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Vendredi 4 avril 2008

Peut-on se donner comme régle morale de suivre la nature?

Avant d'élaborer une problèmatique, voici quelques éléments, à titre de rappel:

Peut-on se donner comme règle morale de suivre sa nature ?

 

Aristote (384-322 av JC)
 Pour Aristote, la vertu de chaque être est l'accomplissement de ce qui le définit en propre. Dans le cas de l'homme, la raison et la sociabilité sont les traits  qui constituent sa spécificité. La vertu, pour l'homme, est donc l'accomplissement de ces qualités propres. La morale est donc la réalisation de sa nature  (aptitude à la vie raisonnable) c'est-à-dire la vertu,condition du bonheur.

 

 Epicure  (341-260 av JC)

C'est la nature qui fonde la morale, dont le but est le bonheur conçu comme ataraxie, c'est-à-dire absence de troubles. La connaissance de la nature nous délivre des craintes et des superstitions suscitées par les religions et, de  façon plus générale, par  des opinions dérivées de l'ignorance. Le bonheur du sage est à réaliser en ce monde. La sensation est le guide qui nous permet de toujours opter pour le plaisir et écarter la douleur, suivant la loi de la nature. La sagesse- donc le bonheur- consistera dans la satisfaction des plaisirs  naturels, accessibles aisément, accessibles à tous, notamment ceux de l'intelligence

 

Epictète (50-130 ap JC)

 Pour être heureux, il faut vivre conformément à la nature. Ce qu'il faut comprendre de deux manières : conformité de chaque être à sa nature propre, humaine et individuelle. Conformité à la nature universelle. Dans la pratique, la synthèse de ces deux objectifs est incertaine,

Imiter la nature, pour Epictète, ne signifie pas qu'il faut chercher en elle tel ou telle règle pour déterminer tel ou tel comportement particulier. Ce que cela veut dire, c'est qu'il faut reproduire, dans sa vie 'harmonie d'ensemble qui caractérise la nature. Vivre conformément à la nature signifie tenter de donner sa vie une cohérence et une stabilité comparable à celle de la nature. Vivre conformément à la nature, c'est vivre  en accord avec soi-même, comme Socrate, par exemple, a su le faire.

 

 Spinoza (1632-1677)

 Pour Spinoza, Dieu est la Nature. La nature est la  totalité ;   elle ne comporte aucun défaut,  aucune  faille. Tous les êtres naturels ont pour objectif (naturel) de persévérer dans leur être. « Etre libre, c'est obéir à la nécessité de sa nature ». Tous les êtres naturels sont libres en ce sens.  Dans le cas des hommes, c'est  la raison qui  peut seule leur permettre  de vivre en paix  et en harmonie (dans le système le  plus naturel, selon Spinoza, la démocratie). Suivre sa raison, c'est pour l'homme suivre sa nature, c'est-à-dire être libre.

 

Rousseau (1712-1778)

Selon Rousseau, la nature de l'homme est bonne ; c'est la société (l'inégalité, la propriété privée) qui a rendu les hommes mauvais, tout en leur apportant la raison.

La morale ne peut donc  être fondée que sur le sentiment, supposé bon :

« Quoiqu'il puisse appartenir à Socrate et à des individus de sa trempe, d'acquérir  de la vertu par raison, il y  a longtemps que le genre humain ne serait plus si sa conservation n'eût dépendu que des raisonnements de ceux qui la composent » Discours sur l'origine de l'inégalité, seconde partie)

« Connaître le bien, ce n'est pas l'aimer. L'homme n'en a pas la connaissance innée, mais sitôt que sa raison le lui fait connaître, sa conscience le porte à l'aimer. C'est le sentiment qui est inné » Profession de foi du vicaire savoyard.

par lenuki publié dans : méthodologie
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Vendredi 4 avril 2008

Celui qui pourrait regarder à l'intérieur d'un cerveau en pleine activité, suivre  le va-et-vient des atomes et  interpréter tout ce qu'ils font, celui-là saurait sans doute quelque chose de ce qui se passe dans l'esprit, mais il n'en saurait que peu de choses. Il en connaîtrait tout juste ce qui est exprimable en gestes, attitudes et mouvements du corps, ce que l'état d'âme contient d'action en voie d'accomplissement, ou simplement naissante : le reste lui échapperait. Il serait,  vis-à-vis des pensées et des sentiments qui se déroulent à  l'intérieur de la conscience, dans la situation du spectateur qui voit distinctement tout ce que les acteurs font sur la scène, mais n'entend pas un mot de ce qu'ils disent. Sans doute, le va-et-vient des acteurs, leurs gestes et leurs attitudes ont leur raison d'être dans la pièce qu'ils jouent ; et si nous connaissons le texte, nous pouvons prévoir à peu près le geste ; mais la réciproque n'est pas vraie, et la connaissance des gestes ne nous renseigne que fort peu sur la pièce, parce qu'il y a beaucoup plus dans une fine comédie que les mouvements par lesquels on la scande. Ainsi, je crois que si notre science du mécanisme cérébral était parfaite, et parfaite aussi notre psychologie, nous pourrions deviner ce qui se passe dans le cerveau pour un état d'âme       déterminé,  mais l'opération inverse serait impossible, parce nous aurions le choix, pour un même état du cerveau, entre une foule d'états d'âme différents, également appropriés.

 

Bergson  L'âme  et le corps ( 1912)  in L'énergie spirituelle

 

 

Exemple d'introduction

 

L'assimilation du cerveau et de la pensée est un lieu commun. Que le cerveau pense (et non les jambes ou le ventre), c'est une évidence. Mais n'est-ce pas un préjugé ? L'imagerie médicale nous montre les zones du cerveau activées par telle ou telle opération de l'esprit. Nous voyons alors se colorer telle aire motrice ou sensitive et il nous semble voir l'esprit même. Mais n'est-il pas étrange de vouloir localiser la pensée ? Quelle différence n'y a-t-il pas entre telle zone colorée et la vie de notre conscience ! N'est-ce pas ce que nous rappelle Bergson dans ce texte, qui porte sur la différence entre activité cérébrale et activité mentale ? Peut-on dire que le cerveau secrète la pensée comme le foie la bile ? En effet, si on ouvre le foie, on y trouvera de la bile, alors qu'en regardant dans le cerveau, on ne trouvera ni pensée, ni conscience, mais seulement des cellules oeuvrant silencieusement. Ces pensées dont nous sommes si clairement conscients, n'avons-nous pas du mal à leur assigner un lieu ? N'est-ce pas ce qui conduit Bergson à affirmer qu'elles ne sont nulle part ? Et qu'il ne suffirait pas de connaître totalement le cerveau pour savoir ce qui se passe dans la conscience, pour connaître la vie de la conscience et de la pensée ? Si nous avons besoin d'un corps pour penser, est-ce à dire pour autant que la pensée se réduit à son substrat corporel ou cérébral ? S'il y a solidarité  entre le cerveau et la pensée, comme entre le clou et le vêtement, y a-t-il pour autant équivalence ?

par lenuki publié dans : méthodologie
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Samedi 29 mars 2008

Qu'est-ce que faire une expérience ?

