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Vendredi 11 janvier 2008
 
D’après le dictionnaire Trésor de la langue française informatisé (TLFI)
 
L’absolu, c’est ce dont l’existence ou la réalisation ou la valeur est indépendante de toute condition de temps, d’espace, de connaissance. Le relatif, c’est au contraire, ce qui devrait être comparé avec la moyenne des notions, des choses ou des êtres de même espèce, et ne peut être évalué en soi, d’une façon indépendante.
 
Sens philosophique
 
L’absolu philosophique a très souvent désigné l’être qui, conformément au sens donné ci-dessus, a une existence indépendante de tous les autres êtres, qui est inconditionnel, et qui de plus, possède en lui-même sa propre « raison d’être » ainsi que toutes les perfections ou propriétés. En ce sens, l’absolu, c’est Dieu. Inversement, le relatif, c’est ce qui dépend d’autre chose et n’existe que lorsque certaines conditions sont réalisées ; c’est aussi ce qui est limité, soumis à la finitude, imparfait. Les créatures sont ainsi relatives (à Dieu) ; les effets sont relatifs (à leurs causes) ; les accidents sont relatifs (à une substance) ; la connaissance humaine est relative (car imparfaite).    
 
Développement d’un exemple
 
Einstein : « le mouvement, du point de vue de l’expérience possible, apparaît toujours comme le mouvement relatif d’un objet par rapport à un autre ». Tout mouvement d’un corps, selon Einstein, est dépendant des corps qui l’environnent, ou encore, il est conditionné par les propriétés de l’espace-temps (local) auquel il appartient. « Jamais on n’observe un « mouvement par rapport à l’espace » ou, comme on dit, un mouvement absolu ». L’espace de la mécanique classique étant homogène et continue (Newton écrit qu’il est « de durée éternelle et de nature immuable »), n’étant rien d’autre qu’un réceptacle du mouvement, un mouvement par rapport à cet espace absolu serait lui-même un mouvement absolu ce à quoi Einstein s’oppose.     
 
Pour aller plus loin
 
L’application des notions d’absolu et de relatif peut se révéler très problématique, notamment dans les domaines de la morale (et de l’éthique) et de l’esthétique. Peut-il exister un impératif catégorique (Kant) qui dicte à chacun de manière absolue ses devoirs ? Exemple : « Agis selon la maxime qui peut en même temps se transformer en loi universelle ». Serait-il même souhaitable qu’existe un tel impératif, qui, en tant qu’inconditionnel, ne peut être questionné, remis en cause dans des situations particulières. Concernant l’esthétique, peut-on supposer qu’il existe des valeurs absolues gouvernant ce qu’est le beau ? Le beau n’est-il pas plutôt relatif à une culture, à des conditions sociales, à des « modes » ? Mais alors comment préserver une certaine autonomie de l’art, comme faire que le goût ne soit pas purement arbitraire ?         
par lenuki publié dans : repères philosophiques
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Mercredi 9 janvier 2008
Abstrait / Concret
 
D’après le dictionnaire Trésor de la langue française informatisé (TLFI)
 
L’abstrait est le résultat d’une opération d’isolement, par analyse, d’un ou plusieurs éléments du tout dont ils font partie, de manière à les considérer en eux-mêmes et pour eux-mêmes. Le concret est au contraire ce qui se rapporte à la réalité considérée dans sa totalité.
 
