Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /2009 22:05




L'histoire est-elle une science ?

 

 

La vérité se trouverait dans les documents ____________________________

 

Les documents sont soumis à une double critique

  • C'est à partir du XIXè siècle que les historiens rêvent de faire de l'histoire une science, en s'inspirant du modèle des sciences physiques.
  • L'historien trouve les documents - témoignages écrits, vestiges du passé - et procède à leur double critique :

-         la critique externe vise à déterminer l'authenticité du document et à le rétablir dans son état primitif en supprimant ce qui a pu être ajouté, et en reconstituant les parties disparues ;

-         la critique interne vise à déterminer la signification du document.

 

L'histoire est un travail de reconstruction

  • La confrontation des témoignages indépendants permet d'aboutir à une certitude pratique.
  • L'analyse fournit ainsi une masse de documents qui permettent d'établir des faits particuliers. Il s'agit ensuite de procéder à un travail de synthèse, c'est-à-dire de déterminer  la place et l'importance relative de ces faits dans la chaîne des événements. C'est là un travail de reconstruction. La vérité se trouverait donc dans les documents. Il suffirait de l'extraire.

 

L'histoire ne peut prétendre à la même objectivité que les sciences physiques

 

L'élaboration historique est subjective

  • Les documents, comme d'ailleurs la nature, ne parlent qu'à ceux qui les questionnent. L'élaboration historique présuppose donc une prise de parti sans laquelle l'historien est hors d'état de comprendre et de connaître.
  • La subjectivité de l'historien intervient donc dans les critères qui président au choix des événements. Chaque historien ne s'intéresse aux faits que dans la mesure où ceux-ci confirment ou infirment une philosophie de l'histoire, qui est la sienne.

 

Il est impossible de séparer l'histoire de l'historien

  • L'histoire est semblable à la mémoire individuelle : c'est à partir des préoccupations du présent, que les historiens reconstituent le passé.
  • Voilà pourquoi, à chaque génération, l'histoire est réécrite. Chaque époque reprend l'histoire à la lumière du lendemain auquel elle prétend.

 

L'annonce de la fin du monde

  • Il y a aussi une fiction sur l'après de ce monde mauvais, la fin du monde :  « maintenant nous vivons aux derniers temps ». Ce « maintenant », aussi, « est aussi vieux que l'histoire ». Il ne renvoie qu'à une actualité mythique qui n'est inscrite dans aucune histoire réelle en train de se faire. Ce « maintenant » est une simple parole, qui ne témoigne d'aucune expérience, d'aucune réflexion, disqualifiant tous ceux qui se plaignent.

L'opinion opposée : « le monde progresse du mal vers le mieux »_______

 

Une vision philosophique et pédagogique

  • A l'opposé, Kant expose l'opinion selon laquelle « le monde progresse du mal vers le mieux ». Cette opinion s'est constituée à la suite d'une réflexion de la part de philosophes, et peut-être même d'une pratique, celle de pédagogues qui traitent, non de l'au-delà, mais des choses d'ici bas.
  • Comment les pédagogues pourraient-ils exercer leur métier, s'ils ne croyaient pas - et ne constataient pas - à une perfectibilité de l'esprit humain ? Le monde progresse, mais la progression se fait d'une manière à peine sensible. Il y a l'idée d'un temps qui indéfiniment se déroule avec une lente progression vers le mieux, qui n'est pas le Bien, simple vision asymptotique d'une fin de l'histoire qui n'en finit pas d'advenir.

 

Il y a en l'homme une disposition au progrès

  • Mais voit-on ce progrès ? Il faut écarter de cette question, dit Kant, la démarche empirique, qui ne s'y retrouverait guère dans les hauts et les bas, les avancées et les reculs. Car c'est d'une question de principe qu'il s'agit. Et c'est là ce qui fait tout le prix de cette thèse selon laquelle le monde progresse du mal vers le bien.
  • Il y a, dit Kant, qui semble bien épouser cette position, dans la « nature humaine »  une disposition à ce progrès. On le sait par d'autres textes de Kant : il y a en l'homme une disposition à exister comme un être moral, respectueux de la loi et sensible au remords. Donc, une situation où « ne peut être greffé absolument rien de mauvais ».

 

 

Par lenuki - Publié dans : la culture
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