 

. Le sujet commence par la formule " Qu'est-ce que... ? ", on vous demande donc de constituer une définition. Vous pouvez commencer par distinguer, afin de clarifier la question les expressions : " faire une expérience " et " avoir une expérience ". Quels sont les cas différents dans lesquels on utilise ces deux expressions ? Qu'est-ce que le passage du verbe " avoir " au verbe " faire " peut bien changer ? Notez en quoi celui qui a de l'expérience est parfois celui qui a fait beaucoup d'expériences. Vous pouvez aussi remarquer que le verbe utilisé ici implique une action. Il semblerait donc que " faire une expérience " implique une attitude active. Il est nécessaire ici, pour bien aborder le sujet, d'analyser l'usage que l'on fait de cette expression. Ainsi, on peut faire l'expérience de la souffrance comme on peut faire une expérience afin de vérifier une théorie par exemple. Quand on dit qu'on a fait l'expérience de la souffrance on signifie, par cette expression qu'on l'a rencontrée, qu'on l'a vécue et que cette expérience s'est inscrite de manière définitive dans notre existence. L'expérience marque ainsi une rupture radicale et essentielle. Quel rapport y a-t-il alors entre faire l'expérience de la souffrance et faire une expérience comme Galilée la fait quand il fait glisser ses billes sur un plan incliné  ? Vous pouvez montrer en quoi l'expérience ne suppose pas une simple passivité réceptive dans les deux cas.

 

Qu'est-ce qu'un homme d'expérience ?

 

On vous demande ici de construire une définition puisque la question commence par " Qu'est-ce que.. ? ". Dans l'usage courant que nous faisons de cette expression, un homme d'expérience est un homme qui a acquis beaucoup de savoirs et de savoir-faire à force de pratique. Ainsi on distingue l'homme d'expérience de celui qui possède de nombreux savoirs théoriques. Tout d'abord parce que l'acquisition vient de la pratique, ensuite parce qu'il est celui qui sait donc mettre en pratique ses savoirs et en dernier lieu parce que l'acquisition de l'expérience suppose un temps incompressible. C'est d'ailleurs ces trois points que l'on exige lorsque dans une offre d'emploi on précise que l'expérience est requise. Cette approche conduit alors à remarquer que l'on accorde spontanément une valeur à l'expérience. Pourtant suffit-il d'avoir beaucoup pratiqué pour savoir et savoir-faire ? Peut-on se satisfaire de cette opposition implicite entre la pratique et la théorie ? Il faut ainsi se demander à quelles conditions l'expérience peut avoir une valeur de manière à pouvoir saisir ce qu'est un homme d'expérience. Vous pouvez alors repartir du sens premier de la notion d'expérience comme rencontre, rencontre d'un esprit et d'une matière. Remarquez alors que cette rencontre seule, peut ne rien apprendre, encore faut-il être capable de tirer des leçons de l'expérience. Or, une telle attitude n'exige-t-elle pas une pratique du jugement ?

 

L'expérience : simple soumission aux faits ?

 

 Ici, c'est la dimension épistémologique du sujet que vous devez exploiter, autrement dit, son rapport avec la philosophie de la connaissance. Qu'est-ce qu'une expérience ? Qu'est- ce que faire une expérience ? Songez également à la question de l'expérimentation en laboratoire. L'expérience n'est-elle qu'une sorte de constatation brute d'un donné qui se livre à nous dans une nudité originelle ? Les choses sont plus complexes que cela et l'expérience s'avère être au contraire un mélange de soumission à un donné (ou " fait ", appelons-le comme on le voudra) et de construction de ce même donné. Notre esprit en effet reçoit des impressions sensibles, mais les organise, les lie, les synthétise et participe ce faisant à leur élaboration. En ce qui concerne l'expérience au sens savant du terme, elle n'est pas non plus la soumission aux faits mais bien plutôt la soumission des faits à une théorie explicative offrant cohérence et constance. Le savant dans son laboratoire ne fait pas que travailler sur des faits bruts (un fait brut en astronomie donnera bien souvent une illusion d'optique qu'une perception de la réalité de l'objet étudié).
par lenuki publié dans : méthodologie
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Lundi 17 mars 2008
Analyser le sujet
 
 
1. Reconnaître le genre de la question posée : l'analyse de la forme verbale
a.       Que signifie : « Analyser un sujet » ?
Analyser le sujet, c'est définir et expliquer chacun des termes du sujet, de façon à éviter tout contresens et tout hors-sujet, et à ne pas manquer la spécificité de la question posée.
Ces éléments d'analyse devront être réutilisés pour l'introduction, dont ils constituent la première étape essentielle.
b.       Reconnaître le type de sujet auquel on a affaire
On distinguera essentiellement :
– les sujets de type définitionnel ;
– ceux qui mettent en question l'obligation ou le devoir de faire quelque chose ;
– ceux qui interrogent la possibilité d'une action ou d'une chose ;
– ceux qui concernent une question de droit.
Pour savoir à quel type de sujet on a affaire, il faut avant tout prêter attention à la forme verbale interrogative du sujet.
c.       Prêter attention à la forme verbale et l'analyser
Pour s'assurer du genre de sujet ou de question posés, ainsi que de leur spécificité, il faut commencer par prendre garde à la forme verbale qui structure le sujet (« Peut-on… ? », « Faut-il… ? », etc.), ainsi qu'aux éventuels adverbes qui l'accompagnent (« nécessairement », « toujours », etc.).
2. Analyser le « terme secondaire » du sujet
a.       Qu'appelle-t-on le « terme secondaire » ?
Le « terme secondaire » s'oppose à la notion du programme qui apparaît dans tout sujet : c'est le terme qui semble le moins important et que l'on a à tort tendance à négliger, alors que c'est lui qui fait la spécificité du sujet.
Exemples
Dans la question : « Le langage est-il un instrument de communication ? », ou encore : « La conscience peut-elle être le guide de mon action ? », on distinguera la notion au programme ou terme majeur (le langage, la conscience), du terme secondaire ou mineur (« instrument », « guide »), que l'on s'attachera d'abord à analyser.
b.       Comment analyser le terme secondaire ?
La simplicité même de ce terme le rend souvent difficile à définir.
Pour ce faire, on peut recourir à deux techniques simples :
–  réutiliser le terme dans une phrase plus commune afin de mieux apercevoir et d'expliquer le sens de ce mot ;
Exemples
Pour le sujet « Le langage est-il un instrument de communication ? », on peut utiliser le terme « instrument » ainsi : « un violon est un instrument de musique » (qui sert à faire de la musique). Pour faciliter l'analyse de la question « La conscience peut-elle être le guide de mon action ? », la phrase « j'ai guidé mon invité jusqu'à la salle à manger » peut aider à mieux comprendre le sens du terme secondaire (je lui ai montré le chemin parce que je connais ce lieu).
– faire appel à des exemples concrets.
Exemples
Pour le sujet « Le langage est-il un instrument de communication ? », on peut ainsi faire appel au stylo ou au marteau qui sont des « instruments », c'est-à-dire des objets qui ont une fin déterminée. En ce qui concerne la question « La conscience peut-elle être le guide de mon action ? », on peut penser à un guide touristique, à un guide de montagne qui sont des objets ou des personnes qui ont ou donnent une connaissance suffisante pour se diriger vers le but où l'on souhaite se rendre.
On commence alors à apercevoir plus précisément ce qu'implique la question posée.
3. Analyser la notion du programme
a.       Ce qu'il ne faut pas faire
Il ne faut pas, dès l'introduction, vouloir trop en dire sur la notion étudiée – en particulier si sur cette notion on possède des connaissances en grand nombre : si l'on en dit trop dès le début, le développement sera ensuite d'autant plus difficile à élaborer.
b.       Ce qu'il faut faire
Il faut donc au contraire, au stade de l'analyse du sujet, en rester à des choses simples et liminaires, à savoir :
–  rappeler éventuellement l'étymologie, du moins si elle est signifiante ;
Exemple
Savoir que le mot « travail » vient du latin tripalium, qui désigne un instrument de torture, peut être utile pour éclairer au moins l'un des aspects du travail.
–  proposer une définition simple, et même naïve, qui servira de point de départ à la réflexion au lieu de donner une définition absolument définitive qui risque de « bloquer » au contraire la réflexion et d'empêcher toute progression de celle-ci.
Exemple
On peut définir pour commencer la liberté comme « capacité de faire ce que l'on veut ou ce que l'on désire sans contrainte », quitte à préciser ou remettre en cause cette définition initiale au cours de la réflexion.
4. Reformuler le sujet
Une fois tous les éléments du sujet analysés, on peut proposer une reformulation de celui-ci, afin de l'éclairer et d'en préciser le sens – et de montrer que l'on en a vu la spécificité.
Cette analyse et cette reformulation doivent aider à apercevoir et mettre au jour le problème, qui constituera le deuxième élément essentiel de l'introduction ainsi que le fil directeur du devoir.
Exemple
Un sujet tel que « Le langage est-il un instrument de communication ? » peut être reformulé, après analyse de ses différents termes, de la façon suivante : « Le langage est-il vraiment un objet extérieur à moi, qui se définirait (à la manière d'un téléphone) par une finalité unique : communiquer, c'est-à-dire exprimer et transmettre mes pensées aux autres ? »
par lenuki publié dans : méthodologie
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Vendredi 22 février 2008
Bac Philo : travailler les concepts et préparer des fiches
 