Sens philosophique
La définition précédente montre bien que l’abstrait résulte d’un processus. En philosophie, l’abstraction a souvent le sens de généralisation, celles-ci permettant d’extraire les propriétés communes à plusieurs êtres en supprimant leurs différences considérées alors comme inessentielles. Ainsi, on peut se former une idée d’arbre à partir des multiples arbres perçus. L’abstraction permet également de former des idées générales, ne se rapportant plus aux êtres concrets mais à leur qualité : humanité, sagesse, etc. Le concret est au contraire ce qui se donne « naturellement », via une sensation, une perception, etc. Ce dont nous avons l’expérience, c’est toujours de tel arbre singulier. La connaissance (scientifique, philosophique) suppose que nous quittions ce plan de la différence entre les êtres, plan de la contingence, pour nous attacher à leurs ressemblances. Mais il faut se méfier des « abstractions vides » qui font perdre de vue les choses et inventer des chimères. 
Développement d’un exemple
L’opposition abstrait/concret est manifeste dans la formation des mots généraux, en nous inspirant de Locke. Reprenons l’exemple de l’arbre. La seule chose qui existe, ce sont les arbres singuliers et pourtant il existe un mot général qui « représente » (to stand for) chacun de ces arbres. Ce mot est le signe d’une idée générale. Or celle-ci se forme en soustrayant des idées particulières les circonstances spatiales, temporelles et plus généralement tout ce qui enferme la chose dans l’existence singulière. De l’arbre particulier, on négligera par exemple qu’il pousse en tel lieu, qu’il a des feuilles caduques, qu’il perd actuellement celles-ci Ce n’est que grâce un tel processus d’abstraction que peut être formée l’idée d’arbre, autrement dit que les arbres particuliers peuvent se conformer à cette idée.
Pour aller plus loin
 
On peut se demander si les idées abstraites existent réellement ou si elles ne sont que le résultat d’une construction. Ainsi, pour Platon, le Beau, auquel tel homme beau par exemple participe, est un être réel (existant dans le monde des Idées). Au Moyen-âge, la querelle des universaux, qui opposa les réalistes aux nominalistes, fut l’occasion d’un riche débat à ce sujet. Les réalistes soutenaient que les universaux, par exemple la blancheur, était une qualité réelle des choses. L’activité de connaissance ne ferait que retrouver ces entités. Les nominalistes posent au contraire que les universaux ne sont rien d’autre que des conceptions de l’esprit, des concepts et que seuls existent des êtres singuliers. Les universaux comme la blancheur, n’ont qu’une fonction pratique, une utilité.
par lenuki publié dans : repères philosophiques
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Mercredi 12 décembre 2007


La contrainte nous force sans nous laisser le choix. Elle prend la forme d’une nécessité physique à laquelle je n’ai pas le pouvoir d’opposer un refus. La loi de la pesanteur ne " m’oblige pas à tomber " si je chute, elle me contraint.

L’obligation au contraire repose sur le choix, même si en apparence on se sent aussi au cœur d’une contrainte (c’est donc un paradoxe, pas une contradiction). Dans l’obligation, je suis à la fois législateur et sujet parce que j’y adhère librement et même s’il peut me sembler parfois être systématiquement sujet de mes obligations (obligations scolaires, obligations familiales, obligations morales…), il n’empêche que jamais elles ne me contraignent parce que je pourrais très bien m’y soustraire malgré les risques que je prends.

On trouvera dans le Contrat social de Rousseau une problématisation de cette distinction : celui qui adhère au pacte social en quittant l’état d’isolement et d’indépendance naturelle est obligé d’obéir à ses règles et à la communauté, sachant qu’en réalité, il n’obéit finalement qu’à lui-même en vivant une obligation et non une contrainte. Rousseau exprime ainsi le dilemme (chapitre VI) :" Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant. -Tel est le problème fondamental auquel le contrat social donne la solution. "

On peut noter également que les lois morales m’obligent mais ne peuvent me contraindre et c’est même leur condition de possibilité. Si elles me contraignaient, je ne serais pas responsable de mes actes mais totalement déterminé par un instinct par exemple… ce qui ruinerait jusqu’à la possibilité même de parler de bien ou de mal.

Pour terminer cette distinction, rappelons que la notion d’obligation suppose l’existence d’un lien entre deux parties instaurant une réciprocité. L’expression " je suis votre obligé " témoigne d’un tel lien qu’on ne retrouve pas dans la contrainte où une partie subit l’action de l’autre sans autre relation que la force.
par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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Mardi 4 décembre 2007
Repères philosophiques
 
 
1) Absolu / Relatif.
Tout ce qui présente le caractère de l'absolu existe de manière inconditionnée, indépendamment d'une cause extérieure, en soi et pour soi.
Tandis que le relatif qualifie toujours ce qui est dépendant, ce qui existe "par un autre et pour un autre".
 
2) Abstrait / Concret
L'abstrait relève du général et de l'universel, tandis que le concret relève du singulier et de l'individuel. Le concret a le privilège d'être plus proche de l'expérience.
 
