échappant à l'animalité, il entre dans l'Histoire. " G. Friedmann.
Comment trancher ? Le travail : un ennui, une charge, un handicap, une fatalité ? Une valeur ? "C'est l'avènement de l'automatisation qui, en quelques décennies, probablement videra les usines et libérera l'humanité de son fardeau le plus ancien et le plus naturel, le fardeau du travail ; l'asservissement à la nécessité " écrit Hannah Arendt.
Faut-il trancher ? Faut-il mettre le travail sur un fond blanc ? Sur un fond noir ?
Rappelons la définition donnée précédemment : il y a travail partout où on rencontre une activité de transformation de ce qui est donné, que ce donné soit brut ou naturel ou qu'il soit déjà élaboré. Transformation qui s'effectue en vue de la satisfaction d'un besoin ou d'une exigence.
Illustrons cette définition de quelques exemples : Faire de la confiture pendant les vacances, laver la vaisselle, tricoter, vider les poubelles, faire du vélo, lire un livre, jouer au théâtre, transmettre un savoir, éduquer, construire une maison, réparer une machine à laver, soigner, …. Que du travail ! il y a partout une transformation d'objet ou d'être humain qui sont différents après l'action, même quand je lis un livre, transformation en vue de la satisfaction d'un besoin ou d'une exigence… Si j'avais cherché à regrouper ces éléments en deux catégories, d'un côté Loisir de l'autre Travail, les réponses auraient été différentes.
Il me semble donc que le problème, si problème il y a, est dans notre façon de voir le monde.
Le travail nous permet de rester en contact avec le réel.
Travail soit, mais comme le dit un proverbe chinois : " Il est un temps pour aller à la pêche et un temps pour faire sécher ses filets. "
A nous peut-être " de prendre le temps de faire sécher nos filets c'est-à-dire, avoir le temps de se recentrer, se ressourcer, goûter des instants de paresse, laisser la terre se reposer comme font les bons jardiniers, ne rien planter pour qu'elle s'amende afin que les prochaines cultures soient plus abondantes. "
Travailler sur soi
Je terminerai par un autre travail qui dit-on conduit vers plus de sagesse, plus d'humanité : le travail sur soi. L'expression " travailler sur soi " qui sous tend implicitement l'idée d'une transformation de soi répond aux critères évoqués plus haut : dégager l'essentiel de soi-même, repérer les imperfections de l'esprit et du cœur, les préjugés, les certitudes arrogantes, l'agressivité blessante, les affirmations intolérantes, les idées arrêtées (tiens !) les a priori fermés (tiens, tiens !), les parti-pris. Les repérer et les faire évoluer. Essayer d'abandonner des certitudes péremptoires sans pour autant supprimer toute conviction, remettre en cause pour mieux voir mais pas détruire à tout va.
En conclusion, il me semble que certaines idées reçues sur le travail nous amènent à catégoriser nos actions selon une dichotomie travail loisir, dichotomie qui ne peut entraîner que de la frustration. Le travail sur soi doit pouvoir nous aider à dépasser cette dualité.
 
Voici un article repéré dans le journal La Croix, concernant le rapport entre le travail et le loisir. Même si on peut ne pas partager l'arrière-plan religieux de cette analyse, force est de constater que, face à la demande de plus en plus pressante d'ouverture des commerces le dimanche, on ne peut que s'interroger: qu'en est-il du repos dominical? Et du respect de la vie de famille? Enfin, quel culte étrange que celui du veau d'or...! S'il faut commercer, ne serait-ce pas davantage avec des mots qu'avec des choses,  en dialoguant plutôt qu'en poussant fébrilement un caddie ?

http://www.la-croix.com/livres/article.jsp?docId=2317079&rubId=43500
L'humanité, pour prendre conscience d'elle-même, ne peut le faire qu'à partir de ce qui n'est pas elle, que ce soit la matière inerte, les autres êtres vivants ou Dieu. Encore faut-il qu'elle puisse se reconnaître dans sa différence même, ce qui semble difficile avec la matière inerte, délicat avec las autres êtres vivants, même ceux qui sont proches de nous, comme les chimpanzés, parce que nous les connaissons encore bien mal, enfin hypothétique en ce qui concerne Dieu, puisque c'est suspendu à la connaissance que nous en avons ou tout simplement à la réalité de son existence même....D'où le regard des scientifiques tourné vers l'univers et les preuves d'une possibilité de vie sur d'autres planètes que la nôtre, en dehors de notre système solaire.
 Un article du Monde dont voici les coordonnées:


http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-974184@51-966673,0.html

évoque ce vertigineux voyage.  Larguez les amarres...
Voici quelques définitions qui vous seront utiles pendant que nous traiterons de l'Art.

