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Dimanche 4 mai 2008

Conseils pour le bac

La conscience
Réfléchir sur l'identité individuelle ne doit pas mener à l'exaltation effrénée d'une singularité conçue comme solitaire : tout individu vit en société, et il convient de ne pas sous-estimer l'importance des relations sociales dans la constitution de l'individu.

L'inconscient
Les questions relatives à l'inconscient ne nécessitent pas que vous fassiez étalage de tout ce que vous pouvez connaître des théories de Freud : pensez à sélectionner ce qui est nécessaire au traitement rigoureux de la question.

On peut sans doute caractériser l'être humain (ne serait-ce qu'en l'opposant à l'animal) par la présence, en lui, de la conscience. Mais cette conscience résulte d'une histoire : elle était probablement absente de l'homme originel. N'oubliez pas que Marx la considère comme un épiphénomène, et que de son point de vue, c'est le travail qui définit d'abord l'être humain et le sépare de l'animal.

Autrui
Il peut être utile de distinguer l'autre, les autres et autrui, ne serait-ce que pour souligner la dimension implicitement morale du dernier terme, et rappeler que cette dimension n'apparaît sans doute pas spontanément.

Le désir
Il y a une ambiguïté dans le désir : il cherche la satisfaction, mais il la refuse comme définitive en renaissant à propos d'un autre but. Ne l'oubliez pas; et ne ramenez pas le désir à un simple "manque".

Le temps
Évoquer conceptuellement le temps est difficile : il n'est pas une sorte de chose, mais il n'est pas davantage une idée ou une représentation. Il appartient en fait à la "réalité", et ce sont les conceptions culturelles (géographiques et historiques - jusque dans ses différentes interprétations scientifiques) qui en fournissent des versions variables.

par lenuki publié dans : le sujet
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Dimanche 4 mai 2008

La curiosité cosmopolite

LE MONDE DES LIVRES | 24.04.08 | 17h23  •  Mis à jour le 24.04.08 | 17h23

 

Si le choc des cultures a pris une telle ampleur, c'est pour deux raisons évidentes : la fin du conflit Est-Ouest, qui a ravivé d'autres affrontements, ethniques, religieux ou culturels, et les mouvements migratoires, qui amènent des populations très différentes à partager les mêmes espaces urbains. Identité nationale et identité culturelle ne se confondent plus.

Mais la nouveauté ne s'arrête pas là. Désormais, chacun de nous gère plusieurs identités. Un Français qui n'a jamais quitté sa province peut manger libanais, adorer la musique anglo-saxonne, pratiquer l'aïkido ou le kung-fu... La pureté culturelle n'a jamais été aussi illusoire. Peu ou prou, nous sommes tous devenus pluriels.

Comment les politiques culturelles des Etats s'adaptent-elles à cette diversité ? C'est le thème d'un livre collectif, qui a le mérite de réunir d'excellents spécialistes et de confronter diverses expériences nationales. Lluis Bonet et Emmanuel Négrier, qui l'ont dirigé, analysent les trois concepts autour desquels tournent les débats.

L'exception culturelle, d'abord : elle consiste à exclure les biens culturels des logiques du marché, pour échapper à la standardisation. En clair, pour lutter contre l'hégémonie anglo-saxonne. Avec l'idée que "le libre-échange tue l'échange". Mais cette politique, souvent conçue comme étant du ressort exclusif des Etats-nations, ne postule pas le respect des expressions régionales ou ethniques.

Deuxième concept : le multiculturalisme. Né dans les années 1970 en Amérique du Nord, il prend le contrepied des politiques assimilationnistes. C'est la volonté de respecter les différentes cultures qui coexistent au sein d'un territoire donné, en leur accordant une valeur égale. Mais comment éviter de basculer dans le communautarisme ?

La troisième notion, la plus récente, est celle de diversité culturelle. Selon la manière dont on l'apprécie, elle est très proche de l'exception culturelle... ou son exact opposé. Très proche, si on y voit une résistance à la standardisation ; mais très opposée si c'est une défense des minorités. Le concept a été adopté par l'Unesco et le Conseil de l'Europe, tout en inspirant le projet de Constitution européenne. Son ambivalence explique en partie son succès, remarquent Lluis Bonet et Emmanuel Négrier. Ce compromis a le mérite, en effet, d'offrir un cadre commun aux discussions. En apparence, chaque pays européen gère la diversité culturelle selon ses traditions historiques. Mais ils sont tous logés à la même enseigne : débordés par le haut, avec la globalisation ou la construction européenne ; et par le bas, avec la décentralisation. Rien n'est figé. Des velléités centralisatrices émergent au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Allemagne, alors que la France, par exemple, se montre moins jacobine : elle combine un universalisme théorique et un différencialisme pratique, en bricolant, au niveau local, un vague système multiculturel.