3) En acte / En puissance
Etre en puissance de quelque chose signifie être capable de faire ou de subir ce dont on est en puissance. Dire de la même chose qu'elle est en acte, cela signifie que cette puissance ou possibilité est effectivement mise en oeuvre.
 
4) Analyse / Synthèse
Analyse = décomposition / résolution. Vient du verbe grec "analusis" qui signifie "remonter en déliant".
Synthèse = composition / ajointer. Vient du verbe grec "sunthesis" qui signifie "placer ensemble".
 
5) Cause / Fin
La fin désigne le moment où une chose a atteint le plein développement qui était contenu dans sa cause.
La cause répond à la question pourquoi. La fin répond à la question pour quoi.
 
6) Contingent / Nécessaire / Possible.
La possibilité pour une chose, une proposition, une relation est la marque de leur contingence. Cela peut se produire et cela peut tout aussi bien ne pas se produire. Ce qui est necessaire, à l'inverse, est ce qui ne peut pas ne pas être.
 
7) Croire / Savoir
Les deux verbes désignent communément 2 modes du "tenir pour vrai" mais ils ne sont pas synonymes.
Le savoir suppose une activité du sujet, il n'est pas donné, il faut l'acquérir. Pour accéder au savoir, il faut admettre que nous n'avons que des croyances.
Savoir :suppose activité critique de l'esprit, libérateur.
Croire :préjugés, piège.
Croire peut aussi être le terme(l'étape ultime) du savoir lorsqu'il s'agit après une recherche, de donner son adhésion, son assentiment sur une proposition.
 
8) Essentiel / Accidentel
L' Essentiel sert à determiner l'essence d'un être, c'est à dire ce qui le définit, ce qui indique vraiment ce qu'il est. L'essentiel est bien ce qui subsiste, indépendamment des circonstances et concerne non pas la chose réellen existant ds le temps ms son idée.
Exemple : Si on pose que le fait d'être une figure géométrique à 3 cotés est essentiel à l'être du triangle, le fait d'être isocèle ou rectangle lui est accidentel.
 
9) Expliquer / Comprendre
Explication :argumentation raisonnée, elle expose objectivement(ex-plicare en latin = déplier) un ensemble de significations dont la compréhension constitue l'approbation personnelle ou subjective(en latin comprehendere = saisir). Mais l'usage dissocie parfois les 2 termes : lexplication scientifique de phénomènes naturels permet de les insérer ds 1 réseau de liens de causalité où d'en donner un modèle cohérent mais ne permet pas à coup sur de les comprendre.
Exemple : Nancy en cours de maths, on a beau lui expliquer, elle comprend rien :)
 
10) En fait/ En droit
Le fait, c'est la réalité telle qu'elle est, ce qui a lieu effectivement, c'est quelque chose d'accompli.
La notion du droit renvoie pour sa part à la sphère du juste, du légal ou du légitime.
 
11) Formel / Matériel
La matière est ce qu'on manipule, ce à quoi l'on donne forme grace au travail de ses mains. La forme s'offre au regard et fait éventuellement l'objet d'une évaluation esthétique.
 
12) Genre / Espèce / Individu
Individu = saisi ds son intégrité, indépendamment des autres.
Espèce = définit une certaine classe dans laquelle on peut ranger un certain nombre d'individus ayant des traits communs.
Genre = plusieurs espèces regroupées ds 1e classe plus vaste.
 
13) Idéal / Réel
Différents sens possibles :
Pour l'idéal = L' "idéa" grecque : forme visible, aspect extérieur d'une chose OU ce qui est pur, sans taches, irréprochable, intemporel.
Pour le réel = Le "Res" latin : chose matérielle concrète OU ce qui est imparfait, contingent, changeant.
 
14) Identité / Egalité / Différence
Identité : A=A, absence de différences d'une chose avec elle-même.
Egalité : A=B, absence de différences entre deux choses.
Différence : A diff. de B.
 
15) Intuitif / Discursif
La notion d'intuition désigne la représentation directe, immédiate, sans intermédiaire d'un objet présent aux sens ou à la pensée. L'adjectif "discursif" oppose précisément à l'immédiateté de l'intuition le caractère médiat d'un processus intellectuel qui doit passer par des étapes successives.
 
