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Jeudi 15 mai 2008

Peut-on se connaître soi-même ?

 

Opinion : on peut se connaître entièrement et authentiquement. Ne suis-je pas le mieux placé pour cela, sachant ce que je pense et ressens ? Cf. « Connais-toi toi-même », c'est-à-dire prends conscience de ton manque de savoir, donc de la nécessité de t'interroger pour découvrir qui tu es vraiment. Se connaître, n'est-ce pas à la fois le plus utile et le plus difficile ?

 

A. On peut se connaître soi-même 

N'est-on pas le mieux placé donc le mieux à même de savoir ce que l'on pense et ressent, étant le seul à avoir accès à notre intériorité ? Chacun peut d'ailleurs en jouer, mentir à autrui, se faire passer pour un autre.

En ce sens, la connaissance de soi repose sur la conscience de soi. Or qui pourrait prendre conscience de ce que je suis à ma place ? Cf. cogito : toute pensée est immédiatement conscience et connaissance de soi, personnelle et incommunicable.

Mais je peux me surprendre moi-même, avoir des pensées, commettre des actes dont je me sentais incapable. Une partie de moi ne m'est-elle pas cachée ? Qu'en est-il alors de la connaissance que j'ai de moi-même ?

 

B.  Impossible de se connaître parfaitement 

Notre position à l'intérieur de nous-mêmes : une aide ou un obstacle ( manque de recul, d'objectivité ) ? Notre amour-propre ne déforme-t-il pas notre vision de nous-mêmes ? En ce sens, autrui ne peut-il pas nous aider à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes ? Nous nous sentons jugés, et cela transforme l'image que nous avons de nous-mêmes ( cf. Sartre : « l'épreuve du regard » ).

Si on pouvait se connaître soi-même, cela signifierait qu'on pourrait se posséder de façon définitive. Or l'être humain est un être inachevé, en devenir, qui peut, par la liberté, changer le cours de son existence, inventer sa vie.

Enfin l'existence de l'inconscient prouve qu'un certain nombre de nos pensées et de  nos actes nous échappent ( lapsus, actes manqués, rêves...). « Le moi n'est pas le maître dans sa propre maison ». Faut-il pour autant renoncer à se connaître ?

 

c.    Difficile mais nécessaire de se connaître soi-même

L'homme se construit à travers de multiples expériences. Il apprend donc à se connaître au fur et à mesure de sa vie. La connaissance de soi n'est pas une donnée mais une conquête permanente.

      L'inconscient n'est pas un obstacle à la connaissance de soi (cf. thérapie analytique : faire redevenir conscient ce qui était inconscient). Connaître la cause de son mal-être ou de ses souffrances, n'est-ce déjà pouvoir mieux vivre ?

      Il n'est donc ni facile ni impossible de connaître soi-même. « Connais-toi toi-même » signifie : apprends à cerner tes capacités et tes limites, garde-toi d'un orgueil et d'une humilité excessifs, bref critique-toi. Alors peut-être pourras-tu approcher au plus près de ce que tu es ou de ce que tu veux faire de ton existence.
par lenuki publié dans : le sujet
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Mercredi 14 mai 2008

L'inconscient est une réalité

 

 

« On nous conteste de tous côtés le droit d'admettre un psychique inconscient et de travailler scientifiquement avec cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l'hypothèse de l'inconscient est nécessaire et légitime, et que nous possédons de multiples preuves de l'existence de l'inconscient. Elle est nécessaire, parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires ; aussi bien chez l'homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d'autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l'homme sain, et tout ce qu'on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade ; notre expérience quotidienne la plus personnelle nous met en présence d'idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l'origine, et les résultats de pensée dont l'élaboration nous est demeurée cachée. Tous ces actes conscients demeurent incohérents et incompréhensibles si nous nous obstinons à prétendre qu'il faut bien percevoir par la conscience tout ce qui se passe en nous en fait d'actes psychiques : mais ils s'ordonnent dans un ensemble dont on peut montrer la cohérence, si nous interpolons les actes conscients inférés. Or, nous trouvons dans ce gain de sens et de cohérence une raison pleinement justifiée d'aller au-delà de l'expérience immédiate. Et il s'avère de plus que nous pouvons fonder sur l'hypothèse de l'inconscient une pratique couronnée de succès, par laquelle nous influençons, conformément à un but donné, le cours des processus conscients, nous aurons acquis, avec ce succès, une preuve incontestable de l'existence de ce dont nous avons fait l'hypothèse. »

 

Sigmund Freud, Métapsychologie [1915], trad. J. Laplanche

Et J.B. Pontalis, c Edition Gallimard, coll. « Idées », 1968, p. 66 sq.

 

 

L'hypothèse de l'inconscient se justifie théoriquement

 

L'hypothèse de l'inconscient est nécessaire et légitime

  • Il y a des actes psychologiques conscients qui ne peuvent être expliqués que par des actes psychiques qui, eux, échappent « au témoignage de la conscience ». La conscience n'a pas de valeur explicative totale, mais seulement partielle.
  • Dans bien des cas, un acte psychique ne s'explique pas par la conscience, mais par un autre acte psychique. Il y a donc un enchaînement continu (et sous-jacent) des actes psychiques.

 

Les données de la conscience sont lacunaires

  • La conscience est un phénomène de surface dont les « données sont lacunaires » (et non pas continues), et même, souligne Freud, généralement lacunaires (« extrêmement »).
  • Autrement dit, il n'y a pas d'identité entre conscience et état psychiques, mais un champ des états psychiques plus larges que celui de la conscience.

 

Ces lacunes de la conscience concernent tous les hommes

  • On pourrait constater (« on nous conteste »), l'existence d'un inconscient chez l'homme sain. Contre cette thèse, Freud augmente sur le principe du « aussi bien » : aussi bien l'homme bien portant que le malade. Avec des exemples faciles à reconnaître pour soi-même, en ce qui concerne « l'homme sain » : les actes manqués, les rêves.

 

Tout état psychique renvoie à un autre état psychique

  • Pour ce qui concerne le malade, Freud simplifie le vocabulaire médical en utilisant le terme générique : « Tout ce qu'on appelle symptôme s psychiques ».
  • Tout symptôme est symptôme de quelque chose d'autre. Quant à la compulsion, elle est tendance forte à répéter  des situations névrotiques qui ne peut s'expliquer que par référence à un inconscient.

