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    <title><![CDATA[Le blog de lenuki (Sciences politiques)]]></title>
    <link>http://www.lenuki.com/categorie-10386281.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Sciences politiques&quot; du blog &quot;Le blog de lenuki&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Le blog de lenuki (Sciences politiques)]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/categorie-10386281.html</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Jul 2010 21:40:34 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 01 Jul 2010 21:40:34 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.lenuki.com</copyright>            <category>Sciences politiques</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Penser la nation]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-28889831.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <b>&nbsp;<img width="222" src="http://idata.over-blog.com/1/01/69/02/images-diverses/symboles-r-publique.jpg" height="299" class="CtreTexte"></b>
  </p>
  <h5>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style=
    "font-size: 14pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deux modèles pour penser la Nation</span>
  </h5>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <em><span style="text-decoration: underline;">&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le problème de la nation n'est donc pas de savoir si des groupes aux identités distinctes peuvent coexister mais bien pourquoi ils coexistent et continuent de le
    faire. Pour répondre à cette question, on a recours à deux types de conception de la nation, l'une fondée sur la volonté de vivre ensemble et l'autre sur l'appartenance à une même culture dont
    l'identité serait supérieure à toutes les solidarités des groupes internes à la nation. On attache ces deux théories opposées&nbsp;les noms de Renan et de Fichte, auteurs de deux textes
    fondamentaux sur la notion de nation (<span style="text-decoration: underline;">JG Fichte, Discours à la nation allemande, 1807 et E. Renan, Qu'est-ce qu'une nation?, 1882</span>), tous deux
    écrits à des moments où l'identité nationale était en péril, du fait de l'occupation par des troupes ennemies du territoire national. En 1807, Napoléon occupe l'Allemagne et en 1882, la France a
    perdu l'Alsace et la Lorraine (Renan, choqué par la guerre Franco-Allemande de 1870 et par la Commune exhorte la France à une Réforme intellectuelle et morale, 1872)</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La thèse de Renan est considérée comme le modèle d'une conception de la Nation définie par l'association volontaire. Pour lui, la nation est un <em>"plébiscite de
    tous les jours".</em> Il développe une conception du consentement commun à continuer le passé ("possession en commun d'un riche legs de souvenirs...le désir de vivre ensemble, la volonté de faire
    valoir l'héritage qu'on a reçu indivis"), la volonté de faire une nation - volonté que Renan demande de constater par référendum en Alsace occupée - et cette conception s'oppose à la conception
    de Fichte pour lequel la nation reposerait sur l'idée d'une appartenance à un "peuple primitif" partageant une même culture et surtout une même langue. Définition classique ou "française" contre
    définition romantique allemande, libre choix contre Blot und Boten (le sang et le sol, valeurs peu éloignés de la "<em>terre des morts</em> " de <span style=
    "text-decoration: underline;">Barrès</span>). Cette distinction, parfois trop tranchée et caricaturale, marque cependant des possibilités très différentes d'acquisition de la nationalité. Selon
    Jean Leca, dans Nationalité et citoyenneté dans l'Europe des immigrations "<em>on remarquera que&nbsp; la France et l'Italie (dans cet ordre) font place au jus soli, beaucoup plus sensible en
    France depuis 1889 pour des raisons de déficit démographique. En revanche, la RFA et la GB (dans cet ordre) accordent une place presque exclusive au jus sanguinis</em>".</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span></em>
  </p>
  <h6>
    <span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 10pt;">A-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le modèle artificialiste, une construction volontaire</span></span>
  </h6>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ces conceptions renvoient à deux schémas concurrents que Jean Leca a désignés sous les termes d'"artificialiste" et "naturaliste". Le système artificialiste tout
    d'abord ignore initialement les particularismes. Il est artificiel dans la mesure où, à la base, se trouve la volonté des participants de construire ce qu'ils veulent faire ensemble et non ce
    qu'ils sont. La nation est donc une construction de la volonté, un artefact. L'artificialisme du modèle est clair dans le cas de terres d'immigration&nbsp; comme l'Australie, où la Nation se
    forme sans communauté préalable des individus qui deviennent concitoyens. Un tel système est ouvert et permet l'attribution de la nationalité et de droits égaux à des groupes différents et assure
    une volonté commune entre ses membres que sont les nationaux. Jean Leca note cependant que ces aspects positifs ne doivent pas masquer les graves tensions que le modèle produit. Tout d'abord il
    rend mal compte de l'idée de nation en raison de son ouverture même : où s'arrête la volonté de vivre ensemble ? Par ailleurs pour Renan, le moment n'est qu'une étape : les nations seraient un
    jour absorbées, en Europe particulièrement, dans une confédération. C'est dire combien en lui-même le modèle artificialiste contient en germe, par son champ des possibles potentiellement
    illimités, le dépassement de la nation, de ses frontières. Par là même, on peut se demander s'il est le mieux à même de rendre compte du phénomène national puisqu'il conduit à le reléguer.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Plus grave encore, selon <span style="text-decoration: underline;">Jean Leca</span>, ce type de <em>"logique sociale</em>" risque d'être indéfiniment conflictuel
    puisqu'il rend égaux des groupes différents et opposés sans pouvoir les englober dans une instance supérieure. Ainsi la "volonté de vivre ensemble" peut s'accommoder du conflit. On en trouve un
    exemple en France où jamais le conflit social n'a porté atteinte en profondeur à la volonté d'union nationale. Elle n'a donc pas connu de tensions sécessionnistes graves. Il n'en demeure pas
    moins que le conflit social a souvent été très dur et que la société a été profondément divisée et pendant longtemps par une lutte de classes très dure, plus intense que dans les autres
    démocraties, et ce tout au long du XXe&nbsp; siècles. Chaque élection mettait en cause le régime même et le système démocratique en vigueur. Ce n'est que dans les années 1980 et non sans peine
    que les Français apprirent le consensus démocratique libéral.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <h6>
    <span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 10pt;">B-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le modèle naturaliste, un sentiment communautaire</span></span>
  </h6>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le second modèle, naturaliste traduit "<em>la vision des communautés sociales comme des organismes naturels constituant les homes par des traditions et des cultures
    qui les différencient radicalement des étrangers et créent un entre-soi préexistant</em>" (<span style="text-decoration: underline;">Jean Leca</span>). Ce modèle rend compte d'identités
    nationales fortes et permet de les renforcer, voire de les créer lorsqu'elles sont instables. A Grosser montre comment ce modèle a permis à des Etats à l'identité incertaine au sortir de la
    colonisation, l'Algérie notamment, de se doter d'un véritable sentiment d'appartenance à un pays commun. Il s'agit donc d'un puissant moyen d'unification qui rend plus aisées la solidarité et la
    justice redistributive entre les membres de la nation ainsi constituée qui se sentent attachés aux bénéficiaires par des liens communs.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ainsi les prélèvements sociaux sont mieux perçus lorsque les bénéficiaires sont facilement identifiables comme des "proches". Enfin, ce modèle communautaire de la
    nation permet selon le contenu qu'on lui reconnaît, de protéger les droits des minorités, en les considérant comme des groupes naturels à respecter. En effet, si la nation tire sa force et sa