16) Légal / Légitime
Légal :réfère à la loi.
Légitime :ce que l'on juge juste.
Exemple : Les révolutionnaires ne manquent pas de dénoncer l'illégitimité des régimes politiques qu'il leur arrive de combattre par des moyens illégaux.
 
17) Médiat / Immédiat.
L'immédiat n'est autre que le concret d'une expérience qui n'a pas encore été reprise dans le jeu de l'activité reflexive.
La médiation apparait dès qu'intervient le jeu de la pensée qui reprend cet immédiat et s'interroge.
 
18) Objectif / Subjectif
L'objectif réfère directement à l'objet, à ce qui existe hors de l'esprit. Le subjectif est directement lié au sujet.
 
19) Obligation / Contrainte
La contrainte peut etre physique :une force supérieure à la mienne me contraint à l'obéissance.C'est un obstacle extérieur à la conscience.
L'obligation est d'ordre juridique ou moral;elle coincide avec le sentiment du devoir, forme intérieure d'expérience.
 
20) Origine / Fondement
Origine = provenance.
Fondement = ce à aprtir de quoi quelque chose s'édifie.
 
21) Persuader / Convaincre
Persuder = implique un rapport de force, de séduction, de l'ordre de l'affectivité.
Convaincre = affrontement argumentatif, la raison intervient.
 
22) Principe / Conséquences
Le principe désigne ce qui vient en premier et qui commande le développement de ce dont il est le principe.
Le terme de conséquence, formé sur le latin consecutio signifie "ce qui fait suite", indique une relation entre les termes qui se suivent.
 
23)Ressemblance / Analogie
Ressemblance : souligne une similitude dans l'apparence.
Analogie : identité de structure ou de fonction de deux choses.
 
24) En théorie / En pratique
Théorie : réfere à la vie contemplative.
Pratique : réfere à la vie active.
Le langage ordinaire les oppose. Pourtant, on peut considérer que la théorie est une forme de pratique en tant que c'est l'activité propre au philosophe par ex.
 
25) Transcendant / Immanent
L'adjectif transcendant désigne les conceptions, les idées qui outrepassent l'expérience possible. On qualifie d'immanentes toutes les positions philosophiques qui nient toute réalité différente ou supérieure à celle qui est saisie par les sens.
Toutefois, le terme transcendant a été employé par la phénoménologie en particulier pour désigner le fait que la conscience est tendue vers autre chose qu'elle même pr saisir les objets du monde.
 
26) Universel / Général / Particulier / Singulier
Est universel au sens strict ce qui valable pour tous les éléments d'une totalité donnée et cela partout et toujours. (Tous les hommes sont mortels)
Le général se distingue de l'universel dans la mesure ou il souffre quelques exceptions. (Ainsi la plupart des règles de grammlaire ne sont pas universelles.)
Est particulier ce qui est valable pour une partie seulement d'une totalité.(Quelques grecs sont philosophes)
Singulier = un seul cas dans sa propre intégrité.
par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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Mardi 4 décembre 2007
Expliquer
=> Du simple au complexe, du complexe au simple.
Expliquer c'est déplier ce qui était plié, c'est faire apparaître des sources, mettre en évidence un lien objectif entre un phénomène et un processus causal antécédent, ce qui le constitue. C'est toujours présenter le simple comme origine et raison du complexe.
Autant dire que expliquer c'est démontrer, rendre nécessaire en exhibant une cause antécédente ou la loi sous laquelle un phénomène se range. Il s'agit bien de déduire un phénomène à partir de ses antécédents, et donc de couler les données expérimentales dans le moule mathématiques de la rigueur des enchaînements. Expliquer c'est arraisonner.
Expliquer c'est donc toujours prendre le risque de parler d'autre chose (cadre formel) que de la chose qu'on explique.
Comprendre
=> Du multiple à l'un, un pari pour la cohérence !
C'est prendre dans des limites, prendre ensemble selon un point de vue synthétique, non pas recomposer en combinant du simple pour aboutir au complexe mais ramener à l'unité d'un sens , d'une intention, d'un projet, au point que l'un devient la raison du multiple: comprendre c'est parier pour le sujet auteur de ce qu'il pense et de ce qu'il fait.
=> La compréhension procède dons par sympathie qui mise (fait un pari ) sur la cohérence d'un sujet avec lui même, sur la cohérence de ses actions avec une fin: si l'acte prend son sens du projet, alors un être raisonnable sensiblement affecté relève de la compréhension qui prend en considération son point de vue de moi et de sujet. En ce sens comprendre un acte c'est toujours le ramener à l'unité, prendre en compte sa signification terminale.
Comprendre c'est donc être capable d'expliquer du point de vue de l'intériorité, en fonction de la fin visée par l'individu ou le sujet: c'est faire le pari de l'humanité et de la liberté; parier qu'il y a une cohérence entre le projet d'un sujet et ce qu'il fait effectivement. En ce sens Sartre affirmait: "Notre compréhension de l'autre se fait nécessairement par ses fins.
Cela ne signifie pas, loin de là, que beaucoup d'actions ne relèvent pas de l'explication: chaque fois qu'il se laisse aller, qu'il s'abandonne, le sujet redevient un individu et dans sa chute retrouve des causes antécédentes déterminantes qu'il aurait pu transfigurer en simples conditions pour peu qu'il l'ait voulu. Ainsi, celui qui se laisse entraîner par la violence, par les passions ou par tel ou tel trait de caractère à commettre l'irréparable.
 