 
En plus de la liste des notions à étudier, le programme comporte, en effet, une suite de « repères » qui consistent en une série de couples : absolu/relatif, universel/singulier, général/particulier, etc...
Cet ajout est significatif car il explicite une idée sous-jacente à l’enseignement de la philosophie : il faut que les candidats prennent conscience que la pensée philosophique procède par couples de concepts, et qu’ils doivent eux-mêmes s’habituer à manier les concepts deux par deux, en passant de l’un à l’autre ou en les opposant l’un à l’autre.
En ce sens, deux conseils peuvent s’avérer utiles :
 que les candidats disposent d’un répertoire de concepts dans lequel ils donnent pour chacun d’eux sa définition ainsi que son corrélatif. Par exemple, après avoir défini « absolu », ils indiquent son corrélatif « relatif » ;
 qu’ils en profitent pour faire figurer dans leur répertoire tous les termes techniques rencontrés pendant l’année, même s’il ne s’agit pas de concepts qui marchent par couples.
Dans le même ordre d’idées, les candidats ont tout intérêt à s’exercer au maniement des concepts en les prenant deux à deux. Opposer ainsi une idée à une autre leur permet de comprendre que la pensée s’affirme en s’opposant : « Penser, c’est dire non » dit le philosophe Alain. Il entend par là qu’il est nécessaire de soumettre tout ce que l’on croit, ce que l’on voit, ce que l’on pense à l’examen critique de la pensée philosophique. Alain veut indiquer aussi que dire non à telle ou telle affirmation, telle ou telle thèse est la manière la plus simple de commencer à penser.
Cela ne veut pas dire que le travail philosophique consiste uniquement à manier des concepts de façon négative. Une fois que les candidats se sont initiés à la pensée en apprenant à opposer les idées les unes aux autres, ils doivent encore donner un contenu aux thèses qu’ils rencontrent dans leur réflexion.
Pour cela il leur est conseillé, une fois qu’une notion a été abordée en classe avec leur enseignant, de la résumer sur une fiche :
 recopier le plan du cours avec les idées principales qui correspondent à chaque partie,
 choisir une citation que l’on associe à chacune de ces idées principales.
Ce travail est très important car il rend la révision beaucoup plus facile et force les candidats à avoir des références.
A ce propos on rappelle que l’usage des citations dans une dissertation obéit à un principe simple : une citation, qu’elle annonce ou illustre un argument, doit être expliquée. Sinon elle est inutile, sans valeur et au pire elle agace le correcteur.
 