 

La cure psychanalytique comme preuve expérimentale

 

La preuve de l'existence de l'inconscient

  • Dans une seconde partie, beaucoup plus brève, Freud argumente sur la légitimité de l'hypothèse de l'inconscient en faisant référence à la pratique de la psychanalyse.
  • Cette thérapeutique, fondée sur l'hypothèse de l'inconscient, réussit. C'est une « preuve » expérimentale « incontestable » qui donne consistance de fait à ce qui, jusqu'alors, n'était qu'une hypothèse intellectuelle. D'autant que cette influence n'est pas limitée au coup par coup, mais qu'elle s'organise selon un programme où le but est préétabli (selon « un but donné »).

 

Une démonstration véritablement scientifique

  • Ainsi Freud a-t-il couvert l'ensemble de la démarche scientifique : passage de l'hypothèse à la théorie, de la théorie à la pratique expérimentale (observation des faits, expérimentation).
Démarche qui permet de transformer ce qui, un moment, n'a été qu'une simple hypothèse en la thèse centrale d'une nouvelle conception de l'homme.
par lenuki publié dans : le sujet
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Mercredi 14 mai 2008

Le pouvoir de dire je fait de l'homme une personne

 

 

«  Posséder le Je dans sa représentation : ce pouvoir élève l'homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. Par là, il est une personne ; et grâce à l'unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne, c'est-à-dire un être entièrement différent par le rang et la dignité, de choses comme le sont les animaux sans raison, dont on peut disposer à sa guise ; et ceci, même lorsqu'il ne peut pas dire Je, car il l'a dans la pensée ; ainsi toutes les langues, lorsqu'elles parlent à la première personne, doivent penser ce Je, même si elles ne l'expriment pas par un mot particulier. Car cette faculté (de penser) est l'entendement. Il faut remarquer que l'enfant qui sait déjà parler assez correctement ne commence qu'assez tard (peut-être un an après) à dire Je ; avant il parle de soi à la troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc.) ; et il semble que pour lui une lumière vienne de se lever quand il commence à dire Je ; à partir de ce jour, il ne revient jamais à l'autre manière de parler. Auparavant, il ne faisait que sentir ; maintenant il pense. »

Emmanuel Kant, Anthropologie du point de vue pragmatique (1797),

Livre I, trad. M. Foucault, Vrin, 1964.

 

Pouvoir de dire JE permet à l'homme de transcender l'ordre naturel

 

La conscience de soi

  • « Posséder le Je dans sa représentation », c'est être capable de se saisir soi-même parun retour sur soi comme un être unique et identique à soi-même dans le temps. Autrement dit, accéder à la conscience de soi. Le Je utilisé comme substantif désigne donc le sujet capable de totaliser le divers dansla représentation, de rendre présent aussi bien ce qui se déroule en la conscience que ce qui lui est extérieur.
     
  • C'est la possession de ce pouvoir qui caractérise l'homme. Seul il peut dire Je, c'est-à-dire se prendre soi-même comme objet et se représenter le monde. C'est là, souligne Kant, un pouvoir qui « élève l'homme infiniment au-dessus de tous les êtres vivants ».
  • Par ce retournement de la conscience sur elle-même, l'homme peut transcenderl'ordre naturel auquel il appartient. Il se distingue radicalement de l'animal qui, n'ayant pas accès à la conscience de soi, fait partie des choses.

 

L'homme, un être qui a une dignité, une valeur absolue

 L'homme est une personne, un sujet moral responsable et possédant une dignité, une

 valeur absolue. Contrairement aux choses qui ont une valeur relative et qui peuvent être utilisées comme simple moyen, l'homme constitue une fin en soi.

Seul, un être ayant conscience d'être un et identique par-delà la multiplicité des états

 de conscience internes et des expériences vécues, peut être un sujet ayant des droits et des devoirs.

 

Définition de la personne

La personne désigne l'individu humain comme singulier universel. Tout homme peut

dire je, c'est-à-dire totaliser le divers, et doit reconnaître tous les autres qui peuvent dire je.

La personne est aussi une catégorie juridique : un sujet reconnu par le droit comme

 acteur libre et responsable.

Elle est aussi une catégorie morale : un sujet ayant des devoirs de vertu, en particulier

 celui de travailler au bonheur de ses semblables ou tout au moins de donner comme fin à ses actions le respect de l'humanité en sa personne et en celle d'autrui.

 

L'entendement ou le pouvoir d'unification de la conscience

Le je n'est qu'une expression de l'entendement, défini comme pouvoir de penser les

objets au moyen de concepts unifiant et ordonnant le divers.

L'absence du mot je dans certaines langues n'implique donc pas l'absence de cette

 faculté propre à tout homme d'unifier le divers de la représentation.

 

 

Un éveil progressif à la conscience de soi

Kant souligne que l'enfant qui commence à parler ne dit pas spontanément je, mais

 parle d'abord de lui à la troisième personne.

L'éveil de l'enfant à la conscience de soi est le résultat d'une maturation.

 

Vers la personne morale

Kant note ensuite que l'apparition du je chez l'enfant est irréversible. Ayant

 conscience de lui-même, il accède désormais au règne des personnes morales. Il devient un sujet : « Auparavant, il ne faisait que se sentir ; maintenant il se pense. »
par lenuki publié dans : le sujet
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Samedi 10 mai 2008

Le sujet pensant

 

Sujet et conscience

  • Avant d'être un objet d'étude, pour la biologie ou les sciences humaines, l'homme est une personne qui imagine, sent, souffre, jouit, qui a des intentions, des projets, qui se vit comme un sujet autonome et responsable.
  • On ne peut parler de sujet que s'il y a la persistance sous-jacente (sub) d'un fond qui demeure identique (stare) malgré les accidents qui peuvent affecter la chose. Or, ce qui subsiste chez l'homme, c'est la conscience comme pur pouvoir de penser.

 

Le cogito cartésien

  • Chez Descartes, l'existence de la substance pensante [esprit ou âme] est provoquée par le cogito. Alors même que je doute de tout, je suis assuré d'être grâce à la conscience que j'ai d'être une chose qui pense.
  • Ainsi, si tout ce qui est extérieur à moi vacille et disparaît, il n'en reste pas moins un îlot de conscience, présence intérieure et ultime de l'être, où la conscience qui dis je est coextensive au doute (je doute), à la pensée (je pense) et à l'existence (je suis). Je suis dans ce repli même de la conscience.