Expliquer : étymologiquement, expliquer c'est déployer. Expliquer un texte consiste ainsi à le rendre clair, intelligible, à en dégager l'implicite et les présupposés en vue d'en déterminer la signification et le sens. Le but est alors la compréhension du texte.

Comprendre
: saisir le sens d'un phénomène ou d'un raisonnement par l'intelligence.

Si dans un sens premier le but de l'explication est la compréhension, dans le domaine des phénomènes naturels, l'explication se distingue de la compréhension. Le physicien ne cherche pas à comprendre le sens d'un phénomène mais à rendre compte des causes. Expliquer la chute des corps consiste à énoncer une loi qui est un rapport de causalité nécessaire et constant. L'explication répond ainsi à la question « comment ? » et analyse les phénomènes. On distingue l'explication et la compréhension comme deux modalités différentes d'approche des phénomènes. " Nous expliquons la nature, nous comprenons la vie psychique ". La vie psychique ne s'aborde pas en s'attachant simplement à saisir les causes des phénomènes, elle cherche à identifier les significations intentionnelles des événements. C'est au travers de cette distinction que se construit la différence d'approche entre les sciences de la nature (sciences explicatives, telle cause implique tel effet) et les sciences humaines (compréhensives du sens de ce que font et pensent les hommes).
par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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Samedi 24 novembre 2007
Transcendant : qui est d'une nature absolument supérieure et d'un autre ordre. Immanent : qui est intérieur à l'être ou à l'objet donné de la pensée. Parler de Dieu comme être transcendant, c'est évoquer un être absolu renvoyant à un au-delà. On oppose, par exemple, à une telle approche de Dieu la pensée de Spinoza pour qui Dieu est un être immanent qui se confond avec la nature. Comme être immanent, Dieu n'est alors pas un esprit ou une volonté. Dire comme Spinoza que Dieu n'est pas un être transcendant mais un être immanent, c'est dire qu'il n'y a pas d'absolu en dehors de nous. On retrouve cette opposition entre le transcendant et l'immanent chez Kant : est transcendant ce qui est au-delà de toute expérience possible, alors qu'on dit que sont immanents les principes de la connaissance qui ne s'appliquent qu'aux phénomènes et ne valent que pour toute expérience possible. Utiliser ces principes en dehors du champ de l'expérience possible consiste alors à en faire un usage transcendant. Tel est le cas quand nous considérons que la proposition « Dieu existe » peut être démontrée.
Universel : qui s'applique à tout l'univers en tous temps et en tous lieux. Utilisé comme substantif, ce terme désigne une idée ou une valeur considérées comme un type idéal pour tous.

Général : qui est censé valoir pour tous les êtres appartenant à un même ensemble, à un même genre. A la différence de l'universel, le général admet des exceptions.