Philo : la dissertation en question !
La dissertation est un enchaînement serré d’arguments où tout se tient d’un bout à l’autre, depuis l’introduction jusqu’à la conclusion.
À ce modèle formel, la philosophie ajoute l’idée que l’ensemble doit répondre à un problème de nature philosophique. D’où la question suivante, à la fois philosophique et méthodologique : qu’est-ce qu’un problème philosophique ? Mise au point...
Par Marc Ballanfat
Des questions, des problèmes...
Il est possible de confondre, en apparence, une simple question et un problème. Il convient de les distinguer pour deux raisons. En premier lieu, on pose une question pour obtenir une réponse, du moins est-ce ainsi en général, tandis que l’on pose un problème afin d’essayer de le résoudre. Voilà pourquoi on ne répond pas à un problème, de même qu’inversement on ne résout pas une question.
En second lieu, il se trouve qu’une question posée recouvre le plus souvent un problème différent, que la réflexion a pour tâche d’élaborer en vue de remplacer l’interrogation initiale. En ce sens, la moindre question soulève un ou plusieurs problèmes, inapparents, auxquels s’intéresse justement celui qui ne se contente pas de répondre à la question posée.
Que l’être humain se pose des problèmes et pas uniquement des questions, voilà ce qu’exprime l’étonnement philosophique. Tel le problème qui sert de fondement, selon Heidegger, à l’interrogation métaphysique : “ Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ”. Il ne s’agit pas ici de répondre à la question, mais de s’engager dans une méditation sur l’existence et le néant.
Il convient donc, dans un premier temps, de partir de la question initiale pour comprendre le problème qu’elle soulève.
Mise en situation et analyse de la situation
Trouver une situation qui “ colle ” parfaitement à la question ne suffit pas à déterminer la nature du problème. Encore faut-il l’analyser en s’interrogeant. Quels sont les éléments que comporte cette situation ? Comment se situent-ils les uns à l’égard des autres ?
Vous devez ensuite poursuivre cette analyse jusqu’au moment où toute sa complexité est mise en évidence. En vérité, plus on pousse loin l’analyse, plus on prend conscience des difficultés insoupçonnées qu’elle révèle. L’objectif : formuler un problème tenant compte de tous les éléments mis en relation par l’analyse.
La position du problème
Poser un problème revient d’une façon ou d’une autre à se demander pourquoi et comment on arrive, à partir de tels ou tels éléments, à se poser telle ou telle question. Il existe divers problèmes, et non un problème unique, selon la manière que l’on a de rapporter les éléments de la situation. On appelle “ juger ”, l’acte par lequel on relie entre eux les moments de l’analyse pour formuler le problème.
Cela signifie qu’aucune méthode de dissertation ne peut se dispenser de parler du bon usage du jugement. Il faut bien faire appel à sa faculté de juger pour établir qu’il existe tel ou tel problème en fonction des résultats fournis par l’analyse.
Poser un problème revient, également, à se demander pourquoi c’est telle ou telle question qui se pose dans telle ou telle situation. Si l’on demande, par exemple, “ Peut-on définir l’homme ? ”, il convient de rechercher pourquoi cette question précise, et pas une autre, se pose dans certaines situations et pas n’importe lesquelles. Que ces situations soient à leur tour hautement problématiques (étude scientifique, différence d’avec l’animal, nature humaine) suffit déjà à montrer que c’est bien l’homme qui est problématique pour lui-même.
On peut estimer que la meilleure façon de poser le problème dépend de l’analyse de la question initiale.
Élaborez un plan
Le principe cardinal de tout plan est la progressivité : aller du simple au complexe, du sens commun à la réflexion philosophique (à supposer que le sens commun soit simple), afin d’exposer la solution choisie par rapport au problème.
Trois parties se dégagent naturellement de ce type de plan. La première examine les arguments du sensus communis, en apportant une solution, claire et compréhensible, au problème posé. Mais ce n’est pas suffisant : l’esprit ne se contente pas de penser avec les autres, bien que cette étape reste essentielle, encore doit-il penser contre les autres. Ainsi, justifie-t-on la seconde partie de nature “ dialectique ”, au sens hégélien du mot, dont le but est de formuler des objections à l’encontre de l’argumentation largement acceptée par le sens commun.
Vient enfin, dans la dernière partie, l’effort pour penser par soi-même, qui se manifeste avant tout par la volonté de dépasser l’opposition stérile entre deux positions ou deux attitudes. Vous pouvez y énoncer une troisième position, quitte à vous réconcilier avec certaines idées critiquées auparavant, ou inversement, à justifier une partie des critiques énoncées.
Il faut garder à l’esprit que le plan éclaire la position du problème au sens où il indique une solution envisagée face aux difficultés soulevées par le problème. L’essentiel est donc la lisibilité de la réflexion personnelle, sa logique, sa cohérence, ses objections possibles, son ouverture à des questionnements différents, et enfin, son humilité, face à l’infinie complexité d’un problème.
Les types de plan
Bien qu’il n’existe aucune formule toute faite susceptible de vous guider dans la composition du plan, l’énoncé par soi-même peut indiquer une voie à suivre, en particulier dans deux cas.
Lorsque la formule “ peut-on ” ou une variante sont utilisées, il est possible de concevoir le plan ainsi : la première et la dernière parties consistent à expliciter les deux significations de la formule à savoir la capacité physique, la faculté, puis la permission, le droit de... Il ne vous reste plus qu’à introduire dans la seconde partie le moment “ dialectique ” où vous formulerez des objections à la partie précédente. On a donc le schéma suivant :
Partie I : “ Il est possible de... ”
Partie II : “ Or... ” (objections et critiques)
Partie III : “ Donc, il est permis de... ”
Un principe analogue vaut quand l’énoncé “ faut-il ” ou une de ses variantes remplacent le premier, en utilisant les deux sens possibles de la formule. Dans ce cas, on propose le plan suivant :
Partie I : “ Il est nécessaire de... ”
Partie II : “ Or... ” (objections)
Partie III : “ Donc, on a le devoir moral de... ”
Bac Philo : la rédaction d’une dissertation
Un soin particulier, faut-il le rappeler, doit être apporté à la rédaction de la dissertation.
Outre une bonne orthographe, celle-ci doit comporter une certaine recherche dans le style adopté (un devoir sur la passion ne peut pas s’écrire comme une réflexion sur la science, par exemple), une fluidité d’écriture, une dramatisation occasionnelle dans le ton (lorsqu’un passage s’y prête particulièrement) ainsi qu’un souci d’équilibrer les parties et, à l’intérieur de chacune, les paragraphes.
Rappel :
Une partie se divise théoriquement en trois paragraphes égaux (plus ou moins), suivis d’un très court paragraphe de transition (de préférence sous forme de question).
Le paragraphe, quant à lui, s’ouvre par une phrase exposant l’idée principale qui va y être exprimée (de longueur indéterminée).
Puis vient la phrase explicative (avec le traditionnel « en effet ») qui présente les raisons justifiant l’idée développée.
Suivent la ou les phrases jugées nécessaires à l’explicitation de l’idée principale avant l’illustration par l’exemple (qui peut prendre une ou plusieurs phrases).
Le choix de l’exemple approprié, on ne le répète jamais assez, donne une force considérable aux arguments déjà exposés.
Enfin, fermant le paragraphe, la phrase récapitulative qui, par une formule bien frappée, s’imprime dans l’esprit du lecteur.
Bac Philo : la conclusion
On rappelle ce que l’on pense avoir démontré dans le cadre de la problématique et comment on juge l’avoir conduite, ce qui permet d’une part de montrer :
 que l’on a conscience des difficultés rencontrées,
 qu’il reste des pans entiers du problème à approfondir.
On est ainsi amené à terminer le devoir en l’ouvrant, comme de coutume, sur l’une des interrogations qu’il suscite ou qu’il est en droit de susciter
 