Le sujet est tout au-dehors de lui-même 

Le sujet comme ouverture sur le monde

  • Mais la conscience est-elle vraiment une substance, une permanence, qui se maintiendrait dans l'espace ou dans le temps ? On peut au contraire concevoir que la conscience n'a ni forme ni contenu déterminé, qu'elle est incessante activité, ouverture sur le monde.
  • Cette position est celle de la phénoménologie. Elle est reprise par Sartre : « Elle (la conscience) n'a pas de ‘dedans', elle n'est rien que le dehors d'elle-même et c'est cette fuite absolue, ce refus d'être substance qui la constituent comme conscience »  [« Une idée fondamentale de la phénoménologie de Husserl : l'intentionnalité », Nouvelle Revue française,1939).

 

L'existence phénoménologique du sujet

  • Identique à sa conscience, le sujet n'est lui-même que dans ce mouvement qui met en rapport avec le monde et autrui - tension morale où le faire (actif) l'emporte sur l'être (passif), volonté qui s'exprime si bien en cette formule sartrienne : « Faire et en faisant se faire, et n'être rien que ce qu'on se fait. »

 

La disparition du sujet

 

Freud et la remise en question du sujet

  • L'inconscient met en cause le sujet orgueilleux et rationnel qui, fort de la conscience claire et distincte qu'il a de lui-même, croit être maître de ses choix et de ses actes.
  • Le moi n'est pas mis en cause seulement par les forces enfouies qui viennent du ça. Il doit aussi se soumettre aux contraintes du surmoi qui intègrent interdits et normes sociales.
  • Le moi est menacé par trois sortes de dangers : celui qui vient du monde extérieur, celui des pulsions du ça et celui de la sévérité du surmoi. Pour le moins doit-on reconnaître que, selon l'expression de Freud, « le moi n'est pas maître dans sa propre maison ».

 

La philosophie nietzschéenne et la suprématie du « soi »

  • Nietzsche, avant Freud, montre que le sens et la conscience ne sont que des instruments et des jouets. Derrière eux, à la lisière se trouve le soi : « Derrière tes pensées et sentiments, mon frère, se tient un maître plus puissant, un sage inconnu qui a nom ‘soi'. Il habite ton corps, il est ton corps » [Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885].
  • Ce soi, véritable créateur, rit du moi et de ses bonds prétentieux. C'est lui seul, le corps, qui fait la souffrance ou la réjouissance, l'estime ou le mépris. Aussi devrait-on dire « ça pense » plutôt que « je pense ». La prééminence du je dans le « je pense » cartésien, n'est en somme, dit Nietzsche, qu'une simple affaire linguistique.

 

Il appartient au sujet d'avenir

 

La démarche critique du sujet

  • Pourtant n'est-ce pas un effort critique que le sujet peut prendre conscience de cet évanouissement du je ?
  • En rabaissant son orgueil, par une démystification dont la démarche critique est proprement philosophique, le sujet peut tenter de faire coïncider son être avec sa conscience d'être.

 

La réalité de la personne

  • Si ce que le sujet dit n'est pas la vérité sur lui-même, il ne faut pas nier pour autant la réalité de la personne qui se révèle et s'entend dans ses erreurs et ses leurres, et qui, par là, peut-être advient.
Tout le but de la cure psychanalytique est précisément, comme l'indique Freud, de faire advenir le je :  « Wo Es war soll ich werden » [« Là où était le ça, le je doit advenir »].
par lenuki publié dans : le sujet
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Lundi 5 mai 2008

Fiche Philosophie : LA CONSCIENCE

 

 

  • La conscience est une forme de savoir premier: «cum scientia», accompagné de savoir
  • Le «moi» est ce qui donne au sujet l'illusion de son identité.
  • La conscience est ce par quoi l'homme est homme. Par sa faculté consciente, l'homme se situe au dessus de la nature.

 

 la conscience, un mode de perception des choses

Il faut faire la distinction entre :

-         conscience spontanée : perception du monde intérieur et extérieur. La conscience est la réaction du « je » à un objet soit extérieur soit intérieur. Cette distance au monde est nécessaire à la connaissance.

-         conscience réflexive : retour de notre esprit sur lui-même

exemple : surpris ou déçu, je peux prendre la mesure de ma surprise en faisant retour sur moi-même.

 je suis donc à la fois dans le monde et face au monde : Elle implique une forme de dédoublement : je suis au lycée et je sais que j'y suis, c'est-à-dire que je ne suis pas seulement dans la monde mais face au monde.

 

Conscience morale

-         « juge infaillible du bien et du mal » (Rousseau)

-         elle permet à l'homme de s'élever au dessus des bêtes

 

Le cogito de Descartes

-         « Je pense donc je suis »

-         « je suis en toute certitude une chose qui pense »

Descartes cherche quelque chose qui ne pourra pas être remis en question

doute systématique : nos sens peuvent nous tromper : doute du corps
la raison elle-même peut nous tromper
hypothèse du malin génie
Mais:

je me trompe alors je doute mais  je ne peux pas douter que je suis en train de douter, que je  pense : le fait de penser que je  doute prouve mon existence. « je pense donc je suis ».

 

 

 Toute conscience est « tensions vers » (phénoménologie)

  • conscience intentionnelle
  • «le mot intentionnalité ne signifie rien d'autre que cette particularité foncière générale qu'a la conscience d'être conscience de quelque chose».
  • La pensée ne peut pas se penser sans penser l'objectivité de l'objet.
  • Le «Je pense» doit pouvoir accompagner toutes mes représentations
  • La conscience est conscience de quelque chose, ce qui constitue l'être de la conscience, mais que la conscience n'est pas, faute quoi il faudrait faire de la conscience une chose.

 

la conscience comme séparation

  • séparation monde / soi

prendre conscience du monde, c'est poser le monde comme objet en face du sujet que je suis.

        å ex : ainsi l'enfant, du moment qu'il dit « je », il met le monde à l'écart ? A partir de ce moment, l'enfant se pense. Auparavant il se sentait

  • séparation de moi-même (Sartre)

        ex : il y a le « moi » qui est timide et le « je » qui sait que le moi est timide.

 

 le moi se révèle dans l'effort

  • le moi ne peut prendre conscience se son existence qu'en s'opposant à un objet résistant qui se distingue de lui.
  • on n'a conscience de soi que grâce à la présence des choses face à nous

  la conscience signifie « choix »

  • la conscience remplit une fonction de sélection (contrairement à l'inconscient), elle est liée à l'action. Une tâche actuelle sollicite ma conscience.