    légitimité de son caractère communautaire, toute forme de communauté a quelque légitimité par elle-même. C'est bien ce que contient <span style="text-decoration: underline;">la théorie de Fichte
    dans les discours à la nation allemande</span>. Il appelle les différents Etats à l'unité dans une nation allemande, au nom d'une culture commune, et en même temps il respecte les différences
    internes de type communautaire qui se manifestent à l'intérieur de cette culture.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Toutefois, le respect des communautés n'est pas absolu pour des ensembles de culture différente. Ainsi, ce même modèle naturaliste encourage l'exclusion de celui
    qui n'appartient pas au groupe, la peur de l'étranger, l'exclusion de l'immigré. Ce n'est pas un hasard s'il est&nbsp; fréquemment associé aux nationalismes, comme le note A&nbsp; Grosser à
    propos de Barrès, plus proche de la tradition dite "allemande" que du modèle prétendu "français"</span>
  </p>
  <p>
    <b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</b>
  </p>
  <p>
    <b>C-&nbsp;&nbsp;&nbsp;</b> <b><span style="text-decoration: underline;">Les Nations démocratiques, une combinaison de ces deux types et le dépassement de la nation</span></b>
  </p>
  <p>
    <em><span style="text-decoration: underline;">&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les démocraties modernes semblent construites sur la combinaison de ces deux modèles. Jean Leca relève que si le modèle naturaliste est un paradigme plus exact de
    la nationalité (communauté, appartenance, identité de groupe...), le modèle artificialiste permet quant à lui de dégager une conception de la citoyenneté (droit, égalité, participation par la
    notion de volonté...). Ensemble ces deux modèles manifestent le caractère ambigu de l'idée de nation. Lieu du droit et de l'exercice de sa citoyenneté, de sa participation politique au destin
    collectif, elle représente aussi un principe de fermeture puissant, de repli identitaire dont le nationalisme et le réveil actuel des nationalismes (après la fin de l'URSS) témoignent. Elle est
    donc à la fois un principe d'intégration à une communauté politique tenant par son histoire mais aussi un ferment d'exclusion de ceux qui ne sont pas perçus comme des semblables.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">C'est ce dernier point, dans son aspect le plus terrifiant du totalitarisme nazi dans les années 1930 jusqu'à la fin de la 2° guerre mondiale, qui explique la
    volonté de développer au delà du cadre national, des solidarités et des identités qui les dépassent et les concurrencent, en sorte que plus jamais ne se reproduisent les conflits entre nations
    démocratiques. L'exemple type en est la volonté de construire une citoyenneté européenne alors même que la nation était jusque là le seul cadre d'exercice de la citoyenneté. Mais il est difficile
    de penser une identité européenne car pas plus l'histoire que la géographie ne permet de dégager une véritable unité de l'Europe (<span style="text-decoration: underline;">c'est la dialogie /
    récursion évoquée par Edgar Morin dans Penser l'Europe). Julien Benda, dans son Discours à la nation européenne</span> a recherché à mettre en évidence une unité culturelle par <span style=
    "text-decoration: underline;">"l'esprit européen</span>" (évoqué <span style="text-decoration: underline;">par Léon Brunschwicg),</span> une intégration "morale et intellectuelle". Mais
    cependant, l'Europe aujourd'hui n'a qu'une identité provisoire car elle représente moins une identité commune à rechercher qu'un programme commun à accomplir.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
    <strong><span style="font-size: 18pt;">Textes<br>
    <img width="264" src="http://idata.over-blog.com/1/01/69/02/images-diverses/fichte.jpg" height="300" class="CtreTexte"><br></span></strong>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <b>Fichte, <em>Discours à la nation allemande</em></b> (extraits)</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;&nbsp; <span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;J'ai dit que le moyen de créer une nouvelle génération proposée dans ces «&nbsp;Discours&nbsp;» doit être appliqué avant tout par des Allemands
    à des Allemands, et c'est là une tâche qui incombe principalement à notre nation. Mais ceci encore a besoin d'une épreuve, et nous commencerons, comme nous l'avons fait jusqu'ici, par ce qu'il y
    a de plus élevé et de plus général, en montrant que l'Allemand est en soi et pour soi, indépendamment du sort qui vient de le frapper, et quel est et fut toujours son caractère fondamental&nbsp;;
    nous ferons ressortir que ce caractère fondamental implique déjà des éléments d'une pareille culture que ne possèdent pas les autres peuples européens, ainsi que l'aptitude à la recevoir
    [...].</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;&nbsp; La première différence qui saute aux yeux entre les destinées des Allemands et celles des autres branches de la même souche consiste en ce que les
    premiers sont demeurés dans l'habitat primitif de leurs ancêtres, tandis que les autres ont émigré ailleurs&nbsp;; que les premiers ont conservé et cultivé la langue primitive, originelle, de la
    souche principale, tandis que les autres ont adopté une langue étrangère qu'ils ont modifiée peu à peu à leur manière.&nbsp;» <em>(Quatrième Discours)</em> (27).</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;&nbsp; «&nbsp;La première tâche que nous nous sommes imposée et qui consistait à rechercher le caractère fondamental qui sépare les Allemands des autres
    peuples d'origine germanique se trouve ainsi remplie. La différence remonte aux premières ramifications de la race primitive&nbsp;: l'Allemand continue à parler une langue vivante, puisant
    toujours des forces à la source originelle, tandis que la langue des autres peuples germaniques ne vit qu'en surface, et ses racines sont mortes. C'est là que réside pour nous toute la
    différence&nbsp;: la vie d'un côté, la mort de l'autre.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><em>(Quatrième Discours)</em> (28).</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;&nbsp; «&nbsp;Qu'il nous suffise d'avoir indiqué la principale source de la manie qui pousse les Allemands à imiter l'étranger&nbsp;; nous montrerons plus
    loin qu'elle a été l'étendue de son influence et comment les maux qui nous entraînent à l'abîme sont d'origine étrangère.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><em>(Cinquième Discours)</em> (29).</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;<img width="241" src="http://idata.over-blog.com/1/01/69/02/images-diverses/renan.jpg" height="299" class="CtreTexte">
  </p>
  <p>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style=
    "font-size: 14pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>Renan&nbsp;</b> <em>Qu'est-ce qu'une nation&nbsp;?</em></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le
    passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire
    valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. L'homme, Messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte
    des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j'entends de la véritable), voilà le capital social
    sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans la passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les
    conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a bâtie et qu'on transmet. Le chant
    spartiate : «Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes» est dans sa simplicité l'hymne abrégé de toute patrie.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l'avenir un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà ce qui vaut
    mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; voilà ce que l'on comprend malgré les diversités de race et de langue. Je disais tout à l'heure : «avoir
    souffert ensemble» ; oui, la souffrance en commun unit plus que la joie. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent
    l'effort en commun.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un
    passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une nation est (pardonnez-moi cette
    métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie. Oh ! je le sais, cela est moins métaphysique que le droit divin, moins brutal
    que le droit prétendu historique. Dans l'ordre d'idées que je vous soumets, une nation n'a pas plus qu'un roi le droit de dire à une province : «Tu m'appartiens, je te prends». Une province, pour