Particulier : qui ne concerne qu'un individu ou quelques individus d'une même espèce. Le particulier s'oppose à l'universel. Singulier : qui s'applique à un sujet unique.

Le singulier s'oppose au général. Le jugement esthétique tel que Kant nous le décrit est ainsi un jugement qui a une prétention à l'universalité c'est-à-dire valant pour tous, alors que l'agréable, par exemple, relève du particulier

L’artiste et son œuvre sont toujours particuliers au sens où ils sont d’une époque, avec leurs déterminations, et limités aussi à eux-mêmes. Et pourtant, parce que l’œuvre, si elle est grande, peut être comprise par tout le monde et ressentie par tous, elle manifeste quelque chose d’ universel.
Dans cet effort pour élever le particulier à l’universel se construit l’ individu, en tant qu’il est un être humain. Ce qui fait à la fois la singularité radicale d’un être, son unicité, c’est de parvenir à trouver en lui, par-delà le particulier et le limité, l’humain universel en lui. L’être humain, dont l’artiste se fait alors le modèle, ne se réalise dans son humanité (universelle) qu’en devenant complètement soi à la fois en tant qu’individu singulier et en tant qu’être humain dans ce que l’humain a de général. De ce point de vue, les œuvres d’art et leur consommation constituent un chemin vers soi.
par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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Samedi 24 novembre 2007
Persuader, convaincre
 
Cf. Gorgias ( dialogue de Platon ) : Socrate explique à Polos que ce qu’il attend de lui, c’est une attitude conforme à un dialogue véritable, où il s’agit de convaincre l’autre et non tenter de le persuader, ce qui suppose de renoncer aux usages pervers de la rhétorique et de son pouvoir de persuasion.
La persuasion est obtenue quand l’affect de l’autre est touché. Celui qui est persuadé est soit séduit, soit touché par telle ou telle corde sensible, soit impressionné de telle ou telle manière. La persuasion emporte donc l’adhésion de l’autre pour une toute autre raison que la démonstration de la vérité.
Tout au contraire, lorsque je cherche à convaincre, c’est précisément en m’adressant à la raison de l’autre et non à ses affects. Mes arguments sont alors de l’ordre de la logique, de la cohérence et de la preuve. Ils obéissent à une démonstration. Dans convaincre, il y a vaincre, terme certes guerrier. Lorsqu’on convainc l’autre il s’agit en effet de vaincre toutes les résistances rationnelles qu’il pourrait nous opposer. Mais cette victoire n’est pas tant une victoire sur l’autre que sur l’erreur et l’ignorance. Si l’autre s’incline, c’est parce qu’il est convaincu, c’est donc devant la vérité et non devant moi qu’il s’incline. C’est son pouvoir libre d’adhésion à la vérité qui suscite son assentiment.
Persuader est donc très différent de convaincre. Dans le premier cas, je cherche à manipuler l’autre à ma guise, bref je cherche le pouvoir sur lui et les mots sont les moyens de ce but, entre autres, car les gestes, le ton de la voix, le regard, etc. peuvent aussi jouer un rôle. Dans le second cas, je manifeste un réel respect pour l’autre, dans le sens où je nous place sur un même pied d’égalité. Certes, je crois détenir la vérité (sinon chercherais-je à convaincre l’autre ?) mais j’accorde à mon interlocuteur la même capacité que la mienne à comprendre et à raisonner, à s’incliner devant les faits, devant la réalité et la vérité. Je lui fais confiance, car je pense que nous sommes reliés par le même usage de la raison.
par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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Mercredi 21 novembre 2007
                                            Croire/ Savoir
 
Une opposion nécessaire ?
 
On oppose facilement ce qui est du domaine de la foi et ce qui est du domaine du savoir.
 Le savoir correspondrait à l’objectivité de connaissances certaines, parce que démontrées (preuves rationnelles, expérimentations) alors que la foi désignerait une attitude plus décidée, mais subjective.Or le savoir objectif n’est-il pas relatif à des théories que l’on sait pouvoir être remises en question ? La certitude n’est-elle pas alors approchée, relative à des instruments de mesure ? Autre opposition : celle des activités privées intérieures et celle des activités publiques extérieures (résultats vérifiés et vérifiables).
On peut vouloir accorder aussi davantage à l’acte de croire qu’au savoir : le savoir serait relatif, limité par des conditions de connaissances, alors que la croyance posant l’adhésion à des vérités absolues nous donnerait d’emblée le sens de l’absolu, tandis que la science ne donnerait que celui du relatif.
 