 

par lenuki publié dans : le sujet
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Lundi 5 mai 2008

Conscience

« Perdre/ reprendre conscience » = perception plus ou moins claire des phénomènes qui nous entourent et qui nous renseignent sur notre propre conscience ;

 

         Étymologiquement, Conscience vient du latin « cum scienta », ce qui veut dire avec ou accompagné de savoir. Donc, en fait, être conscient signifie penser, agir, sentir, réfléchir tout en le sachant : c'est donc savoir ce que l'on fait quand on le fait.

La conscience est alors assimilable à la connaissance, et c'est la caractéristique propre de l'homme et implique donc que l'homme occupe une place particulière dans le monde car la conscience que l'on a de soi-même permet de se penser, de se juger et d'autre part de penser tout ce qui entoure l'être humain, lui permettant de changer et de vouloir changer ce qui est autour de lui.

 

 

         On dit que les animaux et les bébés sont au monde, c'est-à-dire qu'ils sont collés au monde, en font partie intégrante et n'ont pas la capacité intellectuelle de s'en détacher. L'homme, lui, au contraire, par le simple fait d'avoir conscience de soi, a aussi conscience que le reste du monde n'est pas lui, et donc, il s'en détache. L'homme fait partie du monde mais peut s'en défaire, ce qui lui permet de juger et de comprendre le monde, de questionner, de donner des explications et de transformer le monde en vue d'un objectif précis.

Ainsi, l'homme vit dans les soucis puisqu'il se projette dans l'avenir : il anticipe toujours alors que les animaux vivent collés au présent. Donc, l'homme se sépare du monde : il n'appartient pas au monde, c'est le monde qui lui appartient. Au premier abord, on pourrait croire que la conscience de soi est une connaissance de soi, autrement dit que la conscience de soi est immédiate (sans intermédiaire), mais en fait, cette conscience immédiate que nous avons  tous de nous même est superficielle : elle n'apprend pas qui je suis réellement ni le sens profond de soi. Au second abord, cette connaissance n'est que partielle parce que si je faisais des choses en pleine connaissance de causes, je n'éprouverais ni remords ni regrets. Finalement, la conscience de soi, moins qu'un avantage, est plus une obligation d'une tache à accomplir, ou de quelque chose à accomplir.

         Le « je veux être moi-même » est plus une tache à effectuer dans le temps limité de la vie que la possession d'une réelle identité. On dit que l'homme est perfectible : il a tout au long de sa vie l'occasion de se perfectionner parce qu'il n'a pas de nature bien définie.

Si la conscience instaure une distance avec moi-même, l'homme, dans ce sens est double. Il y a donc deux « moi » en chaque personne : quand on se met en cause, il y a un « moi » qui juge, et un autre qui est jugé. En effet, dans la formule « Je me juge », on a deux choses : le juge est sujet et fait par conséquent partie du monde intelligible ; et le « moi » qui est jugé est objet : il est dans le monde sensible et appartient donc au moi matériel ou encore, c'est un moi immédiat.

C'est cette dualité qui est à la base de la philosophie : être soi-même est donc par définition impossible et la conscience de soi est toujours un écart entre « moi » et « moi » : ce qui fait que je ne coïncide jamais avec moi, car l'homme a toujours la possibilité de se perfectionner. Cette distance (du monde à l'homme et de l'homme à l'homme) implique un espace de réflexion donc le retour de la pensée sur soi-même : c'est un acte médiat parce que la réflexion suppose que je me détache de la chose sur laquelle je réfléchis pour y revenir ensuite. Le verbe réfléchir est plus fort que le verbe penser dans sa signification.

 

 

Quand je pense, dans le même temps, j'en prends conscience : la pensée englobe tous les phénomènes de l'esprit et de la réflexion ; la pensée peut accéder à un savoir véritable, par une critique sur les préjugés.

Descartes affirme que la conscience et son corrélat qui est la pensée deviennent à la fois le fondement et le modèle de toute vérité. Le fondement est ce sur quoi repose un ensemble de connaissance. Il développe ses idées dans deux livres principalement : Discours sur la Méthode et Méditations Métaphysiques.

Il reprend l'adage socratique « je sais que je ne sais rien » mais le pousse à l'extrême, en instaurant un doute méthodique et hyperbolique qui consiste à se défaire des idées reçues et de toutes les croyances, puisque par définition, elles ne peuvent être vraies. C'est donc un instrument dont le but est de trouver une vérité qui puisse servir de fondement aux autres. Descartes est un anti-aristotélicien : il doute de tout, ce qui instaure une révolution en philosophie : en effet, si une chose résiste au doute, alors elle est ferme et assurée et donc vraie. Pour ce faire, il a recours à la méditation : méditer consiste à raisonner et à venir à soi pour trouver le fondement de la vérité. Le doute est le début du raisonnement et prouve une certaine liberté.

Descartes doute des sens parce qu'ils sont trompeurs, mais ne le sont-ils pas tout le temps ? De même, il doute des sciences puisqu'il y a forcément une ou des erreurs de raisonnement, qu'on appelle paralogismes mais aussi des pensées qui lui viennent quotidiennement à l'esprit.

Quelle est alors la seule et unique certitude qui résiste à ce doute méthodique ? Il reste le « moi » comme conscience et comme capacité à penser : il dira donc « Cogito ergo sum ». Toute pensée est consciente car toujours accompagnée du savoir de celui qui pense. Cela implique que la conscience de soi est en même temps connaissance de soi : l'individu est transparent à lui-même parce que non seulement il pense, mais en plus il a conscience de le faire.

Le problème est : je sais que je suis, mais je ne sais pas qui je suis : il faut donc savoir « ce que je suis, moi qui suis certain que je suis » On peut remarquer que dans sa citation, Descartes passe du « je » au « moi ». Le « moi » est une identité, une réalité permanente : c'est le fait d'être unique, ce que l'on nomme la substance (ce qui reste en soi sous les apparences) ; mais c'est aussi ce qui unifie les diverses perceptions et pensées de l'homme. Aussi nombreuses soient-elles, « il est de soi si évident que c'est moi qui doute, qui entend et qui désire, qu'il n'est pas ici besoin de rien ajouter pour l'expliquer ». Cette certitude l'amène à faire du sujet une substance pensante, séparée du corps. Son « je suis une chose qui pense » introduit une dualité entre le corps et l'âme.

 

 

         Affirmer « je suis une chose qui pense » ne me dit pas qui je suis et ne me renseigne pas non plus sur ma réelle identité. Cette identité, loin d'être immédiate et évidente est finalement problématique puisqu'elle est à faire et c'est pour Kant, le fruit d'un véritable travail.