    nous, ce sont ses habitants ; si quelqu'un en cette affaire a droit d'être consulté, c'est l'habitant. Une nation n'a jamais un véritable intérêt à s'annexer ou à retenir un pays malgré lui. Le
    voeu des nations est, en définitive, le seul critérium légitime, celui auquel il faut toujours en revenir.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Nous avons chassé de la politique les abstractions métaphysiques et théologiques. Que reste-t-il, après cela ? Il reste l'homme, ses désirs, ses besoins. La
    sécession, me direz-vous, et, à la longue, l'émiettement des nations sont la conséquence d'un système qui met ces vieux organismes à la merci de volontés souvent peu éclairées. Il est clair qu'en
    pareille matière aucun principe ne doit être poussé à l'excès. Les vérités de cet ordre ne sont applicables que dans leur ensemble et d'une façon très générale. Les volontés humaines changent ;
    mais qu'est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera. Mais
    telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons. À l'heure présente, l'existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le
    monde n'avait qu'une loi et qu'un maître.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Par leurs facultés diverses, souvent opposées, les nations servent à l'oeuvre commune de la civilisation ; toutes apportent une note à ce grand concert de
    l'humanité, qui, en somme, est la plus haute réalité idéale que nous atteignions. Isolées, elles ont leurs parties faibles. Je me dis souvent qu'un individu qui aurait les défauts tenus chez les
    nations pour des qualités, qui se nourrirait de vaine gloire ; qui serait à ce point jaloux, égoïste, querelleur ; qui ne pourrait rien supporter sans dégainer, serait le plus insupportable des
    hommes. Mais toutes ces dissonances de détail disparaissent dans l'ensemble. Pauvre humanité, que tu as souffert ! que d'épreuves t'attendent encore ! Puisse l'esprit de sagesse te guider pour te
    préserver des innombrables dangers dont ta route est semée !</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je me résume, Messieurs. L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de
    montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les
    sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister. Si des doutes s'élèvent sur ses frontières, consultez les populations
    disputées. Elles ont bien le droit d'avoir un avis dans la question. Voilà qui fera sourire les transcendants de la politique, ces infaillibles qui passent leur vie à se tromper et qui, du haut
    de leurs principes supérieurs, prennent en pitié notre terre à terre. «Consulter les populations, fi donc ! quelle naïveté ! Voilà bien ces chétives idées françaises qui prétendent remplacer la
    diplomatie et la guerre par des moyens d'une simplicité enfantine». - Attendons, Messieurs ; laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Peut-être, après bien
    des tâtonnements infructueux, reviendra-t-on à nos modestes solutions empiriques. Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé.</span>
  </p>
  <p align="center">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 11 Mar 2009 07:50:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-28889831.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-28889831-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Réflexions à partir des sujets de sciences po]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-21006553.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img width="600" src="http://idata.over-blog.com/1/01/69/02/Landgewinnung_fg01.jpg" height="420" class="GcheTexte"><span style="font-size: 12pt;">Madame Hansen-Love propose sur son site des
    éléments de réflexion concernant les deux sujets qui sont tombés au concours commun des IEP de province. Voici les coordonnées du site en question:<br>
    <br></span><a href="http://www.hansen-love.com/article-21005097.html"><span style="font-size: 12pt;">http://www.hansen-love.com/article-21005097.html</span></a><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Il va sans dire, comme elle le précise elle-même, que c'est une manière parmi d'autres possibles d'aborder ces sujets...<br>
    En tout cas, bonne chance à tous...!</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 05 Jul 2008 17:37:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-21006553.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-21006553-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Europe et identités des peuples]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-20584293.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 14pt;"><strong>Les identités troublées des Européens,<img  width="212" src="http://idata.over-blog.com/1/01/69/02/arcimboldo.jpg"
    height="273" class="GcheTexte"></strong></span> par Thomas Ferenczi LE MONDE | 19.06.08 | 13h40&nbsp;&nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><img border="0" align="left" src="http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/let/a.gif"> près le double non de la France et des Pays-Bas au projet de Constitution
    européenne, le rejet par l'Irlande du traité de Lisbonne montre, une fois de plus, qu'une large partie des opinions publiques se méfie de l'Europe. Certes les peuples n'ont pas voté contre l'idée
    européenne mais contre une réforme des institutions qu'ils jugeaient au mieux incompréhensible, au pis dangereuse. Il n'empêche qu'au-delà du texte qui leur était soumis ils ont surtout exprimé,
    à en juger par les débats des campagnes référendaires, leur refus de l'Europe telle qu'elle est, ou telle qu'ils la perçoivent.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p><span style="font-size: 10pt;">Il est vrai que trois référendums négatifs ne permettent pas d'affirmer qu'une majorité d'Européens sont désormais hostiles à l'Union. Mais on sait bien que la
  plupart des pays qui ont opté pour une procédure parlementaire ont voulu éviter, par crainte d'un échec, l'épreuve d'une consultation populaire. On sait aussi que partout sur le Vieux Continent
  montent des forces qui contestent les orientations de la construction européenne. Il est aujourd'hui difficile de nier que l'Europe se heurte à une opposition croissante dans un grand nombre de
  pays.</span>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Olivier Rozenberg, chercheur au Centre d'études de la vie politique française (Cevipof), rappelle, dans <em>Les Résistances à l'Europe</em> (Justine Lacroix et
    Ramona Coman, Université de Bruxelles, 2007), qu'en France le projet européen est la cible de quatre idéologies critiques. La première est l'europhobie d'extrême droite, fondée sur la défense
    d'un <em>"nationalisme fermé"</em> qui entretient notamment la peur de l'immigration et de l'islamisation. La deuxième est le souverainisme républicain qui, à droite comme à gauche, défend la
    nation comme lieu exclusif de la démocratie. La troisième est, selon l'auteur, le <em>"localisme ruralis</em><em>te"</em>, qui combat l'Europe au nom de la région ou du village. La quatrième est
    l'<em>"antilibéralisme</em> <em>altermondialiste"</em>, qui récuse la logique de marchandisation.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ces courants d'idées sont également présents, sous des formes variées, dans beaucoup de pays européens, où ils se conjuguent pour nourrir la suspicion à l'égard de
    l'Europe, accusée de sacrifier les intérêts des peuples. Ils ne développent pas le même argumentaire, n'obéissent pas aux mêmes convictions, ne s'appuient pas sur la même vision du monde, mais
    s'ils rencontrent, chacun à sa manière, un tel écho auprès d'une partie de la population, c'est bien que celle-ci est désorientée par la construction européenne et choisit de dire non pour
    exprimer son malaise.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ce malaise a de multiples causes. On retiendra l'hypothèse de Paul Magnette, ancien directeur de l'Institut d'études européennes de l'Université libre de Bruxelles
    (ULB), devenu il y a six mois ministre belge du climat et de l'énergie, pour lequel l'Europe souffre aujourd'hui d'être <em>"dans un</em> <em>entre-deux incertain"</em> (<em>Au nom des
    peuples</em>, Cerf, 2006). Elle n'est pas et ne sera jamais un Etat, mais elle prétend en même temps dépasser les Etats. Bousculés dans leur relation à leur nation, les citoyens doivent apprendre