Bac Philo : l’argumentation du texte
La mise en évidence du problème jette sur le texte la première lumière, celle dont dépend toute la suite de l’étude. Puisque la réflexion philosophique part ou aboutit à un problème, l’étude ordonnée doit procéder à partir de lui.
Vient ensuite l’examen de l’argumentation. Il a pour but essentiel de révéler les raisons qui font que c’est tel argument, et pas un autre, que l’auteur emploie à tel moment de son raisonnement.
Rendre raison de tout ce qui est pensé dans le texte, tel est l’idéal d’une explication parfaite.
Bien que nul ne puisse prétendre l’atteindre, chacun reconnaît que cet horizon demeure ce qui donne sens à l’étude, ce qui l’oriente et la justifie. Mais pour cela, encore faut-il prêter attention à la lettre comme à l’esprit. Du début jusqu’à la fin, de la première à la dernière ligne, le lecteur doit soupeser chaque mot pour s’assurer de sa signification, il l’analyse, le replace dans l’énoncé, lui restitue sa charge rationnelle.
Rien n’est laissé au hasard de cette façon, au contraire, on capte le sens enfermé à l’intérieur des concepts pour l’exposer, le développer, le « déplier » (sens littéral de explicare, en latin).
De sorte que l’argumentation mise à plat, offerte au regard de l’esprit, tout le texte se déroule d’un bout à l’autre comme un rouleau de tissu offert à la convoitise des yeux. Il n’a plus de secrets pour le lecteur, tout est devenu clair, tout s’enchaîne. La pensée de l’auteur est devenue lisible au lecteur, qui sait maintenant ce qui se dit dans le texte, pourquoi cela se dit ainsi et pas autrement.
Expliquer l’argumentation, c’est donc restituer la nécessité intérieure avec laquelle elle a jailli d’une pensée humaine pour prendre corps dans des concepts.
Chemin faisant, on s’attachera à suivre le mouvement du texte, à savoir son découpage en parties, et l’articulation visible entre ces moments.
Cette attention au « pliage » du texte est la preuve que le lecteur ne prend pas la pensée pour un bloc monolithique, mais pour un parcours jalonné de pauses, de raccourcis, de démarrages imprévus, bref qu’il suit une pensée en train de se faire, non une pensée toute faite (pour reprendre une distinction chère à Bergson).
C’est cette temporalité du texte que le mouvement manifeste en donnant à voir les transitions, les passages d’une idée à une autre, les conclusions provisoires. Un texte revit sous les yeux de son lecteur quand il retrouve sa musique, son tempo, sa durée (encore un emprunt à Bergson).
 
par lenuki publié dans : méthodologie
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Mardi 19 février 2008
 
Pourquoi disserter ?
 
La philosophie n’a pas d’objet, elle est définie par sa méthode. Elle peut s’interroger sur tout, contrairement à toute « science » qui se cantonne à un domaine et aux phénomènes qui s’y rattachent : la biologie ne s’intéresse pas aux faits économiques mais à ceux de la nature. La philosophie, elle, chapeaute toutes les sciences, et c’est en cela qu’elle en est la « princesse » (« la première d’entre toutes » ; plutôt que « la reine »), n’a pas de bornes puisqu’elle peut indistinctement s’interroger sur « qu’est-ce qu’un fait social ? » (en sociologie), « qu’est-ce qui est historique ? » (en histoire), « le vivant » (en biologie) ou « la mathématique est-elle un jeu de l’esprit ? ». Au-delà des sciences, elle est évidemment capable de s’interroger sur « le temps», « les robots », « le probable », « la fête »… Tout ce qui touche à notre réalité.
Ce foisonnement de questions n’est pas pour autant synonyme de désordre philosophique, bien au contraire. D’abord, malgré l’inexistence d’un objet qui serait particulier à la philosophie, on peut tout de même définir ses différents « thèmes » : l’esthétique, l’éthique, la politique, l’épistémologie et la métaphysique (la théologie…). Ensuite, pour juguler cette inflation la philosophie fut obligée de mettre au point une méthode radicale pour fonctionner correctement. S’interrogeant sur son but, la philosophie peut répondre : « j’ai un objet, au-delà de ses multiples réalités, ‘‘l’essence des choses’’ ». Ainsi, alors que toute science cherche à expliquer une réalité particulière, la philosophie « déroule » le fonctionnement même de cette explication. Elle définit chaque domaine dans lequel chaque science se trouve ensuite « encerclée ». La science est « enfermée » dans son objet ; ainsi l’économie ne sortira jamais d’une explication économique des phénomènes (le vieillissement, par ex). Là où la philosophie s’élève et contemple cet objet même, car elle seule « pense » et est « objective ».
Pour pouvoir traiter de la multiplicité de ses thèmes, la philosophie doit donc proposer une méthode commune à tous et capable de saisir le seul objet qui la contente, leur essence. Car il s’agit bien de mettre de l’ordre, par une même méthode radicale et transposable à tous ses objets, la dissertation. La dissertation sera donc la méthode de la philosophie pour atteindre l’essence. Toutefois, cette explication ne contente que les ouvriers de la philosophie qui sont déjà convaincus du but assigné à leur « métier ». En effet, ce n’est une démonstration valable que si on a envie de « mettre de l’ordre » c’est à dire que l’on accepte comme un consensus la nécessité de « faire de la philosophie ». Or l’élève lambda n’en a cure et voit encore moins, a priori, en quoi la dissertation serait plus adaptée à la philosophie qu’autre chose de moins difficile à mettre en œuvre (la description, l’argumentation ou, plus fantaisiste encore, le feeling). Car de la contrainte à la nécessité, il n’y a qu’un pas, celui de « l’intérêt philosophique » ; or on sait avec Nietzsche qu’il n’y a que la nécessité, non vécue comme une contrainte (= une exigence contingente et douloureuse), qui permet à la liberté de s’exercer. On ne pourra donc donner l’envie de philosopher qu’à condition d’apporter la preuve de la nécessité de disserter. Il faut donc montrer la nécessité d’un traitement philosophique des objets (pourquoi ne se contenter que d’une essence plutôt que d’une simple explication subjective ?) qui dès lors rendra la dissertation plus que nécessaire, indispensable.
L’humanité se pose des questions. Elle s’en est toujours posée à partir du moment où elle a appris, détachée de la nécessité et de la conservation de soi, à contempler un objet en dehors de toute considération utilitaire. Par exemple, l’homme travaille « pour vivre », jusqu’à un jour pouvoir déléguer cette tâche à des esclaves, et ainsi le contempler extérieurement (dans la Grèce Antique). Alors, et seulement alors, il jouit d’une distance suffisante pour saisir le rôle ontologique du « travail » : le travail est une façon pour l’homme de se donner ses propres fins c’est à dire de se donner de l’identité, par la représentation de soi dans les objets de son travail. La philosophie est donc cette démarche née de cette disposition de l’esprit humain à chercher à tout prix une réponse à quelque chose d’extra-ordinaire, dès lors qu’on en a un souci humain (non utilitaire). Pourquoi a-t-on tellement besoin de travailler, alors que l’expérience en est si douloureuse ? Elle est cette « approche » des choses qui cherche à apporter une réponse précise à des questions que se pose l’humanité. Si la philosophie est par là « la fille de l’étonnement » (Aristote), qui fait naître les questions et, par conséquent, cette approche si particulière, la dissertation seule saura en porter « le fruit ».
L’étonnement provient de ce qui est extra-ordinaire, ce qui « sort de l’ordre » c’est à dire ce qui n’a pas encore de sens déterminé. L’homme dispose à ce titre d’un « monde propre » dans lequel il doit ramener le reste de l’im-monde (ce qui ne l’est pas encore) pour y prendre pied (Heidegger). Ce monde propre est le monde du sens, parce qu’il est bien ordonné : il est « propre » (comme on le dit d’une chambre bien ordonnée) parce qu’il le comprend. Mais ce monde est aussi propre « à l’homme », au sens où « c’est le sien » parce qu’il se l’est approprié. L’appropriation du sens passe donc par la compréhension, sorte de maîtrise intellectuelle (qui n’est pas celle, utilitaire, de la science) des objets qu’il côtoie. Le propre de l’homme est donc bien de s’inscrire dans le monde, en trouvant du sens dans les choses ou plutôt en les lui en donnant. Ce sens, il le trouve dans l’essence et pour cela doit faire de la philosophie. Il doit « apprendre à s’étonner » des choses, trouver leur essence, pour les ramener dans son « ordre ». En s’appropriant l’essence, l’homme s’approprie le monde car il le comprend.
Or comprendre c’est expliquer, ne serait-ce qu’à soi, donc « dérouler » un cheminement pour (se) convaincre. La philosophie doit donc convaincre, elle est cette méthode qui clarifie la pensée, l’unifie et en organise le déroulement autour d’un « sujet », pour apaiser l’étonnement qu’il suscite (il n’y a rien de pire qu’une énigme à laquelle on ne trouve pas de solution). Il faut donc une logique à la pensée philosophique. Mais ce n’est pas suffisant car une argumentation, par exemple, peut très bien être logique sans pour autant convaincre : c’est le cas par exemple en politique dans laquelle on argumente logiquement sans apporter de sens définitif à une question. La logique philosophique est donc une condition nécessaire mais insuffisante car il faut encore donner une direction à cette pensée qui l’oriente vers une véritable réponse. Il faut une réponse logique pour con-vaincre notre étonnement. De même que le monde propre est à la fois appropriation et compréhension, le sens doit être signification (qui ne déroge pas à la logique) et direction (vers une fin).
Et apporter une réponse, c’est avant tout pouvoir trouver quelque chose à résoudre. Comme dit Wittgenstein, « il n’y a pas d’énigme ; à partir du moment où une question peut être posée, c’est qu’elle admet une réponse ». Les énigmes n’existent pas en philosophie : si on n’« entrevoit » pas de réponse, c’est qu’on n’a pas la bonne question. Apporter une réponse, c’est donc répondre à un problème posé qui suscite l’étonnement, ce qu’on appellera véritablement une problématique. Une problématique doit laisser entrevoir une réponse et intéresser celui qui la lit. Par exemple : en disant « respecter l’autorité », comment expliquer que cela signifie à la fois soumission irraisonnée et acceptation inconditionnée ? L’intérêt que suscite le travail philosophique est sans aucun doute cette cerise sur le gâteau qui reste à la fois la plus précieuse gratification et la meilleure preuve d’un travail réussi. C’est d’abord l’intérêt du lecteur, qui voit son étonnement tout à la fois maintenu et satisfait petit à petit, mais aussi l’euphorie du rédacteur qui se sent tel un démiurge disposant des outils créateurs de « sens » pour autrui. En cela, la philosophie contient quelque chose du divin.
Ce qui ne laisse plus de doute possible : qu’est-ce qui est une méthode universelle pour la philosophie, qui a un déroulement logique de la pensée capable de convaincre, et qui apporte une réponse à une problématique suscitant l’intérêt ? Seule la dissertation pourvoit à ces trois conditions. Elle n’est donc pas une exigence, mais une nécessité à la pensée.