         Bien sûr, le « je » est nécessaire pour pouvoir penser et s'approprier ses pensées, mais il ne donne aucune connaissance réelle sur soi-même. Être conscient signifie seulement qu'il est possible pour le sujet de prendre ses états de conscience pour objet de conscience, c'est-à-dire de réfléchir et de faire un retour sur soi. Il faut donc distinguer la conscience immédiate qui accompagne tous mes actes de la conscience médiate ou réfléchie qui permet au sujet de faire un retour sur soi-même.

Donc, il y a deux moments : d'abord celui durant lequel je pense, et un autre durant lequel j'ai conscience d'être conscient. ces deux moments sont corrélatifs car la conscience des actes est en même temps conscience de soi, sinon, on perdrait son identité. Husserl dira « Toute conscience est conscience de quelque chose » et introduit par cela l'intentionnalité.

Ce qui caractérise la conscience est qu'elle est toujours en relation à autre chose qu' elle-même et il y a donc implication d'une distance du sujet à l'objet qu'il vise, qui peut être le monde extérieur ou le sujet lui-même. La conscience vise toujours quelque chose d'extérieur à elle, avec quoi elle ne peut jamais se confondre.

         Avant toute réflexion, être conscient, c'est être présent dans le monde, donc s'y inscrire et lui donner un sens . Par cela, la conscience donne un sens aux choses extérieures qui n'en ont pas forcément un.

         Selon Hegel, un animal est un vivant parmi les vivants. Il dit aussi que l'homme est double et qu'il a, tout comme les animaux, une conscience immédiate mais aussi un esprit, puisqu'il pense, et agit en connaissance de cause.

         Selon Pascal, la pensée est l'essence de l'homme : il a conscience d'être misérable, mais malgré cela, il est grand parce qu'il en a conscience, ce qui le différencie des animaux. La pensée, c'est l'expression du roseau : l'homme est supérieur à ce qui peut le tuer. La tâche de l'homme est de bien penser en vue de bien agir. Ainsi, il nous incombe de bien utiliser ce pouvoir que nous sommes les seuls à posséder.


Inconscient

         En tant qu'adjectif, il qualifie un être dépourvu de conscience ou, irréfléchi ou encore une personne non consciente des conséquences de ses actes. On a vu que la particularité de l'homme réside dans la conscience qu'il a de lui-même, de ses actes et de tout ce qui l'entoure. Cette conscience de lui-même ne lui donne pas la connaissance profonde de lui-même, qui est apparue comme une tâche qu'il fallait accomplir tout au long de sa vie, mais une connaissance de soi est-elle possible ? De même, on peut se poser la question : le sujet est-il toujours maître et possesseur de lui-même ?

La pleine conscience des actes et pensées pose problème ; en effet, il ne va pas de soi que je suis maître de toutes mes pensées : un exemple tout simple est lors d'une dispute, on se prend à dire des choses méchantes et que l'on ne pense pas

         On trouvera la réponse avec Leibniz, philosophe allemand de la fin du XVII° siècle, parce qu'il soulève le problème des moments graduels de la conscience selon différents paramètres ; il dit aussi qu'on ne peut être conscient de tout, soit par habitude, soit par incapacité. Il faut donc supposer un psychisme de ma partie qui m'est obscur mais qui pourtant fait partie intégrante de moi-même.

  À sa naissance, le bébé n'a aucune conscience ni de lui-même ni du monde qui l'entoure. Cette conscience, il l'acquerra durant ses trois premières années, en apprenant à maîtriser son corps, puis son langage, et enfin à reconnaître les autres et lui-même en tant qu'individu unique.

 L'inconscient freudien ne se définit pas seulement par le négatif, mais il est une force psychique active dont le fonctionnement obéit à des règles différentes que celles régissant le conscience.

Freud propose de comprendre le psychisme (ensemble des phénomènes mentaux d'un individu) comme la coexistence de deux modes de fonctionnement dont chacun forme un système indépendant : il y a donc le système Inconscient et le système Préconscient/ Conscient.

         Le Préconscient est situé entre le Conscient et l'Inconscient dans la mesure où ses représentations ne sont pas présentes en permanence dans la Conscience, mais ont toujours la possibilité d'y rentrer. Ce qui le sépare de l'Inconscient, c'est le Surmoi ou, censure qui est une instance inconsciente qui interdit l'accès à la Conscience des désirs jugés inacceptables par la morale : tous les contenus inconscients doivent alors se transformer pour accéder au Préconscient, puis ensuite à la Conscience.

         L'Inconscient, chez l'homme, est constitué de pulsions. Les pulsions sont des processus dynamiques qui orientent l'organisme vers un but précis et ces pulsions sont anarchiques. Il a sa source dans les excitations corporelles qui impliquent un état de tension. Son but est de supprimer cet état de tension, ce qui implique la rencontre d'un objet qui puisse le satisfaire ; Chez un enfant en bas âge, la pulsion la plus importante est l'autoconservation. L'ensemble des pulsions s'appelle le « ça » et s'organise au fur et à mesure de la vie, notamment par le biais d'une éducation : les parents contrecarrent les pulsions de l'enfant.

Le Surmoi est le moi idéal. Il intériorise dans la conscience de l'enfant l'autorité du père et les exigences par rapport aux interdits parentaux qui sont eux-mêmes le reflet des interdits sociaux et moraux de la Société. Il joue en même temps le rôle de juge et est à l'origine de la conscience morale par le biais du refoulement qu'il provoque en exerçant une censure sur les pulsions du « ça ». Le refoulement est une opération qui repousse et maintient hors de la conscience les représentations liées à une pulsion dont la satisfaction n'est pas compatible avec les exigences morales que les parents ont inculquées.

Le « moi » appartient en partie au système Préconscient/ Conscient et appartient aussi pour une grande part au système Inconscient puisqu'il est le résultat d'une suite d'identifications inconscientes  à la mère, d'abord, puis au père et enfin aux autres. Donc, le « moi » est soumis aux exigences du « ça », aux impératifs du « Surmoi » et aux contraintes de la réalité : il a donc un rôle de médiateur entre les intérêts antagonistes du « ça », du « Surmoi » et du monde extérieur.

Ces éléments, une fois refoulés, sont porteurs d'une énergie pulsionnelle, ce qui les fait continuer à agir sans qu'on le sache et influence notre comportement.