    à s'approprier cette organisation d'un type nouveau.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><em>"De la déstabilisation de sa propre identité à la reconnaissance de l'autre, et de la reconnaissance</em> <em>mutuelle à la solidarité"</em>, explique l'auteur,
    le chemin est long et difficile. Paul Magnette va jusqu'à suggérer que cette transition est appelée à durer. Comme si les non successifs au projet de Constitution puis au traité de Lisbonne
    étaient des sortes de lapsus, une manière de <em>"dire sans le dire"</em> que les Européens n'aspirent pas vraiment à sortir de l'expérimentation continue.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <table border="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <center>
            
          </center>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>]]></description>
        <pubDate>Thu, 19 Jun 2008 13:57:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-20584293.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-20584293-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Environnement : bilan selon Nicolas Hulot]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-20370108.html</link>        <description><![CDATA[<strong><span style="font-size: 12pt;">Nicolas Hulot : "La crise écologique réclame des mesures radicales au niveau européen" LE MONDE | 11.06.08 | 09h41&nbsp;&nbsp;<img  width="600" src="http://idata.over-blog.com/1/01/69/02/356699.jpg" height="480" class="CtreTexte"></span></strong>
  <ul class="unIndentedList">
    <li>
      <span style="font-size: 10pt;">Mis à jour le 11.06.08 | 09h51</span>
    </li>
  </ul><span style="font-size: 10pt;"><img border="0" align="left" src="http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/let/l.gif"> e "projet de loi Grenelle de l'environnement" qui traduit les engagements pris
  en octobre 2007, a été présenté en conseil des ministres, mercredi 11 juin. Son examen par le Parlement devait commencer avant l'été mais pourrait être repoussé à l'automne. Deux lois d'application
  seront présentées en conseil des ministres avant l'été. L'animateur écologiste Nicolas Hulot commente le texte de loi.</span>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <center>
            
          </center>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table><span style="font-size: 10pt;"><strong>Vous aviez décerné un 18/20 au Grenelle de l'environnement. Quel jugement portez-vous sur le projet de loi qui en découle ?</strong></span>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il retient 80 % des mesures du <em>"Grenelle"</em>. S'il est voté, si les lois d'application et les décrets suivent, la France se sera remise à niveau de manière
    spectaculaire. Certains attendent que je dise que tout cela n'a servi à rien : c'est faux. La France passe enfin à l'acte. Pourtant des mesures importantes ont été oubliées. La plus grande
    faiblesse du projet concerne la fiscalité écologique.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Vous prônez l'instauration d'une contribution climat-énergie, au moment où les cours du pétrole sont déjà très élevés. Faut-il une nouvelle taxe
    ?</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Oui, mais sans augmenter la pression fiscale globale. La France doit diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. Il n'existe aucune
    limitation pour les transports, le logement, le tertiaire, l'agriculture, qui représentent les deux tiers des émissions. Donner un prix au carbone, pour orienter les investissements des
    entreprises et des consommateurs, est le seul moyen de préparer l'envolée future du coût de l'énergie, qui est inéluctable. L'exemple du bonus-malus sur les automobiles est probant. Il oriente la
    consommation vers des véhicules moins polluants, et entraîne de la créativité industrielle.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Cette contribution devra être socialement acceptable. Nous proposons que ses recettes soient redistribuées sous la forme d'une allocation égale pour tous. Les
    ménages les plus modestes, qui consomment moins d'énergie, y gagneront en pouvoir d'achat.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Est-ce un discours audible au moment où de nombreuses professions manifestent pour obtenir une baisse du prix des carburants ?</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il faut dire la vérité aux gens : la situation ne va pas s'arranger. Aujourd'hui, le politique réagit toujours dans l'urgence. En pleine crise, on distribue de
    l'argent à tout le monde, on baisse les taxes, mais dans six mois on devra recommencer. Si nous continuons dans cette voie, les conséquences sociales seront extrêmement lourdes. Pour nous
    préparer au chocs futurs, nous avons besoin de planification, même si ce mot fait peur. Il faut un plan Marshall européen pour aider à la reconversion dans certaines professions.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Quelles sont les autres lacunes du texte selon vous ?</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les moyens opérationnels et financiers sont flous. Nous ne pourrons donner un commentaire final qu'à l'issue du vote, quand nous connaîtrons les lois d'application
    et les moyens qui vont avec. Les mesures sur le bâtiment sont devenues seulement incitatives. Les objectifs sur l'extension de l'agriculture biologique ont été repoussés. La trame verte qui doit
    protéger la biodiversité n'est plus opposable au tiers. Les dispositions sur l'éducation et la démocratie participative sont décevantes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Lors du débat sur les OGM, des élus ont contesté le principe de précaution, qui ferait obstacle au progrès humain. Que leur répondez-vous
    ?</strong><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ce sont de vieilles rengaines. Les victimes de l'amiante auraient bien aimé qu'on prenne le temps de l'évaluation. Sur les OGM, il faut reconnaître que la marge de
    la manœuvre de la France était étroite, car elle transposait une directive votée en 2001. Je regrette surtout que le débat de fond n'ait pas eu lieu à l'Assemblée. Il a été occulté par des
    postures politiciennes indécentes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Qu'attendez-vous du débat au Parlement sur la "loi Grenelle" ?</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le report du calendrier envisagé est un mauvais signal. Il faut une première lecture avant l'été. Je demande aux députés d'amender le texte à la hausse, car la
    crise écologique s'emballe. Tous les voyants sont au rouge. Je leur demande également, pour donner le signal de la mobilisation à la société et à l'Europe, au moment à la France va présider
    l'Union, de voter cette loi à l'unanimité, sans en faire un enjeu politicien.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Que pensez-vous de l'attitude Nicolas Sarkozy ?</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Pour l'instant, je ne peux pas reprocher grand-chose au président sur ce plan. La résistance au <em>"Grenelle"</em> ne vient pas de lui. Mais au plus haut niveau de
    l'Assemblée nationale, à Matignon, dans l'entourage du président, on ne sent pas un grand enthousiasme, pour employer un euphémisme. Bernard Kouchner m'a dit n'être qu'à moitié convaincu sur tous
    ces sujets. Entendre cela en 2008, c'est consternant.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Le "Grenelle" est-il une réponse à la hauteur de l'enjeu ?</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Bien sûr, le <em>"Grenelle"</em> seul ne suffira pas. Il faut maintenant porter des mesures beaucoup plus radicales au niveau européen. C'est à ce niveau qu'il faut
    partager l'effort et fixer des règles communes. C'est là que peuvent émerger les solutions. L'Europe ne pourra se tourner vers la Chine et l'Inde que quand elle aura trouvé les solutions
    économiques, juridiques, et technologiques pour préparer l'après-pétrole et s'adapter à la crise écologique. J'attends beaucoup de la présidence française sur les questions de fiscalité et
    d'agriculture.</span>
  </p><br>
  <span style="font-size: 10pt;">Propos recueillis par Gaëlle Dupont</span>]]></description>
        <pubDate>Wed, 11 Jun 2008 22:02:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-20370108.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-20370108-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Identités: identité et mémoire]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-20178086.html</link>        <description><![CDATA[<h2>
    Eléments empruntés au blog de Madame Hansen-Love:
  </h2>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Quelques pistes de réflexion&nbsp;:</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Commençons&nbsp; par&nbsp; séparer le cas de l'individu et celui d'une communauté ( ou d'une nation) .</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>En ce qui concerne l'identité individuelle</strong>&nbsp;:</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Elle se confond en grande partie avec notre mémoire.&nbsp; Notre mémoire consciente nous permet de «&nbsp;conduire le récit&nbsp;» de notre passé, et donc de
    brosser en quelque sorte, notre propre portrait, en articulant souvent l'imaginaire et le réel. Réciproquement, toute personne&nbsp; amnésique a perdu une (grande&nbsp;?) part de son
    identité&nbsp; (voir ci-dessous &nbsp;le texte de Jean Delay&nbsp;: "le cas de Noémi"). La question se pose toutefois de savoir si notre identité procède de notre conscience, impliquant donc un
    «&nbsp;Je&nbsp;» relativement&nbsp; maître de ses propres représentations, comme le pensent Descartes, Locke («&nbsp;C'est en cela que consiste l'identité personnelle&nbsp;»- «&nbsp;cela&nbsp;»
    désignant la conscience qui accompagne la pensée) ou Kant ( le "je " doit accompagner toutes mes représentations").</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ou bien si notre identité est en partie enfouie dans les zones inaccessibles de notre psychisme comme l'ont&nbsp; pensé</span> <a href=
    "http://lewebpedagogique.com/philosophie-bac/titre-de-larticle-4/"><span style="font-size: 10pt;">Leibniz</span></a><span style="font-size: 10pt;">&nbsp; («&nbsp;L'avenir dans une substance a une
    parfaite liaison avec le passé, c'est ce qui fait l'identité de l'individu&nbsp;» ) puis Freud (le sujet ne se réduit pas à la conscience, le moi n'est pas «&nbsp;maître dans sa propre
    maison&nbsp;»&nbsp;)</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;Certains philosophes contemporains se sont demandés si, &nbsp;par hypothèse, on pouvait &nbsp;greffer un cerveau à la place d'un autre, (ou une mémoire), le
    greffé&nbsp; aurait alors&nbsp;une nouvelle identité pour un même corps (texte de</span> <a href="http://www.hansen-love.com/article-17954477.html"><span style=
    "font-size: 10pt;">Shoemaker)</span></a><span style="font-size: 10pt;">.<br>
    Sartre, pour sa part, observe que l'identité d'un homme ce n'est pas son passé, mais aussi&nbsp; bien son avenir, c'est-à-dire son projet</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">En ce qui concerne les identités communautaires ou nationales, on remarque&nbsp; que celles-ci ne se ramènent jamais à une simple addition de composantes. Pour
    Renan, la nation (</span><a href="http://www.hansen-love.com/article-18926723.html"><span style="font-size: 10pt;">texte</span></a><span style="font-size: 10pt;">), par exemple, n'est pas
    seulement une mémoire partagée, mais aussi une décision, un choix (un «&nbsp;plébiscite de tous les jours&nbsp;»). On se gardera bien , en outre, de confondre la mémoire (affective, partielle ,
    partiale, trompeuse) et l'histoire, qui tend tout de même à l'objectivité, même si elle ne peut jamais l' atteindre.<br>
    &nbsp;Notez enfin que la «&nbsp;conduite du récit&nbsp;» qui est déterminante tant pour les identités individuelles que pour les identités collectives,&nbsp; associe étroitement souvenirs
    individuels et souvenirs collectifs. Ce qui amène à relativiser la distinction entre l'identité individuelle (liée à ma mémoire subjective) et l'identité collective (liée aux «&nbsp;cadres
    sociaux de la mémoire).</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <h2>
    <a title="Identité et conduite du récit (texte de Delay)" href="http://www.hansen-love.com/article-20166190.html"><span style="font-size: 10pt;">Identité et conduite du récit (texte de
    Delay)</span></a>
  </h2>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;<br>
    <strong>Sous le nom de conduite du récit, Jean Delay montre en quoi la mémoire est une fonction sociale:</strong><br>
    <br>
    &nbsp;Il ne s'agit pas seulement de ces cadres sociaux de la mémoires (1 par lesquels nous datons les souvenirs en les plaçant dans une architecture d'histoire collective (C'était l'année de tel
    conflit politique, puisque la rue était coupée par une manifestation où l'on entendait tel slogan, etc.). C'est de plus une forme de relation avec autrui, engageant la responsabilité sociale du
    sujet : le souvenir est alors témoignage, avertissement, information. Le but peut être pratique (coordonner les actions) ; il peut aussi renforcer le sentiment de communauté que donne le partage
    des confidences. Le récit, en premier lieu, vise la vérité de l'information. Mais en même temps, il est construit selon l'idée de ce qui a dû arriver, de ce que les auditeurs attendent, de ce
    qu'ils peuvent comprendre et ont intérêt à savoir. Intervient aussi l'idée que je me fais de moi-même et ce que je veux en communiquer. Acte d'un individu, mais dans une fonction sociale, la
    conduite du récit est à la fois mémoire individuelle et mémoire collective. Ainsi naissent légendes et rumeurs. Ce concept de conduite du récit éclaire même le souvenir intime. Si « penser, c'est
    parler à soi », l'on peut dire que se souvenir, c'est se raconter à soi. Mais le souvenir s'aide souvent d'un interlocuteur fictif ou projeté dans l'avenir, ou présent à une intuition intime. Tel
    se raconte pour la postérité, tel autre pour un ami absent. Ainsi la connaissance de soi passe par un rapport à autrui: écoute du psychanalyste ou présence du Dieu intérieur devant qui Augustin
    se raconte (Confessions , LIvre 1).</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <h2>
    <a title="Identité et mémoire (texte de Delay sur l'amnésie)" href="http://www.hansen-love.com/article-20166110.html"><span style="font-size: 10pt;">Identité et mémoire (texte de Delay sur
    l'amnésie)</span></a>
  </h2>
  <p>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>(Observations cliniques)<br>
    Ici perte de mémoire et perte d'indentité se rejoignent:<br></strong><br>
    <br>
    ". Noémi (&nbsp;1 &nbsp;âgée de 64 ans, est amenée à l'asile par son frère parce que depuis quelques années elle a<br>
    perdu « la » mémoire.<br>
    N.. n'a presque plus d'état civil. Elle dit son nom, son prénom, mais ne se souvient ni de son âge, ni de son adresse. Elle ne sait plus qu'elle a eu une profession, bien qu'elle ait exercé la
    médecine pendant vingt-cinq années et dirigé avec compétence une importante consultation hospitalière. Elle ne fixe plus aucun souvenir et oublie d'une minute à l'autre le journal qu'elle vient
    de lire, la réponse qu'elle vient de faire, la visite qu'elle vient de recevoir Elle croit voir chaque jour pour la première fois les personnes&nbsp;&nbsp;avec qui elle est en contact quotidien
    depuis le début de sa maladie. Elle ne peut évoquer aucun souvenir relatif à son passé et aux différents groupes sociaux (familial professionnel, etc.) auxquels elle a appartenu. Contrastant avec
    cette apparente abolition du passé vécu, on constate une conservation relative des connaissances didactiques apprises par coeur. ( .. J<br>
    Par moments le comportement de N.. devient étrange et intrigue jusqu'à ses compagnes. Elle minaude comme une petite fille et parle sur un ton puéril. Elle a grondé son « cher petit frère » qui
    n'a pas bien pris sa « leçon de solfège », ses «chers parents » ne vont pas être contents. On sera privé d'un<br>
    bon goûter avec cousine Élisabeth ». Puis on se promène avec «frérot » dans le parc de Versailles. Il est ensuite question d'une grotte où l'on récite des prières que N.. répète en latin
    impeccablement, du Pater Noster au Confiteor. Si je demande à N.. son âge: «Je suis une petite fille, j'ai'-huit ans. »<br>
    <br>
    Jen Delay, les <em>Dissolutions de la mémoire,</em> Éd. RUE, 1943, pp. 19-21.<br>
    1.&nbsp; L'observation complète a été publiée dans les Annales médico-psychologiques, 1941.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <h2>
    <a title="Identités (texte de Sartre)" href="http://www.hansen-love.com/article-20165973.html"><span style="font-size: 10pt;">Identités (texte de Sartre)</span></a>
  </h2>
  <p>
    <br>
    <em><span style="font-size: 10pt;"><strong>Mon identité ne repose pas exclusivement sur mon passé. Celui-ci n'est pas séparable de mon futur, c'est-à-dire de mes
    projets:</strong></span></em><em><br></em><br>