2. Disserter, c’est ensuite parvenir à une réponse
Toute la difficulté naît donc de celle qu’on éprouve à découvrir un paradoxe derrière un sujet. Les mauvaises dissertations n’en sont pas, tout simplement, car elles se contentent de se dérouler sous nos yeux, sans savoir où parvenir. Or la clé de la dissertation réside dans cette nécessité de parvenir quelque part, si modeste nous apparaisse cet endroit. L’exercice qu’on réalise dans le cas contraire n’est pas à proprement parler une dissertation, même s’il en a les caractéristiques formelles (introduction/développement/conclusion), mais se confond avec deux autres : celui de l’argumentation (au plan pratique) ou celui du philosophe (au plan théorique).

La dissertation seule sait où elle va, et seule est appropriée à la philosophie qui veut résoudre des paradoxes, on l’a dit. La philosophie cherche en effet à domestiquer la pensée, et non à la laisser aller « librement ». C’est le propre de la distinction que fait Nietzsche, excédé qu’on les confonde, entre les « philosophes » à proprement parler et les « ouvriers de la philosophie ». Le philosophe crée (de la pensée), là où les ouvriers de la philosophie (les profs de philo et les élèves) s’en servent pour « travailler ». L’élève est ‘‘un ouvrier spécialisé en philosophie’’.

« ouvrier spécialisé : ouvrier chargé d’exécuter un travail précis sans avoir de qualifications particulières » (Larousse, 2002).

Faire de la philosophie, ce n’est donc ni être philosophe, ni « inaugurer » de la pensée, mais c’est exercer sa pensée par un travail précis (la dissertation). C’est penser sur des rails et non pas procéder comme les philosophes, qui posent des questions ‘‘ouvertes’’ contrairement à ce qu’on fait croire. Il s’agit de s’engager sur des chemins déjà ouverts, pour y baliser sa propre piste, en se servant de leur pensée. Ainsi, essayer de répondre à Qu’est-ce qu’une crise ? directement, c’est confondre son travail avec celui du philosophe. Il faut au contraire y trouver une problématique ; faire fonctionner la pensée des autres plutôt que penser par soi-même (jusqu’à y parvenir un jour).

Si on confond ces rôles, c’est que l’on affirme un point de vue philosophique et non qu’on avance une réponse à l’étonnement de tous. C’est donc ne pas répondre aux exigences de la dissertation, qui doit lui apporter une réponse ; où en cela il est plus difficile d’apprendre à s’étonner que de « penser » philosophiquement. Fondamentalement, les mauvaises dissertations confondent alors disserter et argumenter, puisque le philosophe appuie son point de vue particulier sur des preuves empiriques, toujours incomplètes. Le philosophe n’a pas de réponse à apporter, il a des outils à proposer à ses ouvriers.

Exemple : « Qu’est-ce qu’une crise ? »
réponse du philosophe : une crise est un « moment » mais elle peut durer ; elle est soudaine ; elle est une logique qui se retourne contre elle-même… (argumentation, outils du « patron » qui serviront à la dissertation de l’ouvrier).
réponse de l’ouvrier : la crise est un moment d’ébranlement où la raison voit ses fondations s’effondrer. Elle est un moment de mise à l’épreuve de la raison, puisqu’elle en est l’instructrice. Dès lors, toute crise est-elle solvable par l’action de la raison ? Peut-on sortir d’une crise où la raison elle-même serait affectée, comme celle de notre modernité ? (dissertation).

Il faut donc se contenter modestement, dans une dissertation, d’utiliser les outils mis à notre disposition par les véritables philosophes, pour répondre à des problèmes que, néanmoins, je peux soulever (et résoudre). L’ouvrier n’est pas le patron tout comme l’élève n’est pas philosophe. Et au-delà de la simple faute méthodologique, cette bévue qui consiste à mal distinguer les deux rôles finit par donner l’impression que la philosophie ne fonctionne pas comme les autres « matières ». Elle souffre de cette image qui lui associe une sorte « intuition » philosophique inaccessible à ceux qui n’en disposent pas dès la naissance. Or le génie n’impressionne que ceux qui ne le savent pas être le fruit d’un travail acharné. L’ouvrier spécialisé de la philosophie « n’a pas de qualifications particulières », d’après sa définition : chacun peut parvenir à disserter.