L'Inconscient est dynamique (on est loin de la conception de Leibniz) : il essaie par tous les moyens possibles de faire accéder ces représentations au préconscient et à la conscience, mais en se transformant et en se revêtant des images les plus banales.

Quels sont les moyens par lesquels l'Inconscient tente de parvenir à la Conscience ?

 

 

         Dans notre vie quotidienne se manifestent souvent, sans que l'on ne s'en aperçoive, ces pulsions inconscientes, mais d'une manière déguisée. Ces manifestations sont appelées par nos brillants savants : « symptômes ».

1.  Le rêve : Freud dira que c'est « la voie royale vers l'Inconscient ». Le rêve résulte d'un travail d'élaboration au terme duquel les désirs refoulés parviennent à s'exprimer, mais en se déguisant pour déjouer la censure morale et être acceptés par la conscience.

Mais lorsque ce déguisement est insuffisant ou sur le point de s'arrêter, la conscience réveille le dormeur. En interprétant ces rêves, on peut retrouver les pulsions refoulées, causes du rêve.

 

2.     Les oublis et les actes manqués :C'est un phénomène normal qui résulte d'un refoulement, donc d'une défense du Surmoi contre des phénomènes désagréables.

 

3.     Les lapsus : c'est une faute d'inattention dans la parole et l'écriture, qui consiste à substituer un mot à la place d'un autre. En général, cela provoque le rire, mais il exprime un désir inconscient qui profite pour s'exprimer d'une faiblesse de la conscience.

L'Inconscient produit donc des effets quotidiens, qui sans cette théorie de l'Inconscient resteraient incompréhensibles et, partant du postulat initial que tout acte psychique a un sens, tous les actes inconscients s'expliquent. Freud traite ces symptômes comme des effets de sens, en eux se manifeste une signification qui pourtant est recouverte, cachée par le sujet lui-même. C'est un paradoxe, mais il s'explique par le fait que le « moi » est le jeu de forces opposées, d'un conflit entre le « ça » et le « Surmoi ».Bien que les symptômes soient bénins pour la plupart, il existe d'autres manifestations de l'Inconscient qui sont de réelles maladies psychiques plus ou moins graves :

¨  Les névroses :Maladie psychique aiguë (chronique) qui n'implique ni infection ni lésion physique, ni une désorganisation de la personnalité et s'accompagne donc d'une conscience douloureuse de la maladie. Il y a trois formes essentielles.

1.     Névroses obsessionnelles

2.     Hystérie : c'est en traitant ces cas que Freud en est venu à en déduire l'existence de l'Inconscient. État pathologique qui ne semble reposer sur aucune lésion organique ; se manifeste souvent par des crises.

3.     Névroses phobiques : peur extrême, incontrôlable. Les phonies proviennent d'un traumatisme refoulé (qui se manifeste par le biais de cette phobie) par les conflits qui opposent le Ca et le Surmoi.

¨  Les psychoses : elles impliquent une grave désorganisation de la personnalité ; enferment le malade dans un univers qui ne correspond plus du tout au vrai ; Le psychotique est délirant ou autistique, mais n'a pas conscience de son anomalie.

Ces symptômes sont plus ou moins gênants, voire dangereux pour le malade et son entourage, ne se rendant compte de rien. On peut vivre avec mais une analyse peut  permettre d'en guérir. Freud, qui a émis l'hypothèse de l'Inconscient, a trouvé une façon de guérir : la Psychanalyse qui vise à retrouver la pulsion, cause du symptôme, en déchiffrant le discours de son patient qui a toujours une signification inconsciente. Pour cela différentes techniques sont mises dans la partie : l'interprétation des rêves ou des associations libres. La guérison est définie par un retour dans la conscience de la pulsion.

Quel est l'acquis de la psychanalyse ?  Elle consiste à affirmer que nous ne sommes plus maîtres dans notre propre maison, c'est-à-dire que des forces obsures nous régissent alors qu'elles nous échappent. La toute puissance de la conscience définie par la philosophie classique, à partir de Descartes, a donc été  remise en question et on s'aperçoit que l'Inconscient appartient tout autant à l'homme que la Conscience. De même la psychanalyse met en évidence l'importance de notre passé inconscient et surtout celui qui concerne notre prime enfance. Bref nous n'en avons jamais fini de digérer notre enfance....

 

par lenuki publié dans : le sujet
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Lundi 5 mai 2008

Conscience : (etym : latin cum-scientia, avec savoir) 1) Sens ordinaire : faculté propre à l'être humain de se représenter lui-même et de se juger 2) Philosophie : faculté de se représenter ce qui existe et de se prendre soi-même pour objet. La conscience est une forme de présence ou d'attention au monde qui est commune aux animaux et aux être humains. Mais la faculté de se prendre soi-même pour objet de réflexion, ou d'étude, est propre à l'homme. On distingue, pour plus de précision, la conscience spontanée, commune aux animaux supérieurs et à l'homme, et la conscience réfléchie, propres aux êtres humains. Pour Descartes la conscience est l'attribut essentiel de la pensée tandis que pour Freud elle n'est liée qu'à une faible partie de notre activité mentale (voir cartésianisme et inconscient).
Perfectibilité : 1) Sens usuel : aptitude à progresser, à se perfectionner. 2) Chez Rousseau : aptitude à changer de formes, plasticité. Cette caractéristique, remarquable chez l'homme, est ambiguë. L'homme peut sans doute progresser (devenir plus savant, plus intelligent, plus sage...) mais il peut également régresser : perdre son intelligence (dans la vieillesse), sa raison (dans la folie) ou son aptitude à la compassion, du fait d'un excès de rationalité calculatrice, encouragée par les " progrès " de la civilisation. Rousseau est le seul philosophe des Lumières qui remette en cause la notion de " progrès " (au sens d'évolution nécessaire et bénéfique) de l'humanité.
Cartésianisme : 1) Sens usuel : philosophie de Descartes et de ses disciples (Malebranche, Leibniz etc..) qui place le sujet conscient au centre de la connaissance, et qui considère que la raison (le " bon sens ") est coextensive à l'homme et le définit. 2) Avec une connotation péjorative, en particulier chez Heidegger : approche rationaliste et conquérante, fondée sur la croyance en la toute puissance de la science et des techniques rationnelles. Attitude anthropocentrique, aveugle et brutale qui peut en résulter : un cartésien rejettera tout ce que la science ne peut expliquer, l'incompréhensible, le mystère, la foi, les hiérarchies, les attachements naturels, l'enracinement, le sens de la " terre " etc..
Inconscient : (Etym : latin in, négatif, et consciens, de conscrire, avoir conscience 1) Adjectif : Absence de conscience, synonyme de coma ou évanouissement, ou insouciance, forme d'irresponsabilité. Substantif : Réalité psychique profonde sous-jacente à la conscience qui constitue le réservoir de nos désirs et de nos pulsions les plus obscures 1) Chez Leibniz, Maine de Biran ou Bergson : ensemble de pensées et de perceptions emmagasinées qui constituent le fond permanent et l'identité profonde de chaque être individuel 2) Chez Freud : Ensemble des pulsions et des représentations qui constituent la base essentielle de notre psychisme, mais tout en demeurant refoulé c'est-à-dire mis à l'écart de notre conscience. Freux a élaboré deux théories successives de l'inconscient. Dans la première (Première " topique ", 1905) il divise le psychisme en trois régions ; la conscience, le préconscient (virtuellement conscient) et l'inconscient. A partir de 1920 (seconde " topique ") Freud considère que le psychisme est en trois instances dont la genèse est progressive chez le jeune enfant. Le ça, tout d'abord, est le réservoir des pulsions ; présent dès la naissance, il est gouverné par le principe de plaisir. Le surmoi, installé dans les premiers mois de la vie, est l'intériorisation partiellement inconsciente des interdits et des interdits parentaux. Il constitue l'instance répressive de notre psychisme. Le moi est le médiateur entre le monde extérieur, le surmoi et le ça. Désormais, l'inconscient, qui est constitué de la part de nous-mêmes qui nous détermine en grande partie à notre insu, n'est pas une région isolée de notre intimité. L'inconscient est la partie la plus importante de notre personnalité, qui gouverne non seulement le ça et le surmoi, mais également le moi. Notre esprit est donc très loin d'être présent transparentlui-même comme le croyait Descartes.
par lenuki publié dans : le sujet
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Dimanche 4 mai 2008

