« Un chien qui meurt et qui sait qu’il meurt comme un
chien et qui peut dire qu’il meurt comme un chien est un homme » Erich Fried
Au fond la différence entre l’homme et l’animal ne se logerait-elle pas dans le pouvoir métaphorique ?
La conscience est-elle le propre de l’homme ?
Ce qui appartient exclusivement à un être.
Ses caractéristiques essentielles (son essence).
Ce qui définit un être.
La nature d’un être.
Au sens le plus général (point de vue biologique) : l’espèce Homo sapiens sapiens, mammifère binaire à station verticale de l’ordre des primates, doué de langage articulé et capable de conscience de soi.
Problématique
Traditionnellement, que ce soit dans l’Antiquité comme conscience morale ou à partir de Descartes comme substance pensante, la conscience est considérée comme caractérisant la nature, l’essence, c’est-à-dire le propre de l’homme. Or la science contemporaine n’a-t-elle pas tendance à dénier à la conscience le fait de constituer une spécificité humaine ? De même, selon Aristote tout être vivant n’est-il pas doté d’une âme ? » Ou selon Bergson la conscience n’est-elle pas coextensive à la vie ? La conscience, en ce cas, ne serait-elle pas commune aux êtres vivants et aux êtres humains ? De plus, on ne peut pas perdre son essence, alors qu’on peut perdre conscience. Enfin, l’homme n’est-il que conscience ? N’est-il pas, aussi un corps (cf. Nietzsche), des pulsions inconscientes (cf. Freud) ?
Comment, en ce cas, la conscience pourrait-elle le caractériser en propre ?
Mais la conscience morale est-elle partagée par l’homme et l’animal ?
De plus, l’homme n’est-il pas un animal métaphysique, doté de conscience réflexive ? Enfin, selon Sartre, peut-on parler d’un propre de l’homme ?
L’homme n’est-il pas cet être indéterminé capable de se définir à partir de ses actes ? Comment cela serait-il possible sans conscience de soi comme fondement de liberté ?
Plan possible
comme conscience morale (cf. sagesses antique, ou le démon de Socrate).
comme substance pensante, cf. Descartes.
comme pouvoir de dire « Je » cf. Kant.
comme source de l’identité de l’homme. Cf. Locke.
Transition
Mais cela ne correspond-il pas à une surestimation de la conscience (cf. les philosophes du soupçon : Nietzsche, Freud) ?
Ou même à une surestimation de l’homme par rapport à l’animal ?
De plus, l’homme n’est-il que conscience ?
a) Aristote : tous les vivants ont une âme, plus ou moins complexe.
b) Bergson : la conscience est coextensive à la vie.
c) La science contemporaine : les animaux ont une sensibilité, des représentations, le sentiment d’eux-mêmes, donc une conscience (au moins les animaux les plus proches de l’homme).
De plus, la conscience n’est-elle pas un épiphénomène ?
Cf. Nietzsche : la superficialité de la conscience par rapport au corps, ou Freud : l’inconscient tout aussi important (sinon plus) que la conscience.
Comment, en ce cas, la conscience pourrait-elle constituer le propre de l’homme ?
Mais, à propos de l’homme, peut-on parler d’un propre ?
N’est-il pas un animal capable de déterminer ce qu’il est ?
Comme propre de l’homme la conscience morale ne serait-elle pas plus appropriée ?
L’homme comme animal métaphysique n’est-il pas un être à part ?
Enfin (cf. Sartre) peut-on parler d’un propre de l’homme ?
« L’existence précède l’essence » : l’homme existe d’abord, il se définit
ensuite, en agissant.
Mais l’homme pourrait-il le faire sans conscience réflexive (c’est-à-dire sans se
penser lui-même) ?
Conclusion
Même si la conscience réflexive peut définir le propre de l’homme, cela ne
veut pas dire pour autant que cette différence constitue un privilège ou une
supériorité. N’est-elle pas, au contraire obligation morale d’exercice et de développement engageant l’homme dans la voie de l’accomplissement et de la réalisation de soi ?