Mais on sait bien que tout élève lambda garde l’impression que le « bon élève » en philosophie créé ses propres outils grâce à ‘‘un don inné de la nature’’, qu’il ne possède (évidemment) pas. Pour se convaincre de la fausseté d’une telle image, prenons par exemple les mathématiques : il y est nécessaire de bien connaître ses théorèmes pour pouvoir résoudre un problème. On peut bien entendu s’aider de calculs « personnels » ou « d’intuitions », mais on restera incapable de redémontrer le théorème de Pythagore seul, si on ne le maîtrise pas. Il en va de même en philosophie, qui remplace ses « théorèmes » par ses « philosophèmes » : pour réussir, il faut les maîtriser. Il n’y a donc aucun secret de philosophe en dissertation ; il n’y a qu’un même exercice difficile de la pensée pour tous, où seuls les ouvriers qui se ont développés les meilleurs réflexes (par leur travail philosophique) avec les mêmes outils, produisent les meilleures pièces.
 
par lenuki publié dans : méthodologie
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Samedi 9 février 2008
Thème, thèse et idées principales du texte suivant :
" Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ; car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent : mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. "
                                                                                 Descartes     Discours de la méthode
 
Interrogez la question suivante : Faut-il toujours être raisonnable ? 

Interrogez la question suivante en définissant la raison : la raison est-elle bien ce qui distingue l'homme de l'animal?
 
                                            Corrigé des exercices
 
A.   Texte de Descartes
                   
Thème : la raison
Thèse : « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » ou (ce qui signifie la même chose) « la puissance de bien juger….est naturellement égale en tous les hommes »
 
Idées principales
  1. Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée
  2. Argument : ceux-là même qui sont toujours insatisfaits n’en désirent pas plus qu’ils en ont
  3. Cela témoigne de l’universalité naturelle de la raison : la raison qualifie donc l’homme en propre
  4. D’où question : comment se fait-il alors que les opinions humaines soient aussi diverses ?
  5. Cela ne peut provenir de la raison, égale en tous
  6. D’où : cela ne vient-il pas alors d’un manque de méthode dans la recherche de la vérité ?
  7. C’est pourquoi l’essentiel n’est pas d’avoir l’esprit bon, mais de l’appliquer bien…
 
 
B.   Faut-il toujours être raisonnable ?
 
Etre raisonnable, n’est-ce pas être capable d’agir conformément à la raison ?
Ainsi, une personne déraisonnable est une personne qui agit ou se comporte d’une manière irréfléchie, sans mesurer les conséquences de ses actes. En ce sens, le fou n’est pas raisonnable, et le passionné ne l’est pas non plus.
Mais tout usage de la raison conduit-il nécessairement à être raisonnable ? Le passionné ne peut-il pas se servir de sa raison pour mieux parvenir à ses fins ? En ce sens, n’y aurait-il pas, alors, de bons et de mauvais usages de la raison ?
De plus, « faut-il » peut avoir deux sens :
  • Est-il nécessaire de… ?
L’usage de la raison ou la conformité de son action à la raison sont-ils de l’ordre des besoins vitaux ? De plus, l’idée de nécessité n’exclurait-elle pas le libre usage de la raison ?
  • Doit-on, est-ce une obligation, un devoir moral de…
Or la conformité à la raison, n’est-elle pas la garantie d’un devoir moral ?
Donc, s’il est souhaitable, pour qu’un comportement soit moral, d’être raisonnable, est-ce toujours souhaitable ? La moralité serait-elle la condition du bonheur ? Si c’était le cas, au vu de nos écarts de conduite du point de vue de la raison, pourrions-nous être heureux ?
Ici, ne serait-ce pas le « toujours » qui poserait problème dans la question ?
Peut-on toujours être raisonnable ?
Et si on ne le peut pas, au nom de quoi le faudrait-il ?
Enfin, si les hommes avaient toujours été raisonnables, auraient-ils pu progresser, développer leurs potentialités ? Combien de révolutions, d’œuvres grandioses, de réalisations techniques ou de prouesses scientifiques seraient restées impossibles si leurs auteurs avaient été trop raisonnables ?
   C. La raison est-elle bien ce qui distingue l'homme de l'animal ?     
Que l'homme soit défini par la raison est une chose assez évidente lorsqu'on regarde l'histoire de la philosophie et l'évolution des idées. Platon, comme Aristote et les stoïciens, avaient insisté sur cette importance de la raison, qui permet de distinguer le vrai du faux et le bien du mal. Pourquoi insister sur ce critère ? En raison des similitudes qui peuvent par ailleurs exister entre l'homme et l'animal. En effet, l'animal peut avoir des mimiques humaines (pensez aux singes), peut donner l'impression qu'il parle (pensez x perroquets), qu'il s'organise socialement (pensez aux fourmis), qu'il travaille (pensez aux abeilles) ou encore qu'il est intelligent (pensez aux dauphins). Dès lors seule la raison est un concept pertinent pour penser une différence essentielle de l'homme par rapport à l'animal. Car l'être humain ne cesse d'évoluer, est toujours autre que ce qu'il était à sa naissance et cette évolution n'est pas inscrite dans des gènes mais résulte de la capacité qu'à l'homme de toujours viser ce qui est possible, pas seulement ce qui est réel. D'autre part, l'homme est raisonnable au sens où il peut être autonome, agir conformément à sa volonté lorsqu'elle n'est pas déterminée par des mobiles sensibles mais des motifs moraux. Ainsi seul l'homme peut agir conformément à des principes et des exigences intellectuels qui ne sont pas posés par la nature. Enfin l'homme est soucieux de vérité et son discours n'est pas le fait d'une imitation. Vous voyez donc que nous devons supposer cette différence essentielle qu'est la raison, sans quoi il n'y aurait pas de raison d'affirmer que l'homme est un animal, certes plus évolué, mais un animal quand même. Le postulat de la raison est donc lui-même un signe de notre raison. C'est pourquoi on définit traditionnellement l’homme comme un être doté de raison. C’est à partir de la raison que nous le distinguons généralement de l’animal. Se demander si la raison est spécifiquement humaine consiste donc à s’interroger sur la légitimité d’une telle définition. Ne peut-on pas attribuer la raison à l’animal ? Ne peut-on pas même trouver une rationalité dans le monde, dans l’ordre des choses ? Il serait donc nécessaire de saisir ce qui nous conduit à dire que la raison est le propre de l’homme. Ici, vous pouvez tout simplement vous référer aux premières pages de la Politique d’Aristote lorsqu’il définit l’homme comme un « animal politique ». Aristote commence par distinguer l’homme de l’animal en disant que l’homme est un être qui parle, qui est doté de logos (langage, raison). L’homme signifie alors que l’animal au mieux exprime. Vous pouvez également alors montrer que l’homme est capable de s’interroger sur des valeurs et de fixer des fins, des buts à ses actions. Ici, vous pouvez vous reporter aux analyses de Kant au début des Fondements de la métaphysique des mœurs. Kant montre ainsi que la nature ne fait rien en vain et qu’elle a doté l’homme de raison. Mais, une fois encore, qu’est-ce qui lui permet ainsi d’affirmer que la raison est spécifiquement humaine ? Pourtant, ne peut-on pas dire qu’il y a aussi une rationalité dans le monde ? Ici, vous pouvez penser aux analyses des Stoïciens lorsqu’ils montrent en quoi il faut se conformer à l’ordre du monde. Néanmoins, si la raison est comprise comme une faculté, n’est-elle pas le propre de l’homme? Il s’agirait alors de montrer que si seul l’homme est un être doté de raison, cela ne signifie pas nécessairement qu’il soit toujours raisonnable.
 