Conseils pour le bac

La conscience
Réfléchir sur l'identité individuelle ne doit pas mener à l'exaltation effrénée d'une singularité conçue comme solitaire : tout individu vit en société, et il convient de ne pas sous-estimer l'importance des relations sociales dans la constitution de l'individu.

L'inconscient
Les questions relatives à l'inconscient ne nécessitent pas que vous fassiez étalage de tout ce que vous pouvez connaître des théories de Freud : pensez à sélectionner ce qui est nécessaire au traitement rigoureux de la question.

On peut sans doute caractériser l'être humain (ne serait-ce qu'en l'opposant à l'animal) par la présence, en lui, de la conscience. Mais cette conscience résulte d'une histoire : elle était probablement absente de l'homme originel. N'oubliez pas que Marx la considère comme un épiphénomène, et que de son point de vue, c'est le travail qui définit d'abord l'être humain et le sépare de l'animal.

Autrui
Il peut être utile de distinguer l'autre, les autres et autrui, ne serait-ce que pour souligner la dimension implicitement morale du dernier terme, et rappeler que cette dimension n'apparaît sans doute pas spontanément.

Le désir
Il y a une ambiguïté dans le désir : il cherche la satisfaction, mais il la refuse comme définitive en renaissant à propos d'un autre but. Ne l'oubliez pas; et ne ramenez pas le désir à un simple "manque".

Le temps
Évoquer conceptuellement le temps est difficile : il n'est pas une sorte de chose, mais il n'est pas davantage une idée ou une représentation. Il appartient en fait à la "réalité", et ce sont les conceptions culturelles (géographiques et historiques - jusque dans ses différentes interprétations scientifiques) qui en fournissent des versions variables.

par lenuki publié dans : le sujet
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Vendredi 11 avril 2008

La clé des rêves
Juan-David Nasio,
psychiatre, psychanalyste et écrivain (1)

Le théâtre du dormeur


O
n me demande souvent comment mes patients me racontent leurs rêves. En fait, la plupart sont enthousiastes pour me livrer leurs rêves. Dès qu'ils se souviennent d'un rêve marquant, ils le notent et m'invitent à le déchiffrer. Ils savent que dans une psychanalyse les rêves cons­tituent la voie royale qui mène à l'inconscient. Et comme ils veulent favoriser une rapide découverte de leur monde inconnu, ils apportent en séance un grand nombre de rê­ves qui ne sont ni choisis, ni sélec­tionnés mais plutôt déconcertants. Parce qu'un rêve les déconcerte, ils l'apportent en séance.
Le rêve fait partie des manifesta­tions de l'inconscient du patient, et à cet égard, certains rêves sont plus éloquents que d'autres. Mais ce n'est qu'après les avoir interpré­tés que l'on en a la confirmation... Cependant, à la différence de Freud, je ne crois pas que le rêve soit la voie privilégiée pour accéder à l'incons­cient du patient. Pour moi, la vraie voie royale c'est la manière dont le patient porte son corps et exprime ses sentiments sur son visage. La physionomie me semble, en effet, l'expression la plus éloquente de l'inconscient, en particulier les expressions distraites du visage. Il n'en reste pas moins que le rêve constitue l'une des productions de l'être humain où celui-ci se révèle totalement innocent.
Le rêveur est l'auteur d'un mes­sage dont il ignore le contenu! Mieux: il est l'auteur du scénario et le metteur en scène, malgré lui, d'une pièce de théâtre jouée chaque nuit, toujours inédite, dont il est aussi l'acteur jouant tous les rôles et le spectateur fasciné. Il est aussi, au moment du réveil, le premier commentateur du spectacle auquel il vient d'assister pendant la nuit. L'analyste n'étant que le deuxième commentateur de la situation scé­nique qui lui est rapportée, accom­pagnée du commentaire spontané du rêveur. Non seulement l'analyste interprète le rêve, mais il essaie de situer celui-ci dans le contexte de la veille ou de l'avant-veille et, plus globalement, dans la vie du patient, notamment dans sa relation avec l'analyste. Et puis, le rêveur ayant un corps, le rêve, comme toutes nos productions imaginaires, ex­prime des sensations corporelles. Pour moi, un rêve est la figuration mentale inconsciente du vécu cor­porel d'un dormeur qui ne ressent pas consciemment ses sensations. C'est pourquoi je demande toujours à mes patients qui me racontent leurs rêves de me dire quel est l'état de leurs corps.
Parmi tous les éléments du rêve d'un patient, je vais choisir des matériaux précis, afin d'y perce­voir une signification, une clé, une explication. C'est ainsi que pour m'aider à garder mémoire et à comprendre le récit qui m'est fait, j'ai commencé, depuis une douzaine d'années, à dessiner les rêves qu'on me rapporte, scène par scène, sous la forme d'une bande dessinée rapidement esquissée. Pour certains rêves abstraits, cela s'avère plus difficile... Certains de mes patients qui me voient bouger mon crayon ne savent pas que je dessine. Tout en écoutant leurs commentaires sur leur rêve, je regarde le croquis que je viens d'en faire, m'en inspire, et construis les hypothèses que je serai amené (ou non) à leur proposer. Ce faisant, j'opère un retour à l'image du rêve que le patient a mise en mots. Alors que, lui, a transformé l'image oni­rique en mots, moi, j'écoute ses mots pour reconstruire l'image onirique.
(1) Dernier livre paru : Mon corps et ses images, Éd. Payot, 140 p., 18 €.