    <span style="font-size: 10pt;">"Or la signification du passé est étroitement dépendante de mon projet présent. Cela ne signifie nullement que je puis faire varier au gré de mes caprices le sens
    de mes actes antérieurs; mais, bien au contraire, que le projet fondamental que je suis décide absolument de la signification que peut avoir pour&nbsp;&nbsp;moi et pour les autres le passé que
    j'ai à être. Moi seul en effet peut décider à chaque moment de la portée du passé : non pas en discutant, en délibérant et en appréciant en chaque cas l'importance de tel ou tel événement
    antérieur, mais en me projetant vers mes buts, je sauve le passé avec moi et je décide par l'action de sa signification. Cette crise mystique de ma quinzième année, qui décidera si elle « a été »
    pur accident de puberté ou au contraire premier signe d'une conversion future? Moi, selon que je déciderai - à vingt ans, à trente ans - de me convertir. Le projet de conversion confère d'un seul
    coup à une crise d'adolescence la valeur d'une prémonition que je n'avais pas prise au sérieux. Qui décidera si le séjour en prison que j'ai fait, après un vol, a été fruc&nbsp;tueux ou
    déplorable? Moi, selon que je renonce à voler ou que je m'endurcis. Qui peut décider de la valeur d'enseignement d'un voyage, de la sincérité d'un serment d'amour, de la pureté d'une intention
    passée, etc. ? C'est moi, toujours moi, selon les fins par lesquelles je les éclaire.<br>
    Ainsi tout mon passé est là, pressant, urgent, impérieux, mais je choisis son&nbsp;&nbsp;sens et les ordres qu'il me donne par le projet même de ma fin. [...]<br>
    C'est le futur qui décide si le passé est vivant ou mort. Le passé, en effet, est originellement projet, comme le surgissement actuel de mon être. Et, dans la mesure même où il est projet, il est
    anticipation; son sens lui vient de l'avenir qu'il préesquisse. Lorsque le passé glisse tout entier au passé, sa valeur absolue<br>
    25 dépend de la confirmation ou de l'infirmation des anticipations qu'il était. Mais c'est précisément de ma liberté actuelle qu'il dépend de confirmer le sens de ces anticipations en les
    reprenant à son compte, c'est-à-dire en anticipant, à leur suite, l'avenir qu'elles anticipaient ou de les infirmer en anticipant simplement un autre avenir. En ce cas, le passé retombe comme
    attente désarmée et<br>
    30 dupée; il est « sans forces ». C'est que la seule force du passé lui vient du futur: de quelque manière que je vive ou que j'apprécie mon passé, je ne puis le faire qu'à la lumière d'un
    pro-jet de moi sur le futur".<br>
    J.-P. Sartre,&nbsp; <em>LEtre et le Néant</em>' , collection Tel, Éd. Gallimard, 1943, pp. 555-556.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 04 Jun 2008 22:59:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-20178086.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-20178086-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Identité et construction sociale]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-19972062.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong><span style="font-size: 18pt;">Minorité visible et construction sociale</span></strong>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">LE MONDE | 28.05.08 | 16h25&nbsp;&nbsp;•&nbsp;&nbsp;Mis à jour le 28.05.08 | 16h25</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a peu encore, le mot "Noir" n'existait pas. Les discours d'intégration républicaine réfutaient toute substance à la couleur. Ce n'est qu'en 2005 qu'émerge une
    "question noire" en France. Polémique sur les <em>"aspects positifs"</em> du colonialisme, controverses sur Dieudonné et l'antisémitisme, émeutes urbaines, création du Conseil représentatif des
    associations noires (CRAN) : en un an, la question noire bascule de l'invisibilité à la visibilité. Si, depuis, des essais sont revenus sur les enjeux de cette irruption, jamais encore la
    situation des Noirs dans la France métropolitaine n'avait fait l'objet d'une étude fouillée, étayée, mobilisant l'histoire, la sociologie, la science politique, l'histoire des idées. En cela,
    <em>La Condition noire</em>, de Pap Ndiaye, est un travail fondateur dans les sciences sociales françaises.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Explorer un tel sujet conduit à parler de la "race", mais en tant que construction sociale, en tant que <em>"notion pour rendre compte d'expériences sociales"</em>,
    non en tant qu'objet biologique, produit de la nature. Tout au long de son ouvrage, déjouant les explications "essentialistes", Pap Ndiaye s'attache à démontrer que la question raciale ne saurait
    être considérée indépendamment de la question sociale. En effet, <em>"être noir n'est ni une essence ni une culture, mais le produit d'un rapport social : il y a des Noirs parce qu'on les
    considère comme tels"</em> : c'est le fait d'être considéré comme noir, avec des stéréotypes attachés à elle, c'est cette expérience de l'identité prescrite, et des difficultés qu'elle induit
    dans l'accès au travail, au logement. En France, <em>"il n'existe pas de peuple noir, au sens où il y aurait une identité noire fondée sur une culture rassemblant les populations
    noires"</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le groupe des Noirs est divers socialement et culturellement. Il y a bien des manières d'être noir, <em>"et aucune n'est plus normale ou naturelle : toutes sont des
    constructions sociales"</em>, insiste l'universitaire métis - sa mère est française, son père sénégalais - qui consacre tout un chapitre au <em>"colorisme"</em>. En défrichant ce sujet jamais
    effleuré par aucune recherche en France, Pap Ndiaye démontre combien la question des nuances de couleur de peau, au sein même des populations noires, est importante du point de vue des
    hiérarchies sociales. Au point d'avoir des <em>"effets aliénants"</em> conduisant certains à recourir à des <em>"produits dépigmentants"</em> pour s'éclaircir la peau, car cela <em>"passe mieux
    et permet d'alléger l'impôt que paient les Noirs dans les transactions sociales"</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Pour Pap Ndiaye, s'intéresser à <em>"la condition noire"</em> c'est décrire une situation sociale qui n'est ni celle d'une classe, d'une caste ou même d'une
    communauté, mais d'une "minorité" qui, en dépit de sa diversité, vit une expérience commune. Pas plus qu'il n'existe de "communauté noire" qui partagerait des liens culturels forts et serait
    organisée autour de groupes politiques organisés et reconnus comme tels dans l'espace public comme aux Etats-Unis, le communautarisme n'a, pour le moment du moins, d'existence réelle en France,
    soutient Pap Ndiaye. Au contraire, en se fédérant, les Noirs renouent avec la négritude d'Aimé Césaire, ce mouvement d'affirmation de l'homme noir, et non de repli sur soi-même.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">C'est bien cela qui s'exprime dans la <em>"demande collective"</em> partagée par, si ce n'est tous les Noirs, en tout cas un nombre important d'entre eux, et que
    résume Pap-Ndiaye : <em>"Nous voulons être à la fois français et noirs, sans que cela soit vu comme suspect, ou étrange, ou toléré à titre de problème temporaire en attendant que l'assimilation
    fasse son oeuvre. Nous voulons être invisibles du point de vue de notre vie sociale, et par conséquent que les torts et les méfaits qui nous affectent en tant que Noirs soient réduits. Mais nous
    voulons être visibles du point de vue de nos identités culturelles noires, de nos apports précieux et uniques à la société et à la culture française."</em> Au "nous" sociologique,
    l'universitaire, qui est aussi membre fondateur du CRAN, mêle de toute évidence sa propre voix.</span>
  </p>
  <hr size="2">
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><b>LA CONDITION NOIRE</b> de Pap Ndiaye. Calmann Lévy, 440 pages, 21,50 €.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <b><span style="font-size: 10pt;">Laetitia Van Eeckhout</span></b>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Article paru dans l'édition du 29.05.08</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 28 May 2008 19:33:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-19972062.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-19972062-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Réflexions sur l'environnement]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-19530261.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 14pt;"><strong>Voici, comme promis, deux références de conférences sur l'environnement, tirées de l'Université de tous les savoirs:<br>