La problématique de Kant
 
« Je dus donc abolir le savoir afin d’obtenir une place pour la croyance » (Kant)
Les trois objets de la croyance sont l’existence de Dieu, l’affirmation de l’immortalité de l’âme et celle de la liberté. Ils ne peuvent pas être connus par le savoir, puisque ces objets ne peuvent pas être donnés dans une expérience sensible, car ils dépassent les données spatio-temporelles : Dieu comme l’immortalité de l’âme sont en dehors de l’espace et du temps, alors que nous ne pouvons pas faire l’expérience de la liberté, mais seulement d’actes qui sont soumis à des conditions (et non pas d’actes totalement indépendants et absolus). En revanche, nous posons ces trois concepts comme fondements de notre action morale, car c’est l’adhésion de notre volonté à ces concepts qui fonde la moralité de nos actes. D’un côté donc une foi inspiratrice de nos actes et de l’autre la raison limitée dans son exercice, mais capable néanmoins de formuler les lois de la nature.
 
L’expérience humaine de la croyance
 
L’homme cherche la vérité. Or cette recherche s’opère de manière interpersonnelle, parce que l’homme a besoin de confiance, de placer sa confiance en celui qui, plus expérimenté, pourra lui apprendre quelque chose. Dans une grande partie de notre vie, nous passons notre temps à croire, à mettre notre confiance en autrui pour entrer en relation avec lui : relation maître/disciple, relation parents/enfants, etc…autant de situations existentielles qui sont des modalités de l’amitié, des relations interpersonnelles fondées sur la confiance, sur le fait de croire en quelqu’un, avec quelqu’un, pour quelqu’un. Ainsi la recherche de la vérité ne se fait pas d’abord dans la solitude du sujet pensant et absolument autonome. Les sagesses antiques nous apprennent que l’amitié et le dialogue sont aussi des conditions de la recherche. De même, qu’on apprenne à penser avant de penser par soi-même ne déforme pas notre pensée, mais au contraire la « forme » et l’informe (c’est-à-dire lui donne une forme).
 
L’acte de croire, constitutif de l’expérence humaine
 
Ainsi le fait de croire n’a pas pour seul objet les trois concepts de Kant, mais il est constitutif de la nature humaine au même titre que le savoir. Si les sages peuvent transmettre leur expérience, c’est bien que nous avons confiance en la vérité qu’ils transmettent, que nous savons qu’elle est marquée du sceau de leur expérience vivante, éprouvée. De plus le fait de croire précède et accompagne tout acte de connaissance, quel qu’il soit. Donner sa confiance, c’est donner sa foi à quelqu’un en vue de trouver, par lui, avec lui, pour lui, la vérité que l’on recherche. Croire n’est donc pas l’opposé du savoir mais croire peut être, dans notre expérience humaine, un chemin qui peut répondre aux questions posées par notre connaissance, c’est-à-dire par notre savoir.
 
Savoir
 
Le verbe savoir désigne l’acte de la pensée par lequel un objet ou une proposition sont posés comme réels, à condition que la connaissance ainsi obtenue soit susceptible d’une vérification et d’une attestation intersubjectives. Le savoir se présente en général sous la forme d’une théorie, liée à des degrés très variables à l’expérience sensible. Il contient généralement les éléments suivants :
·        Une justification qui lui procure une certaine évidence et permette d’identifier clairement sa vérité
·        La vérité elle-même conçue selon les cas comme correspondance du jugement au réel ou comme cohérence du système des propositions constituant le savoir
·        La croyance, qui implique que quiconque comprend la connaissance la considère comme vraie.
 
