L’existence de l’inconscient peut-elle constituer l’alibi de l’inconscience ?
Analyse des termes du sujet
existence
nom féminin singulier
le fait d'exister, d'être (existence d'un gisement de pétrole)
la vie, prise dans sa durée, dans son continu (avoir une existence de miséreux, connaître une existence paisible)
le fait d'avoir une réalité (découvrir l'existence d'un testament)
durée (un journal qui a 6 mois d'existence)
inconscient
adjectif masculin singulier
qui est évanoui
qui n'est pas conscient, qui ne se rend pas compte de ses actes
qui échappe à la conscience
celui qui n'est pas conscient, qui ne se rend pas compte de ses actes
mécanismes psychiques qui n'obéissent pas aux lois de la conscience
Qui n'a plus conscience de son existence et de la réalité qui l'entoure, qui a perdu connaissance ; évanoui : Demeurer plusieurs minutes inconscient après une commotion.
Qui n'a pas conscience de quelque chose, qui ne s'en rend pas compte, par insouciance, légèreté d'esprit, etc. : Enfant inconscient de ses actes.
Se dit d'un acte qui se produit sans que celui qui le fait en ait conscience : Mouvement inconscient.
Relatif à l'inconscient ; dans la seconde topique freudienne, se dit aussi bien du ça, du moi, que du surmoi.
alibi
inconscience
nom féminin singulier
caractère de ce qui échappe à la conscience
perte de connaissance durable ou momentanée
état d'une personne agissant sans comprendre la portée de ses actes
demi-inconscience , demi-conscience
nom féminin singulier (médecine) relatif à un stade de coma où reste une sensibilité sans conscience du sujet
Problématisation de la question posée
La question repose sur l'apparente opposition entre la conscience et l'inconscient, avec pour articulation le terme d’alibi. En effet, l'inconscient semble d'abord s'apparenter à une série d'éléments qui sont en nous et qui pourtant nous demeurent inconnus .Or ces éléments sont le plus souvent des pulsions ou des désirs, c'est-à- dire qu'ils peuvent nous pousser à commettre des actes malgré nous. En quoi le recours à l'inconscient pourrait-il être l'alibi de l'inconscience ? Commençons par nous interroger sur le sens du mot alibi. Un alibi est ce qui fournit une excuse, ce qui permet de mettre hors de cause. Il semble alors qu'invoquer l'inconscient permette d'excuser mes actes et mes paroles en faisant de moi un être qui n'est plus responsable. En effet, l'hypothèse de l'inconscient conduit à penser que "Le moi n'est pas maître dans sa propre maison" pour reprendre la formule de Freud. Il s'agit en ce cas de penser qu'il y a un autre maître que moi. Dans ces conditions, on peut être conduit à affirmer que ce n'est pas moi en tant qu'être conscient qui décide de mes actes ou encore de mes paroles. On peut alors montrer en quoi le recours à l'inconscient conduit à constater que le sujet est dépossédé de sa maîtrise. C'est d'ailleurs en ce sens que Freud montrera que l'hypothèse de l'inconscient produit la troisième grande blessure narcissique de l'humanité. Mais cela n'est-il pas une bonne excuse, une excuse facile ? Comment concilier le recours à l'inconscient et la responsabilité ? En effet, en tant qu'homme, ne suis-je pas toujours un être responsable qui doit répondre de ses actes? Ici, on doit mettre en rapport les terme d'inconscient et d'inconscience. Quand on dit d'un individu qu'il fait preuve d'inconscience, on signifie qu'il agit sans réfléchir aux conséquences de ses actes. On peut alors montrer en quoi l'existence de l'inconscient n'implique pas nécessairement l'absence de réflexion.
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