Conscience : (etym : latin cum-scientia, avec savoir) 1) Sens ordinaire : faculté propre à l'être humain de se
représenter lui-même et de se juger 2) Philosophie : faculté de se représenter ce qui existe et de se prendre soi-même pour objet. La conscience est une forme de présence ou d'attention au monde
qui est commune aux animaux et aux être humains. Mais la faculté de se prendre soi-même pour objet de réflexion, ou d'étude, est propre à l'homme. On distingue, pour plus de précision, la
conscience spontanée, commune aux animaux supérieurs et à l'homme, et la conscience réfléchie, propres aux êtres humains. Pour Descartes la conscience est l'attribut essentiel de la pensée tandis
que pour Freud elle n'est liée qu'à une faible partie de notre activité mentale (voir cartésianisme et inconscient). Perfectibilité : 1) Sens usuel : aptitude à progresser, à se perfectionner. 2) Chez Rousseau : aptitude à changer de formes, plasticité. Cette
caractéristique, remarquable chez l'homme, est ambiguë. L'homme peut sans doute progresser (devenir plus savant, plus intelligent, plus sage...) mais il peut également régresser : perdre son
intelligence (dans la vieillesse), sa raison (dans la folie) ou son aptitude à la compassion, du fait d'un excès de rationalité calculatrice, encouragée par les " progrès " de la civilisation.
Rousseau est le seul philosophe des Lumières qui remette en cause la notion de " progrès " (au sens d'évolution nécessaire et bénéfique) de l'humanité. Cartésianisme : 1) Sens usuel : philosophie de Descartes et de ses disciples (Malebranche, Leibniz etc..) qui place le sujet conscient au
centre de la connaissance, et qui considère que la raison (le " bon sens ") est coextensive à l'homme et le définit. 2) Avec une connotation péjorative, en particulier chez Heidegger : approche
rationaliste et conquérante, fondée sur la croyance en la toute puissance de la science et des techniques rationnelles. Attitude anthropocentrique, aveugle et brutale qui peut en résulter : un
cartésien rejettera tout ce que la science ne peut expliquer, l'incompréhensible, le mystère, la foi, les hiérarchies, les attachements naturels, l'enracinement, le sens de la " terre " etc.. Inconscient : (Etym : latin in, négatif, et consciens, de conscrire, avoir conscience 1) Adjectif : Absence de conscience, synonyme de coma ou
évanouissement, ou insouciance, forme d'irresponsabilité. Substantif : Réalité psychique profonde sous-jacente à la conscience qui constitue le réservoir de nos désirs et de nos pulsions les plus
obscures 1) Chez Leibniz, Maine de Biran ou Bergson : ensemble de pensées et de perceptions emmagasinées qui constituent le fond permanent et l'identité profonde de chaque être individuel 2) Chez
Freud : Ensemble des pulsions et des représentations qui constituent la base essentielle de notre psychisme, mais tout en demeurant refoulé c'est-à-dire mis à l'écart de notre conscience. Freux a
élaboré deux théories successives de l'inconscient. Dans la première (Première " topique ", 1905) il divise le psychisme en trois régions ; la conscience, le préconscient (virtuellement conscient)
et l'inconscient. A partir de 1920 (seconde " topique ") Freud considère que le psychisme est en trois instances dont la genèse est progressive chez le jeune enfant. Le ça, tout d'abord, est le
réservoir des pulsions ; présent dès la naissance, il est gouverné par le principe de plaisir. Le surmoi, installé dans les premiers mois de la vie, est l'intériorisation partiellement inconsciente
des interdits et des interdits parentaux. Il constitue l'instance répressive de notre psychisme. Le moi est le médiateur entre le monde extérieur, le surmoi et le ça. Désormais, l'inconscient, qui
est constitué de la part de nous-mêmes qui nous détermine en grande partie à notre insu, n'est pas une région isolée de notre intimité. L'inconscient est la partie la plus importante de notre
personnalité, qui gouverne non seulement le ça et le surmoi, mais également le moi. Notre esprit est donc très loin d'être présent transparentlui-même comme le croyait Descartes.