Pour Kwame Appiah, la diversité culturelle n'est pas un concept théorique. De père africain et de mère anglaise, il a passé sa jeunesse au Ghana, avant d'étudier à Cambridge, puis d'enseigner la philosophie à Princeton. Dans le pays de son enfance, "les chrétiens, les musulmans et les adeptes des religions traditionnelles vivaient ensemble dans l'acceptation des différences".

Comment vivre ensemble à l'ère de la mondialisation ? Par une attitude et une curiosité cosmopolites, affirme le philosophe. En Grèce antique, on désignait ainsi le "citoyen du cosmos", par opposition à l'idée selon laquelle toute personne civilisée appartenait à une polis donnée, une communauté particulière, différente des autres.

Le cosmopolitisme repose sur deux axiomes : l'universalisme et le respect de la différence, étant entendu qu'ils peuvent entrer en conflit. Hitler comme Staline vomissaient les cosmopolites, ces gens sans feu ni lieu, qui ne pouvaient être assimilés ni à une race ni à une classe. Il existe aujourd'hui des "contre-cosmopolites" - par exemple des intégristes religieux - qui ne laissent aucune place au doute et pratiquent un universalisme négatif, sans tolérance. Rejoignez-nous, disent-ils, et nous serons tous frères et soeurs...

Si les sociétés humaines ont fini par beaucoup se ressembler, elles divergent sur certaines valeurs ou ne leur accordent pas la même importance, constate Kwame Appiah. Mais "nous pouvons vivre ensemble sans être d'accord sur les valeurs". A l'inverse, nous pouvons nous entretuer, tout en partageant les mêmes principes. Les conflits les plus véhéments - sur l'avortement, par exemple - ne se nouent-ils pas autour de la signification qu'il faut attribuer à des valeurs identiques ?

"C'est mon peuple - le peuple des êtres humains - qui a construit la Grande Muraille de Chine, la tour Chrysler, la chapelle Sixtine", affirme Kwame Appiah, ajoutant : "Ce sont les pratiques et non les principes qui nous permettent de vivre ensemble en paix. (...) La communication transculturelle n'est immensément difficile qu'en théorie."

"Transculturel" est justement le maître-mot de Claude Grunitzky. Noir, togolais, titulaire d'un passeport français, il porte le nom de son arrière-grand-père polonais. Après avoir lancé à Londres le magazine Trace, qui avait pour vocation de "promouvoir les valeurs du cosmopolitisme urbain", il a lancé la chaîne Trace TV et s'est installé à New York, "véritable centre du monde".

"BARRIÈRES DE L'IDENTITÉ FIXE"

Le transculturalisme, affirme-t-il, permet d'explorer les identités des autres, sans pour autant perdre les spécificités de sa culture natale. C'est "échapper joyeusement aux barrières de l'identité fixe, être à la fois soi-même et un autre". Le livre collectif qu'il a dirigé est à son image : débraillé, un peu fourre-tout, mêlant des réflexions, des interviews, des témoignages et des photos, pour "décoder les nouvelles énergies qui traversent la planète".

La conclusion est rédigée par un chercheur reconnu, Patrick Weil, qui pose une question centrale : "Est-il possible de lutter contre les discriminations sans mettre en cause la cohésion culturelle, le sentiment d'appartenance commune, sans créer des divisions raciales ou ethniques, sans affecter et enfermer les individus dans un groupe ethnique ou religieux contre leur gré ?" Réponse : "Non, si l'on considère la société comme une addition de groupes différents et séparés, vivant côte à côte, une société multiculturelle. Oui, si l'on respecte les individus tels qu'ils sont, avec des identités métissées, des identifications multiples entre lesquelles ils circulent..."

Dans la pratique, ce n'est pas aussi simple, comme l'illustre un témoignage saisissant de Linda Bator Lo, une métisse nomade qui n'a pu se sentir chez elle dans aucun pays : "Toute ma vie, j'ai regretté de ne pouvoir me reconnaître, à la fois culturellement, physiquement et mentalement, dans une nation à part entière." Elle a fini par trouver une certaine sérénité à New York : "Dans cette ville où chacun est immigré, je n'ai plus à dissimuler ou à atténuer mes différences, mais plutôt à les mettre en valeur pour mieux m'affirmer et me faire reconnaître." Mais quel calvaire pour arriver jusque-là ! Quoi qu'on dise, le cosmopolitisme ne va pas de soi.


 

La fin des cultures nationales, sous la direction de Lluis Bonet et Emmanuel Négrier
La Découverte, 230 p., 22 €.

Pour un nouveau cosmopolitisme, de Kwame Appiah
Ed. Odile Jacob, 262 p., 25,50 €.