Croire/ Savoir
 
Si l’on s’en tient à une définition aussi neutre que possible de la croyance -un assentiment à une proposition tenue pour vraie- on ne voit pas quelles pourraient être les raisons de la distinguer essentiellement du savoir. On peut certes insister sur le caractère rationnel et vérifiable du savoir ou dire que le savoir s’ouvre à la critique et à la remise en question, qui sont absentes de la croyance. Mais Hegel a souligné à quel point une telle opposition pouvait être stérile. Ne doit-on pas, néanmoins, maintenir l’exigence d’une rationalité capable d’aller aussi loin que possible dans l’élaboration de la connaissance ? Le saut dans la foi ne doit-il pas être réservé au seul lieu de pleine légitimité, le rapport singulier d’un individu à la transcendance ? A cette condition, l’acte de croire n’est plus une connaissance déficiente, mais le propre de l’acte religieux. Tant la foi que la science n’ont-elles pas intérêt à ce strict partage des tâches ?
par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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Dimanche 16 septembre 2007

Identité, égalité, différence

La relation homme-femme peut faire intervenir celle de "nature féminine". Or ce que le féminisme réclame, c'est l'égalité des sexes.
Le féminisme des années 70 réclame cette égalité en se fondant sur l'identité fondamentale de l'homme et de la femme qui sont, avant d'être femme et homme, des êtres humains (cf. L'un est l'autre d'Elisabet Badinter).
C'est précisément ce que refuse le féminisme de seconde génération, qui dénonce le machisme inconscient d'une telle différenciation, ramenant au fond la féminité à quelque chose d'inessentiel et d'accessoire, la masculinité étant admise comme la manière universelle d'être de l'humain.
Le nouveau féminisme, qui voit dans la féminité une manière d'être au monde aussi essentielle que la masculinité, affirme au contraire que les différences qui existent culturellement ou naturellement entre l'homme et la femme sont une richesse incontestable, tant qu'elles ne sont l'occasion ni d'une aliénation ni d'une infériorisation des femmes, ni d'un enfermement des hommes ou des femmes dans une manière d'être traditionnelle.
L'égalité, qui est, par définition affirmation d'une quantité ou d'une qualité de même valeur, et non l'affirmation d'une répétition, d'une duplication ou d'un même, est alors précisément fondée sur cette différence. La féminité vaut la masculinité et réciproquement, en ce sens que l'un et l'autre apportent à l'humanité et à l'être humain dans son individualité des qualités aussi essentielles les unes que les autres.
Ainsi, c'est à chacun, femme ou homme, de trouver sa propre individualité, en jouant de toutes les possibilités traditionnellement masculines ou féminines qui s'offrent à l'être humain, et d'admettre la valeur de ce que l'autre choisit pour lui-même, en respectant son choix.

par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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Dimanche 16 septembre 2007

Outre le programme de notions, nous avons aussi à étudier et définir ce que l'on nomme des repères philosophiques qui sont engagés dans notre réflexion à propos des notions. En ce qui concerne "La culture" (et bien sûr la nature qui va de pair), les repères sont entre autres: 
Le genre, l'espèce et l'individu.
En biologie, il existe deux genres: animal et végétal. Chacun de ces genres comprend des espèces (cf. l'espèce humaine, au sein du genre animal). Enfin , entre le genre et l'espèce, il y a les classes (cf. les mammifères, par exemple).
Dans les espèces, il faut aussi ranger les races, qui n'ont aucun fondement biologique en ce qui concerne l'espèce humaine et qui sont souvent artificiellement créées par l'homme en ce qui concerne les animaux.
Les espèces sont composées d'individus concrets, tous différents, mais qui ont en commun des caractéristiques essentielles définissant leur appartenance à la même espèce (cf. pour l'homme, la nature humaine réunissant les caractéristiques essentielles de l'homme, celles qui spécifient l'homme: aptitude au langage, à la pensée, à la conscience de soi, qui ont la particularité de ne pas être "naturelles").
Ce qui spécifie notre espèce, c'est le fait que les individus ne peuvent se réaliser dans leur humanité sans les autres, les proches et les compatriotes, mais aussi sans ces autres que sont ceux qui diffèrent par la culture et grâce auxquels l'être humain peut dépasser sa culture particulière pour atteindre l'universel et réaliser en lui la totalité de son humanité, c'est-à-dire devenir pleinement "lui-même", dans son unicité.

par lenuki69 publié dans : repères philosophiques
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