Art : (etym : ars, artis, talent, savoir-faire,   traduction du grec technè,  technique, savoir-faire) 1) Sens  premier : ensemble de techniques ou  de procédés visant un résultat pratique, en particulier dans le cadre d'un métier 2) Sens usuel : Activité ayant en général pour fin de produire de belles apparences, ou bien comportant sa fin en elle-même  comme la danse par exemple 3) Système des beaux-arts comprenant les  arts plastiques ( architecture, sculpture, peinture) et les arts musicaux (musique, danse, poésie) 4) Chez Aristote :  Création de formes et manifestation de liberté de  l'homme qui intervient dans le cours de la nature dans  la mesure où celui-ci laisse une place  à la contingence et au hasard 5) Selon Kant :  Activité autonome   visant  la création de formes et d'œuvres  d'autant plus belles (suscitant un plaisir esthétique) qu'elles ne sont subordonnées à aucune fin préétablie.  L'artiste de génie " donne des règles à l'art " contrairement à l'artiste académique qui s'inscrit dans un cadre préexistant. 6) Selon Hegel : Manifestation sensible de l'Idée, l'art désigne un mode d'expression de l'absolu  qui  révèle la vérité mais  à travers les apparences (" l'apparence est un  moment essentiel de l'essence "). En tant que forme éminente de la conscience, l'art est destiné à disparaître pour être remplacée par la religion et la philosophie. 7) Pour la sociologie contemporaine, l'art recouvre toutes les activités reconnues       (cf " art vivant ") et approuvées par des institutions qualifiées, et (ou) qui suscitent un large consensus social.

Esthétique :  (etym : aisthétikos, qui peut être perçu par les sens) Terme inventé  vers 1750 pour désigner une " science des sentiments ", puis une " science du beau "  Substantif 1) Sens usuel : théorie de l'art et des conditions du beau 2) Chez Kant : qui concerne le beau sensible. Les jugements esthétiques sont soit empiriques soit purs.  Les premiers expriment ce qu'il y a, dans une représentation, d'agréable ou de désagréable. Seuls les seconds, qui portent sur la forme, et qui ne s'appuient pas sur des concepts,  sont, à proprement parler des jugements de goût : " le beau est ce qui plaît universellement et sans concept " 3) Chez Hegel :  philosophie des beaux-arts qui prend pour objet le " vaste empire du beau ", conçu comme " manifestation de l'esprit sous une forme sensible ".
Adjectif : désigne tout ce qui suscite un sentiment mélangé de plaisir et d'admiration, sentiment généralement rapporté au beau, mais pas toujours.  L'art contemporain se définit par  la recherche d'une écriture,  par l'émergence d'un style et  d'une vision,  ou même  par l'invention d'un geste  ou d'un dispositif  original, et non plus par le souci de  célébrer et de magnifier la nature ou de dévoiler la spiritualité inhérente aux productions des hommes.

Œuvre :  (etym : latin opus, " activité ", " œuvre ") 1) Sens ordinaire : activité ou produit du travail humain 2) Esthétique : ensemble organisé de matériaux et de symboles mis en formes par un ou plusieurs artistes, artisans et exécutants (ex : les cathédrales) 3) Chez Hegel : les œuvres sont des manifestations sensibles de l'Idée, c'est-à-dire du " divin " au sens philosophique de ce terme.  Les œuvres  d'art expriment  un contenu spirituel, mais ce contenu n'est jamais dissociable de la forme sensible qui le manifeste 4) Chez Hannah Arendt :  l'œuvre est opposée à la production ordinaire.  Tandis que le travail nous soumet, en règle générale,  à l'empire de la nécessité (nous travaillons pour consommer le produit de notre travail) l'activité artistique nous en  libère en nous arrachant au cycle ininterrompu de la production/consommation.  Les œuvres ne sont pas consommées ; elles existent pour durer, comme en témoigne leur longévité.

Formes symboliques (Etym :  latin : forma, " forme " et  grec   sumbolon,  objet coupé en deux qui servait de signe de reconnaissance). Notion courante dans le domaine  esthétique, qui a été  théorisée plus particulièrement par le  philosophe allemand Ernst  Cassirer  (La philosophie des formes symboliques 1923-1929). Chez Paul Ricoeur et Ernst Cassirer, les formes symboliques sont l'ensemble des productions signifiantes,que ce soit des institutions ou des œuvres ( langage, mythes, récits historiques,cérémonies, dispositifs religieux, œuvres d'art...) qui structurent  le monde et lui donnent une (ou des) significations déterminées. Ces formations " font partie d'un processus vivant " mais la conscience fixe dans ces processus certains points d'arrêt et de repos : " ainsi la conscience préserve en eux le flux perpétuel qui les caractérise ; mais ce flux ne se perd pas dans l'indéterminé, il s'articule autour de certains centres formels et sémantiques " (La philosophie des formes symboliques 1 Le  langage, introduction)

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