 
par lenuki publié dans : méthodologie
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Samedi 29 décembre 2007
Voici les coordonnées d'un site à consulter sur la méthode de la dissertation de philosophie :

http://www.studyrama.com/rubrique.php3?id_rubrique=3967

A partir de là c'est à vous à vous exercer en fonction des conseils prodigués....
par lenuki69 publié dans : méthodologie
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Vendredi 9 novembre 2007
 
Perfectibilité

Capacité qu'a l'homme de progresser moralement et intellectuellement - progression qui, toutefois, n'est pas garantie.
La notion de perfectibilité se construit au XVIIIe siècle, dans le cadre de la philosophie des Lumières. Elle suppose que l'espèce humaine n'est pas achevée, qu'elle doit réaliser sa nature morale dans l'histoire et grâce à l'éducation ( Kant ). Pour Rousseau, la perfectibilité est ( avec la liberté ) le trait distinctif qui sépare l'homme des autres animaux. Mais, d'après l'auteur de l'Émile, la perfectibilité de l'homme n'implique pas nécessairement que celui-ci devienne progressivement plus parfait. Elle explique même la capacité de la nature humaine à se dépraver - ce qu'elle a fait au contact de la civilisation. Contrairement à l'optimisme historique dominant en général la philosophie des Lumières, Rousseau dissocie la perfectibilité de l'idée de progrès. Loin de faire de l'histoire, comme chez Kant, l'éducatrice du genre humain, le concept de perfectibilité signifie pour Rousseau la faculté que l'homme possède de devenir, de changer sa manière d'être, en bien ( ce qu'il aurait pu faire ) ou en mal ( ce qu’il a fait).
 
L'existence précède l'essence

Qu'entend-on par l'existence précède l'essence ? Selon Sartre, cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après.
Pour mieux comprendre cette affirmation, nous nous pencherons sur quelques aspects de l'existentialisme.
Jean-Paul Sartre définit l'existentialisme comme étant une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine. Selon lui, il y a deux types d'existentialiste: les existentialistes chrétiens et les existentialistes athées. Jean-Paul Sartre se conçoit comme étant un représentant de l'existentialisme athée. Ce que les deux types ont en commun, c'est simplement le fait que l'existence précède l'essence. L'homme est d'abord dans l'univers où il imprime sa marque et se construit librement. Le vécu précède le résultat.
Revenons à notre définition de Sartre qui dit: que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. Selon la conception existentialiste de l'homme, l'homme, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.
Pour mieux comprendre la notion de l'existence précède l'essence, nous verrons la théorie contraire soit l'essence précède l'existence.
L'essence précède l'existence est une théorie complètement à l'opposée de celle vue un peu plus tôt. Cette dernière affirme que l'homme ne peut exister sans avoir préalablement été conceptualisé. Ainsi, l'idée de création de quelque chose doit venir avant même son existence. Cette théorie va complètement à l'encontre de la vision de Sartre, un existentialiste athée.

Aliénation du travail
 
1. L’ouvrier est d’abord aliéné par rapport au produit de son travail dont il est dépossédé après l’avoir fabriqué. Il est extérieur à l’objet qui est approprié par le capitaliste. Or celui-ci en produisant le capital va permettre d’acheter la force de travail de l’ouvrier.
2. L’ouvrier est aliéné par rapport à l’activité de travail elle-même. Il ne contrôle pas le processus de production, il ne produit plus les objets entiers. Ce travail " ruine son esprit et meurtrit son corps ".
3. Il est aliéné par rapport au genre humain. En théorie, l’homme ne produit pas seulement pour satisfaire ses besoins mais aussi pour se réaliser. Or, avec le travail salarié, l’homme ne produit que pour satisfaire ses besoins. L’homme trouve donc sa satisfaction dans les activités animales.
4. L’ouvrier est aliéné par rapport aux autres hommes. Le capitaliste ne voit en lui qu’un moyen pour augmenter sa plus-value et il est en concurrence avec les autres ouvriers sur le marché du travail.
C'est cela que l'on appelle l'aliénation du travail, l'homme se trouve devant le produit de son travail comme devant une réalité qui lui est étrangère, le travail n'est pas pour lui une activité grâce à laquelle il s'épanouit et se réalise, mais uniquement une contrainte nécessaire pour pouvoir survivre dans la société.
L'une des conséquences la plus manifeste du travail aliéné, c'est que la plupart des hommes travaillent uniquement en vue du seul gain sans pour autant tirer une réelle satisfaction de l'exercice même de leur activité professionnelle.
Cela-dit cette forme d'aliénation pourrait aller en diminuant du fait de l'automatisation et de la robotisation, qui entraînent une réduction des tâches les plus ingrates et les plus répétitives au profit d'activités plus valorisantes de maintenance des machines et de gestion des entreprises. De plus les cadres qui ont en charge les ressources humaines prennent de plus en plus conscience que la qualité des produits du travail est meilleure lorsque les producteurs se sentent responsables de leur activité et se reconnaissent dans son résultat.
Il n'empêche que souvent l'impératif de rentabilité poussé à l'excès conduit l'employé à perdre de vue l'intérêt qu'il peut avoir pour son travail et à tomber dans une nouvelle forme d'aliénation.
par lenuki69 publié dans : méthodologie
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Dimanche 28 octobre 2007
 

Le sens commun aurait tendance à affirmer que le langage sert à communiquer. Les animaux, ayant eux aussi un langage, seraient par conséquent nos semblables .Or la conscience commune prône paradoxalement le contraire, ce qui signifie que quelque chose distingue le langage humain et animal. Aussi nous faut-il connaître l’origine de cette différence, de cette divergence ou même, on peut le dire, de ce fossé. Le langage humain est-il spécifique ? N’existe-t-il pas d’autres fonctions qui seraient le « reflet » de la nature humaine ? En d’autres termes, quelles sont les autres fonctions du langage et pourquoi l’Homme est-il le seul à pouvoir les atteindre ? Cette question reste fondamentale pour l’affirmation de la condition humaine au quotidien ainsi que pour nous aider à ne pas réduire systématiquement le langage à sa fonction première qu’est la communication.

par lenuki69 publié dans : méthodologie
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