Le rêveur est l'auteur du scénario et le metteur en scène, malgré lui, d'une pièce jouée chaque nuit, toujours inédite, dont il est aussi l'acteur et le spectateur fasciné.

 

Delphine Oudiette, unité des pathologies du sommeil, hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris
Le sommeil, un état actif

T
ous les êtres humains rê­vent, même si certains ne s'en souviennent pas. Les rêves sont constitués de pensées, d'images, de sons, de sensations et d'émotions, parfois organisés en scénarios complexes. Les types de rêve et leur longueur varient sui­vant le stade de sommeil et l'heure de la nuit. En début de nuit ou en sommeil lent (75 % du sommeil), les rêves sont rares, peu imagés, mal mémorisés, mais plus intel­lectuels : le dormeur pense, par exemple, à son travail. En sommeil paradoxal (25 % du sommeil) ou en fin de nuit, les rêves sont fréquents, mieux mémorisés et ressemblent à des scénarios de films parfois rocambolesques : le dormeur est, par exemple, un canard policier qui poursuit des pigeons voleurs. Cet aspect bizarre et parfois farfelu des rêves du sommeil paradoxal pourrait être lié aux caractéristiques de l'activité du cerveau pendant ce stade du sommeil. Certaines régions sont, en effet, très actives, plus qu'en éveil : il s'agit du tronc cérébral (où se situent les régions initia­trices du sommeil paradoxal), des régions visuelles et auditives (non pas celles qui reçoivent les images et les sons en éveil, mais celles qui traitent ces perceptions) et des régions limbiques (qui génè­rent les émotions). Ainsi, la grande majorité des rêves contient des images, des sons et des émotions. En revanche, les régions préfronta­ les et pariétales qui sont à l'origine du sens critique, de la lecture et de l'écriture, de la notion du temps, de la capacité à faire des choix ou des planifications, sont moins activées qu'en éveil.
Ceci pourrait expliquer la grande difficulté à lire ou écrire en rêve, les distorsions temporelles, l'ab­sence de jugement critique du rê­veur, et la faible mémorisation des rêves : un dormeur de 70 ans peut, dans le même rêve, repasser son baccalauréat et parler à ses petits­enfants, sans être surpris par cet anachronisme. De la même façon, une personne amputée d'un mem­bre se voit, dans ses rêves, comme avant l'accident : au laboratoire de sommeil, nous avons observé un patient amputé d'un bras depuis dix-sept ans qui, dans son rêve, conduisait une magnifique Ferrari avec ses deux mains.
L'importante activité du cerveau en sommeil paradoxal contraste avec une paralysie musculaire quasi complète. Le cerveau pose, en effet, un verrou sur la moelle épinière qui empêche de gesticu­ler ou de parler en dormant. Cette paralysie réelle pourrait être à l'ori­gine de la sensation de vouloir fuir en rêve sans parvenir à bouger. Ce­pendant, depuis quelques années, des patients viennent consulter pour de curieuses agitations noc­turnes, appelées « comportements oniriques » : ils combattent un lion invisible, frappent, crient, font des discours ou plantent des clous fictifs en dormant. Réveillés à ce moment-là, ils racontent un rêve correspondant exactement à leurs gestes. Chez eux, le verrou normal est levé, permettant l'extériorisa­tion des rêves. Ces comportements oniriques constituent une extraor­dinaire fenêtre ouverte objective sur les rêves. Ils sont comme un sous-titrage du rêve, indépen­dant du souvenir du dormeur. En étudiant ces comportements, on constate que le rêve dure pendant toute la période du sommeil pa­radoxal (soit 4 à 5 épisodes toutes les heures et demie, totalisant une centaine de minutes dans la nuit) et qu'il y a beaucoup de rêves or­dinaires (manger, faire son métier, ou médire avec son voisin), pas for­cément mémorisés le matin.
Malgré cela, il reste toujours des rêves extraordinaires, prémonitoi­res ou qui portent conseil. Après avoir rêvé d'un serpent qui se mord la queue, le chimiste alle­mand Friedrich August Kekulé von Stradonitz a découvert (1829) la structure du benzène, une mo­lécule qui comporte des liaisons tournantes. L'Américain Elias Howe a conçu la machine à coudre en dormant et le violoniste italien Giuseppe Tartini a rêvé sa sonate pour violon avant de l'écrire. Cette capacité du sommeil à faire surgir l'« illumination » a été démontrée par Ulrich Wagner. Des sujets sains devaient transformer une série de chiffres en une autre à l'aide de deux règles données par l'expéri­mentateur. En fait, il existait une troisième règle cachée, permettant d'aller beaucoup plus vite. Sans dormir, seuls 23% des sujets avaient découvert l'astuce, alors qu'après avoir dormi, 59 % des sujets l'avaient trouvée. En outre, de nombreuses expériences mon­trent maintenant que le sommeil (et probablement les rêves) aide à fixer les nouvelles informations, à apprendre et à remodeler les connexions cérébrales.
Les rêves sont donc un élément supplémentaire pour démontrer que le sommeil est loin d'être un état passif et inutile pour notre cer­veau. Les scientifiques commen­cent, peu à peu, à lever le voile sur certains des mystères associés aux rêves. Le fait que les rêves ne soient pas réservés au sommeil paradoxal, la découverte des comportements oniriques et de l'illumination noc­turne représentent quelques-unes des grandes avancées de ces der­nières années.

Elias Howe a conçu la machine à coudre en dormant et le violoniste Giuseppe Tartini a rêvé sa sonate pour violon avant de l'écrire.
par lenuki publié dans : le sujet
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