  <br></strong></span>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;"><strong>&nbsp;</strong></span>
  </p><strong>Les technologies modernes et la maîtrise de leurs impacts &nbsp;environnementaux:<br>
  <br></strong><a href=
  "http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs_au_lycee/dossier_programmes/utls_au_lycee_2007/technologies_modernes_et_maitrise_de_leurs_impacts_environnementaux_pierre_ehrburger"><span style="font-size: 10pt;"><strong>http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs_au_lycee/dossier_programmes/utls_au_lycee_2007/technologies_modernes_et_maitrise_de_leurs_impacts_environnementaux_pierre_ehrburger</strong></span></a><br>
  <br>
  <br>
  <span style=
  "font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><strong><span style="font-size: 14pt;">
  Les enjeux scientifiques des changements environnementaux<br>
  <br>
  <span style="font-size: 10pt;"><a href=
  "http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2003/la_globalisation_du_globe_aux_effets_globaux/les_enjeux_scientifiques_des_changements_environnementaux">
  http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2003/la_globalisation_du_globe_aux_effets_globaux/les_enjeux_scientifiques_des_changements_environnementaux</a><br>
  <br></span><span style="font-size: 14pt;">En espérant que cela comblera une partie de vos attentes...</span></span></strong></span>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 May 2008 18:57:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-19530261.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-19530261-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'identité (Sciences Po)]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-19454580.html</link>        <description><![CDATA[<strong><span style="font-size: 14pt;">Pour ceux que le thème de l'identité intéresse, je ne saurais trop recommander certaines conférences de l'Université de tous les savoirs, qui
  sont&nbsp;accessibles en ligne :</span></strong><br>
  <br>
  <a href=
  "http://www.canal-u.education.fr/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2000/visages_de_l_association/l_identite">http://www.canal-u.education.fr/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2000/visages_de_l_association/l_identite</a><br>
  <br>
  <br>
  <strong><span style="font-size: 14pt;">Voici d'autres conférences sur le même thème:<br>
  <br>
  <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;1. Esprit et identité</span><br></span><a href=
  "http://www.canal-u.education.fr/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2001/la_psyche_l_ame_humaine/esprit_et_identite"><span style=
  "font-size: 10pt;">http://www.canal-u.education.fr/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2001/la_psyche_l_ame_humaine/esprit_et_identite</span></a><br>
  <br>
  <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;2. Diversité humaine et identités</span><br></span><a href=
  "http://www.canal-u.education.fr/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2002/la_diversite_de_la_vie/diversite_humaine_et_identites"><span style=
  "font-size: 10pt;">http://www.canal-u.education.fr/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2002/la_diversite_de_la_vie/diversite_humaine_et_identites</span></a><br>
  <br>
  <br>
  En espérant que ces conseils vous seront fort utiles....</span></strong>]]></description>
        <pubDate>Sat, 10 May 2008 22:46:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-19454580.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-19454580-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Cosmopolitisme et identité (à propos de livres)]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-19287695.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <b><span style="font-size: 14pt;">La curiosité cosmopolite</span></b>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">LE MONDE DES LIVRES | 24.04.08 | 17h23&nbsp;&nbsp;•&nbsp;&nbsp;Mis à jour le 24.04.08 | 17h23</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Si le choc des cultures a pris une telle ampleur, c'est pour deux raisons évidentes : la fin du conflit Est-Ouest, qui a ravivé d'autres affrontements, ethniques,
    religieux ou culturels, et les mouvements migratoires, qui amènent des populations très différentes à partager les mêmes espaces urbains. Identité nationale et identité culturelle ne se
    confondent plus.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Mais la nouveauté ne s'arrête pas là. Désormais, chacun de nous gère plusieurs identités. Un Français qui n'a jamais quitté sa province peut manger libanais, adorer
    la musique anglo-saxonne, pratiquer l'aïkido ou le kung-fu... La pureté culturelle n'a jamais été aussi illusoire. Peu ou prou, nous sommes tous devenus pluriels.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Comment les politiques culturelles des Etats s'adaptent-elles à cette diversité ? C'est le thème d'un livre collectif, qui a le mérite de réunir d'excellents
    spécialistes et de confronter diverses expériences nationales. Lluis Bonet et Emmanuel Négrier, qui l'ont dirigé, analysent les trois concepts autour desquels tournent les débats.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'exception culturelle, d'abord : elle consiste à exclure les biens culturels des logiques du marché, pour échapper à la standardisation. En clair, pour lutter
    contre l'hégémonie anglo-saxonne. Avec l'idée que <em>"le libre-échange tue l'échange"</em>. Mais cette politique, souvent conçue comme étant du ressort exclusif des Etats-nations, ne postule pas
    le respect des expressions régionales ou ethniques.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Deuxième concept : le multiculturalisme. Né dans les années 1970 en Amérique du Nord, il prend le contrepied des politiques assimilationnistes. C'est la volonté de
    respecter les différentes cultures qui coexistent au sein d'un territoire donné, en leur accordant une valeur égale. Mais comment éviter de basculer dans le communautarisme ?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La troisième notion, la plus récente, est celle de diversité culturelle. Selon la manière dont on l'apprécie, elle est très proche de l'exception culturelle... ou
    son exact opposé. Très proche, si on y voit une résistance à la standardisation ; mais très opposée si c'est une défense des minorités. Le concept a été adopté par l'Unesco et le Conseil de
    l'Europe, tout en inspirant le projet de Constitution européenne. Son ambivalence explique en partie son succès, remarquent Lluis Bonet et Emmanuel Négrier. Ce compromis a le mérite, en effet,
    d'offrir un cadre commun aux discussions. En apparence, chaque pays européen gère la diversité culturelle selon ses traditions historiques. Mais ils sont tous logés à la même enseigne : débordés
    par le haut, avec la globalisation ou la construction européenne ; et par le bas, avec la décentralisation. Rien n'est figé. Des velléités centralisatrices émergent au Royaume-Uni, aux Pays-Bas
    ou en Allemagne, alors que la France, par exemple, se montre moins jacobine : elle combine un universalisme théorique et un différencialisme pratique, en bricolant, au niveau local, un vague
    système multiculturel.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Pour Kwame Appiah, la diversité culturelle n'est pas un concept théorique. De père africain et de mère anglaise, il a passé sa jeunesse au Ghana, avant d'étudier à
    Cambridge, puis d'enseigner la philosophie à Princeton. Dans le pays de son enfance, <em>"les chrétiens, les musulmans et les adeptes des religions traditionnelles vivaient ensemble dans
    l'acceptation des différences"</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Comment vivre ensemble à l'ère de la mondialisation ? Par une attitude et une curiosité cosmopolites, affirme le philosophe. En Grèce antique, on désignait ainsi le
    <em>"citoyen du cosmos"</em>, par opposition à l'idée selon laquelle toute personne civilisée appartenait à une <em>polis</em> donnée, une communauté particulière, différente des autres.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le cosmopolitisme repose sur deux axiomes : l'universalisme et le respect de la différence, étant entendu qu'ils peuvent entrer en conflit. Hitler comme Staline
    vomissaient les cosmopolites, ces gens sans feu ni lieu, qui ne pouvaient être assimilés ni à une race ni à une classe. Il existe aujourd'hui des "contre-cosmopolites" - par exemple des