Transculturalismes, sous la direction de Claude Grunitzky
Grasset, 210 p. illustrées, 21 €.

 

par lenuki publié dans : Sciences politiques
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Dimanche 4 mai 2008

Vérité : fiche récapitulative

 


Vérité
  (etym : latin veritas, de verus, vrai) 1) Sens courant : caractère de conformité d'un discours, d'une proposition, d'une thèse ou d'une représentation quelconque, à la réalité. 2) Philosophie : 1)  Saint Thomas et scolastique : c'est " l'adéquation (ou conformité) de la chose avec l'intelligence ".  Cette conception est aujourd'hui,  en gros,  celle qui a été retenue par le  sens commun 2) Acception générale : caractère des jugements auxquels on ne peut qu'accorder son assentiment, c'est-à-dire  qui s'imposent à tous les esprits, et qui fondent et sollicitent l'accord de tous les hommes de bonne foi. Les philosophes, en accord sur ce point , à nouveau, avec le sens commun, retiennent trois types de critères permettant de contrôler ou de reconnaître la vérité : l'évidence pour les vérités premières (axiome), la démonstration ou le caractère démontrable, pour les propositions et les  théories, et la vérifiabilité  (confrontation concluante avec les données expérimentales) pour tout ce qui a trait à  l'expérience. 3) Epistémologie :  correspondance de l'hypothèse ou de  telle ou telle proposition  avec les données observables,  et cohérence de cette hypothèse avec l'ensemble de la théorie scientifique concernée. Pour le philosophe Karl Popper, toute théorie scientifique est falsifiable, c'est-à-dire qu'elle risque toujours d'être invalidée, au moins partiellement, par des faits nouveaux qui la contrediraient. 4) Logique : accord de la pensée avec elle-même. Toutefois, la " vérité "  logique, dite aussi validité, ou vérité formelle, n'est qu'une condition de possibilité de la vérité. La logique ne peut rien nous apprendre sur les choses elles-mêmes, c'est-à-dire sur la vérité " matérielle " qui ne peut être acquise que par l'expérience.
Vrai : (etym : latin verus, " vrai ")  Conforme au réel ou (et) cohérent. Le vrai est  toujours une relation  (entre l'esprit et les choses, ou des esprits entre eux, ou du discours avec ses propres prémisses). Donc l'idée de vérité absolue (non relative) ou encore indépendante du jugement  des hommes, est très problématique.   En outre, le vrai implique le langage, donc est en grande partie conventionnel.
Réel  (etym :  latin realis, de res, " chose ", " objet ") Tout ce qui existe à un titre quelconque. Les apparences, les faits sont (plus ou moins) réels. Mais ils ne sont pas " vrais ". Les idées ou les formes intelligibles peuvent être réelles. Non pas vraies.
Vérifiable/vérifié : Ce dont la vérité peut être établie, prouvée. Vérifié : Ce qui est effectivement attesté au moment où l'on parle. Les théories scientifiques sont vraies et  vérifiables, mais pas toujours vérifiées (cela dépend du niveau des dispositifs de vérification à un moment donné). Elles peuvent être " falsifiées " c'est-à-dire contredites, infirmées par certaines expériences.
Vérités scientifiques : Elles sont relatives (au secteur de l'être impliqué) et provisoires. Mais les vérités scientifiques ne deviennent pas " fausses ". Les théories scientifiques sont des approximations, des fictions, toujours susceptibles d'être  réfutées (" falsifiées), puis remaniées. Mais elles ne deviennent pas fausses.  Leur vérité est relativisée. Les révolutions scientifiques sont des changements de paradigmes. Les théories  anciennes sont englobées par les suivantes (la théorie d'Einstein englobe celle de Newton, la théorie de Darwin  dépasse  celle de Lamarck, tout en en adoptant son postulat de base etc...). Bref, ni en sciences ni ailleurs, le vrai (à un moment donné) ne devient faux. La théorie de Ptolémée n'était pas scientifique, pas plus que celles des alchimistes (chaque science a une date de naissance précise).
Vérace, véracité : Qui ne veut pas tromper. Se dit de Dieu, supposé vérace.
Vérité révélée :  (de revelare, " découvrir ") vérité cachée , inaccessible à la raison et transmise aux hommes par des voies  surnaturelles.

A priori : expression latine : littéralement : " antérieur à l'expérience ". Chez Kant : vérités universelles et nécessaires (formes de la sensibilité, catégories de l'entendement et idées de la raison).
Valide : (etym : latin validus, validitas, " fort ", " puissant ") Non contradictoire. Synonyme : cohérent.  Se dit des discours argumentés. Mais un discours  logique (donc cohérent) peut être  faux c'est-à-dire en contradiction avec le réel si  l'une de ses prémisses est  fausse

par lenuki publié dans : raison et réel
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