    intégristes religieux - qui ne laissent aucune place au doute et pratiquent un universalisme négatif, sans tolérance. Rejoignez-nous, disent-ils, et nous serons tous frères et soeurs...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Si les sociétés humaines ont fini par beaucoup se ressembler, elles divergent sur certaines valeurs ou ne leur accordent pas la même importance, constate Kwame
    Appiah. Mais <em>"nous pouvons vivre ensemble sans être d'accord sur les valeurs"</em>. A l'inverse, nous pouvons nous entretuer, tout en partageant les mêmes principes. Les conflits les plus
    véhéments - sur l'avortement, par exemple - ne se nouent-ils pas autour de la signification qu'il faut attribuer à des valeurs identiques ?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><em>"C'est mon peuple - le peuple des êtres humains - qui a construit la Grande Muraille de Chine, la tour Chrysler, la chapelle Sixtine</em>", affirme Kwame
    Appiah, ajoutant : <em>"Ce sont les pratiques et non les principes qui nous permettent de vivre ensemble en paix.</em> (...) La communication transculturelle n'est immensément difficile qu'en
    théorie."</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">"Transculturel" est justement le maître-mot de Claude Grunitzky. Noir, togolais, titulaire d'un passeport français, il porte le nom de son arrière-grand-père
    polonais. Après avoir lancé à Londres le magazine <em>Trace</em>, qui avait pour vocation de <em>"promouvoir les valeurs du cosmopolitisme urbain"</em>, il a lancé la chaîne Trace TV et s'est
    installé à New York, <em>"véritable centre du monde".</em></span>
  </p>
  <p>
    <b><span style="font-size: 10pt;">"BARRIÈRES DE L'IDENTITÉ FIXE"</span></b>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le transculturalisme, affirme-t-il, permet d'explorer les identités des autres, sans pour autant perdre les spécificités de sa culture natale. C'est <em>"échapper
    joyeusement aux barrières de l'identité fixe, être à la fois soi-même et un autre"</em>. Le livre collectif qu'il a dirigé est à son image : débraillé, un peu fourre-tout, mêlant des réflexions,
    des interviews, des témoignages et des photos, pour <em>"décoder les nouvelles énergies qui traversent la planète</em>".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La conclusion est rédigée par un chercheur reconnu, Patrick Weil, qui pose une question centrale : <em>"Est-il possible de lutter contre les discriminations sans
    mettre en cause la cohésion culturelle, le sentiment d'appartenance commune, sans créer des divisions raciales ou ethniques, sans affecter et enfermer les individus dans un groupe ethnique ou
    religieux contre leur gré ?"</em> Réponse : <em>"Non, si l'on considère la société comme une addition de groupes différents et séparés, vivant côte à côte, une société multiculturelle. Oui, si
    l'on respecte les individus tels qu'ils sont, avec des identités métissées, des identifications multiples entre lesquelles ils circulent..."</em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Dans la pratique, ce n'est pas aussi simple, comme l'illustre un témoignage saisissant de Linda Bator Lo, une métisse nomade qui n'a pu se sentir chez elle dans
    aucun pays <em>: "Toute ma vie, j'ai regretté de ne pouvoir me reconnaître, à la fois culturellement, physiquement et mentalement, dans une nation à part entière."</em> Elle a fini par trouver
    une certaine sérénité à New York : <em>"Dans cette ville où chacun est immigré, je n'ai plus à dissimuler ou à atténuer mes différences, mais plutôt à les mettre en valeur pour mieux m'affirmer
    et me faire reconnaître."</em> Mais quel calvaire pour arriver jusque-là ! Quoi qu'on dise, le cosmopolitisme ne va pas de soi.</span>
  </p>
  <hr size="2">
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    La fin des cultures nationales, sous la direction de Lluis Bonet et Emmanuel Négrier<br>
    La Découverte, 230 p., 22 €.
  </p>
  <p>
    Pour un nouveau cosmopolitisme, de Kwame Appiah<br>
    Ed. Odile Jacob, 262 p., 25,50 €.
  </p>
  <p>
    Transculturalismes, sous la direction de Claude Grunitzky<br>
    Grasset, 210 p. illustrées, 21 €.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 04 May 2008 19:09:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-19287695.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-19287695-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Réchauffement climatique et migration des populations]]></title>
        <link>http://www.lenuki.com/article-19240502.html</link>        <description><![CDATA[<h1>
    Les réfugiés de l'environnement (première partie)
  </h1>NOUVELOBS.COM | 18.04.2008 | 12:03
  <p>
    La Terre chauffe et avec elle beaucoup de territoires autrefois accueillants deviennent inhabitables pour leurs occupants traditionnels. Du coup, les populations résidentes sont obligées d'aller
    s'installer ailleurs. Ces nouveaux réfugiés climatiques sont aujourd'hui une trentaine de millions mais leur nombre devrait dépasser les 250 millions en 2050. Ce thème a fait l'objet d'une
    conférence lors du festival Sciences Frontières qui s'est déroulé à Marseille au début du mois d'avril.
  </p>
  <p>
    <img width="330" src="http://tempsreel.nouvelobs.com/file/499436.jpg" alt="Une des îles composant l'archipel de Tuvalu" height="217">
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Une des îles composant l'archipel de Tuvalu Peter Bennetts/Getty Images</span>
  </p><span style="font-size: 10pt;">Qui sont ces populations menacées ? Ou vivent-elles ? En fait un peu partout dans le monde. Il faut savoir que près de 500 millions de personnes vivent à moins de
  cinq kilomètres des côtes et pas loin de 350 millions à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de l'eau, voir en dessous pour certains (Bengladesh, Pays bas, Camargue...). Toutes ces régions sont
  directement menacées par la montée des eaux consécutives à la fonte des glaces polaires. Pour d'autres la menace ne vient pas de l'eau mais plutôt de son absence, en Asie, en Afrique et en Amérique
  Latine la déforestation conjuguée à la hausse des températures accélère la progression des déserts menaçant encore plusieurs millions de personnes.<br>
  <br>
  Le premier exemple, tragique, de ce phénomène migratoire forcé se situe en plein cœur des îles polynésiennes. A quelques kilomètres de l'équateur, dans des eaux bleu turquoise, l'archipel de Tuvalu
  composé de quelques petits îlots peuplés d'une dizaine de milliers d'habitants sera entièrement recouvert par les eaux d'ici 2050. Les habitants sont donc contraints d'aller vivre ailleurs. Mais
  cet ailleurs n'existe pas encore : les pays voisins (Australie, Nouvelle-Zélande, Indonésie...) n'acceptent des réfugiés qu'au compte goutte avec des conditions drastiques d'accès à leur
  territoire.<br>
  <br>
  Au même moment, de l'autre côté du globe, les Inuits qui vivent sur la banquise voient leur territoire se réduire d'années en années comme une peau de chagrin. Eux non plus n'ont pas d'ailleurs et
  tentent de faire reconnaître le préjudice qu'ils subissent. Ils viennent ainsi de porter plainte contre les Etats-Unis, l'un des plus gros producteurs de gaz à effet de serre, devant l'équivalent
  de la cour européenne des droits de l'Homme pour le continent Américain. En attendant ils envisagent aussi une « délocalisation forcée ».<br>
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  Ces mouvements de populations n'en sont qu'à leur commencement. Tout indique que la situation climatique du globe va continuer à se détériorer. Les objectifs de réduction d'émission de gaz à effet
  de serre (GES) fixés par Kyoto, déjà minimalistes, ne seront selon toute vraisemblance pas atteints. En conséquence, il faut s'attendre à d'autres situations catastrophiques. Les experts prévoient
  essentiellement des mouvements de population Sud/Sud ainsi que des tensions sur les îles du Pacifique et de l'Océan Indien comme les Maldives. Mais les problèmes soulevés par ces déplacements de
  personnes nécessitent une régulation et une prise en charge internationale. (A suivre).</span>]]></description>
        <pubDate>Fri, 02 May 2008 18:43:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lenuki.com/article-19240502.html</guid>
                <category>Sciences politiques</category>        <comments>http://www.lenuki.com/article-19240502-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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